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samedi 25 novembre 2017

Lettre à Marlène Schiappa et Sophie Cluzel

Ce matin, je me suis levée de bonne heure pour écrire de vraies lettre à deux secrétaires d'état. En effet depuis plusieurs mois, je tente avec deux de mes collègues de monter une MAM, une maison d'assistantes maternelles. Dans mon rêve, c'est une jolie maison, qui accueillerait des enfants en situation de handicap ou pas, des filles ou pas, des blonds ou pas... Bref une maison qui accueillerait que des enfants entre 0 et 6 ans pour que leurs parents aillent bosser en sachant que trois ou quatre assistantes maternelles s’occuperaient de leurs enfants dans le plus grand respect et avec le plus d'équité possible. 

Nous avions bien avancé dans notre projet quand, sur un malentendu, tout est tombé à l'eau... Plus de local, donc plus de projets. En fait, le gros problème de ce genre de projet est le local car il requiert tellement de normes et de devoirs qu'il en devient impossible de trouver... 

Ce matin, je me suis levée de bonne heure pour écrire ces lettres que j'irai poster dès la fin de cet article à la secrétaire d’État à l'égalité homme/femme et à la secrétaire d’État du premier ministre, chargée des personnes handicapées. Je n'ai pas beaucoup d'espoir, si ce n'est en vous...  La seule façon d'être écoutée c'est de faire le buzz aujourd'hui. Alors si vous êtes 100 à lire mon article et 50 à RT en demandant d'être RT, ça peut fonctionner....  Je vous laisse ici, ma lettre officielle que je vais envoyer de ce pas à nos dirigeants.

Madame,

Je vous écris aujourd'hui, car il me semble essentiel de pouvoir vos faire part d'un problème que nous rencontrons aujourd'hui dans nos régions, plus reculées, et moins avantagées que ne l'est Paris.

Aujourd'hui être parent d'un enfant en situation de handicap, relève du parcours du combattant. Et si les médias se font échos des difficultés d’intégrer une école ou une structure adaptée, aucun ne parle de ce qu'il se passe "avant". 

Je vis dans le sud de la Seine et Marne. Ici le manque de places en crèche  et le peu d'assistantes maternelles disponibles obligent bien souvent les mamans à prendre un congé parental. Et si l'enfant est en situation de handicap, alors le "bien souvent" de ma phrase précédente disparait. Ici, les femmes se retrouvent seules, devant alors accepter le handicap de leur enfant, mais aussi la perte de leur travail, de leur autonomie....

Dans mon ancienne fonction d'éducatrice spécialisée, j'ai souvent rencontré ces mamans, et j'ai eu envie de trouver des solutions. C'est ainsi que m'est venu l'idée de créer une MAM, une Maison d'Assistantes Maternelles. Elle pourra accueillir 9 à 12 enfants dont la moitié seront en situation de handicap..

Cette idée n'a que des avantages: ça ne coûte rien de plus à l’État. Elle ouvre des places pour TOUS les enfants, elle favorise dès le plus jeune âge l'acceptation de la différence , elle suit et accompagne les familles dans les démarches, les écoutent... et surtout!!! Elle propose à des parents de sortir de leurs solitudes et de reprendre leur travail après un congé maternité...

Si je vous écris aujourd'hui, c'est que nous sommes plusieurs à avoir un projet similaire sur la région, hors il est extrêmement difficile de trouver un local relevant de la loi (10m2 par enfant, plein pied, petit loyer...)

Aujourd'hui nous proposons une vraie solution, simple et peu couteuse pour l’État français et pourtant aucun accompagnement n'existe, aucune aide financière ou de facilité d'accès à des locaux qui pourtant existent!!!

Aujourd'hui, mes collègues et moi, nous aimerions vous rencontrer, pour vous proposer, même de façon courte et succincte  des solutions à un problème complexe, et ainsi repenser ce problème pour qu'il n'en soit plus un.

En espérant une réponse favorable de votre part, veuillez agréer madame, mes sincères salutations.



vendredi 10 novembre 2017

WARNING: fille au régime.

Bon, les amis, c'est jours de fête.... J'ai perdu 10 kg.



Bon Rome ne s'est pas construit en un jour. Et pour dire vrai, j'en ai encore 20 à perdre mais l'approche du surpoids (oui mon ami, je suis en obésité stade 1) me réjoui de jour en jour, autant que Harvey Weinstein, à l'approche dans casting pour Pretty Little Liars (oui, blague pourrie. Je sors)

En tout cas, je ne sais pas si c'est le fait d'être au régime, si mon humeur est mis plus à rude épreuve, si ce sont mes hormones de presque quarantenaire qui me mettent en ébullition.... Mais sérieusement, quand on parle à une fille qui a décidé de perdre du poids, on évite certains écueils merci.


Tu fais quoi comme méthode? Weight Wachers? Mouais... Tu sais à part un bon diététicien...

Alors comment te dire???? Déjà Weight Wachers, ce n'est pas créé par des mecs qui un jour on lu un article sur le régime dans femme actuelle et se sont dit "tiens... Si je créais une méthode pour m'en foutre plein les fouilles???". Oui, à la base, il y a des diététiciens sinon, même qu'ils n'auraient pas le droit.

Ensuite j'ai envie de te dire, que moi ce que je vois c'est qu'hier j'ai mangé de la pizza et pourtant ce matin sur ma balance il y a 300g de moins, que je fais ça depuis 4 mois, que je n'ai pas de carences,  pas de frustration, que je mange des légumes, du chocolat, des bananes, des œufs, des pommes, de la viande et du poissons et que tout va bien. Merci. Donc je ne vois pas ce qu'un diététicien m’apporterait en plus que cette méthode ne m'apporte pas. 

Je te dirai même, si ça marche, tu fermes ta gueule.

Quoi? Tu manges de la pizza?


"Oué. Je sais c'est mal. Mais je commence à en avoir marre des queues de radis et des racines de pissenlits. T'as pas un donuts? J'ai le fric. Je suis même prête à te... Allez s'il te plait!!! Pars pas..." 

Bien dire tout ça en s'accrochant à la jambe de la personne.


Tu sais, ça sert à rien... Après tu vas tout reprendre.... Le régime yoyo...

Alors moi, on va m'expliquer un truc. Est-ce que quelqu'un a déjà dit à un marathonien "ça ne sert à rien de courir, puis tu mets ta santé en danger...." pendant qu'il court?

Est-ce que quelqu'un a dit à Teddy Rienner la veille de sa victoire "Il est bien trop fort pour toi, laisse tomber et va bouffer un burger..."? 

A chaque fois qu'on me dit ça, j'ai juste envie de me prendre pour Teddy Rienner et de faire un te-wasa, histoire qu'on sente bien ma motivation.

Tu te rends comptes que tu ne parles que de ça?

Oui. Je m'en rends compte. Mais quand tu te lèves que tu passes sur la balance pour savoir si tu as pris. Puis tu prends ton petit déjeuner en calculant tes points. Puis tu pars au sport, que tu en sors que tu rentres tes points.Ensuite tu achètes une fringue, et tu t'aperçois que tu as perdues une taille. C'est l'heure de manger, recomptage de points.... On t'invite à diner? Il faut t'organiser pour rester dans les clous.... Bah oui.On y pense beaucoup, donc on en parle beaucoup. Et quand en plus autour de toi personne ne t'encourage... Bah tu redoubles de précisions.... 

ça va? T'es pas trop fatiguée??? Un médecin te suis au moins??

"Si je suis crevée, tu veux pas me donner une  journée pour que je m'en remette?"
 Non mais je maigris de la graisse hein... pas des neurones... 

Evidemment que j'ai demandé à mon médecin si il y avait besoin qu'il me suive. Réponse de l’intéressé "Tant que vous perdez et que vous en sentez aucune fatigue, ne manifestez aucun   symptôme qui vous parait suspect (fatigue, chute de tension etc...), c'est bon."

Donc à part si tu n'as pas fait au moins trois ans de médecine, tu t’abstiens merci.

Mais mange! C'est pas grave si tu reprends un peu!

Mathématiques : 
Tu perds 10kg en quatre mois. 
Soit 2kg5 par mois.
Soit entre 500g et 1kg par semaine.
Quand tu sais qu'un écart un soir, te fais prendre entre 500g et 1kg en une soirée...
Je te laisse faire l'équation....

Le sport? ça fait pas maigrir.... 

Plus tu bouges, plus tu dépenses de calories. Donc si tu manges moins de calories, et que tu te dépenses plus, tu maigries. CQFD. Maintenant, si tu as fait diététicien seconde langue, tu es le bienvenu.

C'est voulu ou c'est une maladie? 

"C'est une maladie. Contagieuse. Et plus t'es con, plus t'as des chances de rattraper. Tiens toi loin de moi, ça vaut mieux... Je comprendrai."

Des fois, faut arrêter de s'expliquer.

Ma préférée en ce moment: "Faut arrêter, c'est pas bon de trop perdre"

"Oui. Tu as raison. C'est mieux d'être obèse et de mourir prématurément"

Du 42??? Tu es sure??? C'est ce que je fais moi....

"Tu veux que je te parraines chez Weight Wachers?"
Méchant mais efficace.

Personne n'arrive à perdre plus de 10kg....





 

 ça sent le caca ce que tu dis... Merci.


"Pourquoi tu veux maigrir? T'es belle comme ça... On t'aime comme tu es"

Ah. Donc parce que je suis belle de toute façon, j'ai le droit de mettre ma santé en danger, de mourir prématurément, de ne pas pouvoir m'habiller autrement que sur internet, de ne pas pouvoir enfiler mes chaussettes le matin et de subir les quolibets de mes congénères... Ok. C'est une bonne nouvelle?
T'es encore au régime? C'est pas une vie.

Je suis d'accord avec toi c'est pas une vie. D'ailleurs, on en parlait avec mon voisin qui a le sida. 32 médocs par jour. Je luis disais que c'était pareil... C'est pas une vie. Il était d'accord. Il a arrêté son traitement.
Alors ton régime ça marche?

"Mieux que ta rééducation ophtalmique. T'as pas vu que j'avais perdu 12kg."


Non, mais t'es bien là, tu peux manger ce que tu veux maintenant.

Je crois qu'il va falloir expliquer aux gens que si tu as été gros un jour, ton corps a appris à stocker et que si tu ne fais pas attention, ton corps va reprendre ses mauvaises habitudes... Et leur expliquer aussi que ce n'est pas parce qu'il regarde "allo docteur" tous les après midi sur France 5 qu'il sont devenu médecin en diététique.

T'as abandonné??? T'en parles plus....

MAIS C'EST TOI QUI TROUVAIS QUE J'EN PARLAIS TROP!!!!!


Ah. Par contre les encouragements et les félicitations sont les bienvenus...
 








jeudi 9 novembre 2017

Je veux une boite à livres

La boite à livre va bientôt fêter ses 4 ans, et, c'est avec fierté, et ravissement, et bonheur, et joie, et ... Que je vois que les boîtes à livres se développent un peu partout en France mais surtout dans ma région... 

Alors souvent, comme nous furent les premiers du coin à avoir cette idée, on vient me voir pour me demander "mais comment t'as fait?", "mais tu n'as jamais de vol?"... Bref. Une foire aux questions où je me répète, répète et répète encore. Alors j'ai décidé de faire une foire aux questions ici, et un direct sur la page facebook de la boite à livre...

On y va?

"C'est une super idée!!! Mais comment avez-vous penser à ça?"

Je suis du genre "amis de facebook". Et sur Facebook, je suivais une fille qui s'appelle Rachel Roux. Elle avait un blog et faisait le tour du monde avec son mari et son fils qui avait un an de moins que ma fille. Et puis, le petit a eu trois ans, il a fallu rentrer. Ils ont trouvé une maison à Mazan dans le sud, et comme elle ne connaissais pas ses voisins, elle a eu l'idée de proposer à l'échange ses livres. J'ai trouvé l'idée génial. Puis il fallait avouer que je ne parlais pas trop à mes voisins non plus, et je ne savais pas trop comment rentrer en contact sans "m'incruster". J'ai donc piqué l'idée.... Ni une ni deux, j'ai chopé une dizaine de livres et je les ai posé devant chez moi avec une jolie pancarte qui proposait d'échanger.... Au bout de 4 heures, j'avais déjà 4 livres tout neuf dans la boite.

"ça demande du temps?"

Soyons clairs! Une boite à livre c'est un petit investissement. Parce que, malgré ce que pense les communes, qui installent ça... Non ça ne s'auto-gère pas. D'abord parce que les gens sont généralement partants, mais il faut toujours un temps d'adaptation pour qu'ils comprennent que:
1) Ce n'est pas un dépôt de livres
2) Que quand on prend un livre il faut en déposer un autre.
3) Parfois il faut aussi rappeler que, non, ce n'est pas une poubelle.

     Donc au début, (les trois premiers mois en gros), vous allez devoir remettre plus de livres que vous n'en trouvez. 
    Je sais que pour fidéliser ma clientèle et les inciter à mettre des livres un peu plus sympas, je mettais des livres neufs que je venais de lire. Du coup, les gens remettaient à leur tour des livres récemment sortis. 
      Après ça roule.

Pour autant, ce n'est pas pour cela qu'il n'y plus rien à faire. Tous les jours, je remets des livres dans la boites et j'en retire régulièrement. Une fois par trimestre, je retire les livres qui ne partent pas et les proposent à une autre boite à livres du coin (d'une boite à livre à l'autre, il y a parfois des publiques différents et les livres peuvent partir alors qu'ils ne sont jamais partis chez moi). Je lis les livres et les commente pour inciter les gens à en prendre, je jette les livres déchirés, abimés, trop ancien etc...

Bref. Alors vous allez me dire "pourquoi le faire alors?". Simplement parce que c'est génial de rencontrer des gens qui sont tellement adorables et que vous n'auriez jamais rencontrer autrement. J'ai sympathisé avec mes voisins, j'ai rencontré de nouveaux arrivants de Thomery qui sont devenus des copains, j'ai rencontré une super meuf qui habite la ville voisine que je dois absolument inviter à manger des macarons et boire du thé..... J'ai également découvert de nouveaux auteurs, de nouveaux genre littéraires, je suis sortie de ma zone de confort et ... Je lis bien plus... Je n'achète plus de livres puisque bien souvent les dernières parutions tombent dans ma boite dans les mois qui suivent.... Bref, ce n'est que du bonheur comme dirait Benjamin Castaldi.

"Mais vous avez fait comment la boite?"




Avec chéri, et l'idole du Lardon, nous avons trouvé des tutos sur youtube et on s'est basé dessus. Il a fait des plans (que je ne vous transmet pas car les côtes sont fausses) et nous avons fait fonctionner l'huile de coudes: chéri au plantage de clous, et Eloïse et moi à la peinture.

Attention! 
- On prend du bois et de la peinture qui résistent à la pluie. 
- On fabrique un toit imperméable (nous avons utilisé un revêtement de toit)
- On pense à la profondeur et à la hauteurs des étagères (Vous allez recevoir des albums parfois démesurément grands)
- On prévoit au moins deux étagères, et celle du bas accessibles pour les enfants.
- On fait une boite qui s'ouvre et qui se ferme (de préférence), et on choisi une vitre en plexiglass (ça se casse moins facilement et au pire, si ça se casse c'est moins dangereux.)

Après, ma copine Ixi Tiss, elle a pris quatre planches qu'elle a assemblée ensemble et "let's go!!!"

"Vous récupérez beaucoup de livres?"





Je crois que les images parlent d'elles-mêmes... Prévoyez donc, un garage, une pièce, des bibliothèques pour stocker car vous allez être très vite débordés!!! (Mais rassurez vous ... ça part aussi très bien...)

"J'aimerai bien le faire mais dans ma rue, il n'y a pas de passage..."

Alors, il y a plusieurs solutions:
- Soit, comme moi, vous vivez dans une rue où les passants passent principalement en voiture, il y a peu de trottoirs, peu de passage à pieds... Pour vous, aucun problème, les voisins vont d'abord s'y intéresser, puis en parler à leurs propres voisins etc... Et petit à petit, les gens vont commencer par s'arrêter en voiture, puis passer à pieds en ballade "pour voir ça". Il faut juste un peu plus de patience.

- Vous habitez dans un immeuble et vous pensez que les gens ne vont pas s'y intéresser.  Commencer par échanger avec vos voisins de paliers, ceux du dessous, puis ceux du dessus. Les gens finiront par s'arrêter à votre étage, puis quand vous voyez que ça tourne, proposez de l'installer dans le hall de l'immeuble.

- Vous vivez au bout d'une impasse. Deux solutions: Vous vous entendez bien avec vos voisins qui habitent au début de l'impasse. Proposez leur de la mettre du coté de la rue devant chez eux. S'ils refusent vous pouvez toujours proposer la boite au boulanger, à l'école ou à la mairie. Même fonctionnement, vous gérer mais ce n'est pas devant chez vous!

"Il y a des vols? Des dégradations des fois?"

Je ne vais pas vous dire que ce n'est jamais arrivé. Au début on m'a volé ma caisse deux fois. Puis une fois un livre a été brulé: En quatre ans. Évidemment que sur tous les utilisateurs, vous allez avoir 1% qui va revendre les livres sur internet, récupérer toute la littérature jeunesse car elle est nounou et ça permet d'avoir des livres à bas prix, Mais je reste concentrée sur les 99% qui reste. Et si vous tenez bon aux premières "agressions de boites", ils se fatiguent plus vite que vous!!

Voilà!!! Si vous voulez plus de réponses, des questions ou des idées vous pouvez laisser un message ou me contacter sur la page des petites library de thomery. Je serai ravie de voir émerger vos boites devant chez vous.... 

lundi 16 octobre 2017

Je ne parle plus.

  • 8 ans: Un homme m'emmène dans un parking et me propose de le masturber. 
  • 8 ans: Un homme me propose de le suivre
  • 9 ans: Je vais seule à la danse, un homme s'arrête dans une voiture et se masturbe devant moi.
  • 12 ans: On se promène avec ma cousine, un homme contre un mur se masturbe en rigolant. Elle est plus vielle que moi, elle lui répond "quand on en a une aussi petite et aussi moche on évite de la sortir". Depuis ce jour, j'ai compris qu'on pouvait répondre.
  • 13 ans: Un garçon de ma classe me met une main au fesse en plein cours de physique. Je lui mets une claque. Le prof ne réagit pas.
  • 15 ans: Un homme d'une cinquantaine d'année s'arrête à ma hauteur et me demande combien je prends pour une pipe. "Vu ta gueule, tu pourras pas payer..."
  • 16 ans: On rentre d'une fête de la musique avec ma copine Armelle, deux mecs nous coincent dans une cabine téléphonique, on s'en sort grâce à un coup de pied dans les couilles que ma copine à bien placé..
  • 18 ans: un homme m'attend tous les soirs devant le métro et me suit. Je m'en sors car un soir je fais semblant de prendre une rame mais ne monte pas. Il se retrouve coincé dans le métro et comprend que j'ai compris son petit jeu...
  • 21 ans: je rentre seule en métro, un homme s'installe à coté de moi, et me pose la main sur la jambe, il remonte... Je dois mon salut à un autre homme qui m'a protégé jusqu'à ma station.
  • 22 ans: Mon voisin d'en face se pose devant sa fenêtre seul et se masturbe à chaque fois que je rentre chez moi.  Je vis les volets fermés pendant des semaines et fini par déménager.
  • 25 ans: Je suis en couple avec un homme qui m'isole, me maltraite psychologiquement et fini par lever la main sur moi. C'est le moment où je pars.
  •  25 ans: Un homme me suis dans la rue en faisant des allusions sexuelles pendant plusieurs minutes. Je rentre dans un tabac et explique la situation. Le buraliste sort et le fixe, jusqu'à ce qu'il finisse par continuer sa route.
  • 25 ans: Je rentre d'un baby-sitting, un homme me suit. Je monte dans une voiture au feu, la jeune femme accepte de me ramener jusqu'à la station.

  •  27 ans: je marche sur un trottoir: une voiture passe avec trois hommes dedans. J'ai une jupe rouge longue mais fendue au dessus du genou. "Toi tu vas prendre ma grosse bite ce soir" me hurle t-il. Je lui répond que moi, je n'ai pas envie de sa bite du tout. "Tu vas la prendre quand même salope". Et il redémarre.
Voilà ici les pires situations dans lesquelles je me suis retrouvée en tant que femme. Je ne parle même pas des commentaires déplacés dans la rue, les questions déplacées pendant les entretiens d'embauches ou même les concours d'entrées pour les écoles de formations. Je ne parle pas des commentaires sur mon cul, mon poids, ma culpabilité parce que je suis trop désirable. Puis ma culpabilité parce que je suis trop grosse, donc pas assez désirable.

Je parle de moi.

Mais je ne parle pas de 99% des copines qui ont vécu au moins une fois une situation de ce type.  Je ne parle pas de mes copines qui ont vécu un viol, une tentative de viol ou un attouchement.

Tout à coup, des femmes célèbres parlent et c'est une onde de choc.

Mais vous étiez où en 89 quand les petites filles disparaissant puis été retrouvées mortes et violées? Vous étiez où quand il y a quelques années on revoyait la loi sur le harcèlement au travail et qu'un vide juridique existait? Vous étiez où quand cette belge a fait un court métrage sur le harcèlement de rue et qu'on lui a répondu "c'est de la drague lourde, on ne peut plus rien dire".

Un femme en France meurt tous les deux jours sous les coups de son mec.

En France, en moyenne, un enfant sur cinq dans une classe est ou sera touché par une agression sexuelle avant ses 12 ans.

 On ne cesse de le dire. On ne cesse de l'écrire. On ne cesse de le crier. 

Alors maintenant que Angelina Jolie et Emma Decaunes hurlent avec nous, expliquent à leur tour qu'elles sont victimes d'un mec pleins de pouvoir à Hollywood, soudainement on se dit "ah oui. Merde ça existe... Ce n'est pas que les arabes. Ce n'est pas que les gens sans éducation. On n'est pas si protégée que ça. Ce ne sont pas des faits isolés". 

Maintenant que les filles racontent ce qu'elle ont assimilé comme quelque chose de normale, de passage obligé, sous le titre #dénoncetonporc, il y a une espèce de prise de conscience forcée...

Depuis qu'elle a 3 ans, j'ai expliqué à ma fille que personne n'a le droit de la toucher, de l'embrasser ou de l'obliger à faire quelque chose qu'elle ne ne désire pas. Elle se doit de m'en parler. Elle doit crier et chercher de l'aide, très vite. Et chaque année j'avance dans mes explications, et je lui fait répéter ce qu'elle doit faire si ça lui arrive.

Vous trouvez ça normal?

Vous trouvez normal qu'un des rôle d'une mère de petite fille est de la prévenir des risques qu'elle encourt juste parce que c'est une fille?

Oui je sais on prévient aussi les garçons. Mais avouez que vous avez moins peur pour vos fils que pour vos filles. Parce que vous êtes des femmes. Et que vous savez ce que c'est qu’être une femme dans cette société.

Mais je ne peux m'empêchez en ce moment d’être en colère. Parce que j'ai parlé. Parce qu'on a parlé. Qu'au mieux on a classé nos affaires sans suite ("il n'y a pas eu viol"), au pire, on nous a dit qu'on l'avait bien chercher. Je me souviens à 9 ans quand la troisième agression a eu lieu, on m'a dit "tu les attires c'est pas possible".

9 ans.

De ce jour, j'ai décidé de ne plus parler. J'ai appris le verbe pour replacer les mecs à leur place. J'ai appris à rentrer dans les magasins, à demander aux hommes présents de me protéger,  à frapper quand je suis seule et sans défense. J'ai appris à fuir, à alerter, mais je ne parle plus parce que vous, la société, vous n'avez jamais entendu.

Je ne parle plus parce que c'est devenu un passage obligé, que comme mes copines j'ai fini par trouver ça normal.

Et j'avoue, qu'une de mes plus grande crainte est le jour où ça arrivera à ma fille. Parce que je ne me fais pas d'illusion. Malheureusement, elle a toute les chance pour que ça lui arrive.




dimanche 1 octobre 2017

De l'image des femmes à la télé

Depuis quelques jours, quelques semaines les "buzz" explosent quand à l'attitude des hommes vis à vis des femmes sur les plateaux télé. Ardisson, Baffie, Nolwenn Leroy, Ruquier, Angot... On ne s'en sort plus...

Il s'en suit des hurlements, des "ça ne se fait pas", puis des explications "ça ne m'a pas gêné", puis des rediffusions, des explications d'associations de féministes,  parfois des pleurs et des cris à même le plateau, des alertes CSA... Bref. A vrai dire je fatigue.

Parce que pour dire vrai, j'ai sans cesse l'impression qu'on passe à coté du débat. Je reprends (pour exemple) le geste de Laurent Baffi.

Il est assis à coté de Nolwen Leroy.
Ils plaisantent ensemble.
Il lui soulève la jupe. "Pour l'audience".
Elle rigole.
Remet sa jupe en place en disant "c'est un ami il peut se permettre".

Plus tard, elle dira qu'elle n'a pas été choqué. Thierry Ardisson justifiant le maintien de la séquence par un SMS de sa fille, que j'ai trouvé au demeurant très juste: "C'est idiot cette histoire, et puis, c'est à l'opposé du féminisme de parler à la place de la femme concernée. Justement, elle est propre maitre de son corps, et si elle avait voulu montrer ses seins, super ! Si elle avait voulu attaquer Laurent Baffie, super aussi ! En l'occurrence, elle n'en a rien à foutre. C'est tellement une non polémique pour les gens qui n'en n'ont rien à faire. La cause des femmes intéresse tellement Roselyne Bachelot et compagnie... qu'ils feraient mieux d'attirer l'attention sur cette horrible affaire, mise en lumière par Mediapart. Un homme de 28 ans qui a violé une fillette de 11 ans et parce qu'elle ne s'est pas défendue, c'est traité au tribunal comme "atteinte sexuelle" plutôt que viol. On n'en parle pas du tout."

Bref.  On pourra se dire "tout le monde est ok. On passe à autre chose".

Pourtant on oublie un truc méga important. 

Moi, perso, il peut lui toucher la culotte s'il veut, et surtout SI ELLE VEUT, moi c'est leurs affaires j'en ai rien à battre, je m'en tamponne le coquillart, la coquillette, et tout le paquet non bio-dégradable. Mais la télévision n'est pas n'importe quel média, il est surtout celui de l'image...

Hors j'ai la faiblesse de penser, que, c'est le média de l'exemplarité par excellence. Un peu comme les prof en classe, la télé, reine de nos salons, est là aussi pour nous dire ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Et lever la jupe de Nolwen dans son salon devant des complices hilares, n'a pas le même impact que devant des milliers de spectateurs qu'on ne connait pas.

C'est un peu comme les blagues racistes. Il y a des blagues, par exemple, en particulier des blagues sur les mères juives, qui sont très limites. Mais elles me font rire car elles sont caricaturales. Je peux les raconter à mes proches, parce qu'ils me connaissent et que je sais comment ils vont la recevoir, mais jamais, par exemple je ne les raconterai au boulot. 

L'attitude de Baffie, c'est la même. Bien sur entre eux, c'est une blague. Bien sur je comprend que ça puisse les faire rire "entre eux". Mais ils ne sont pas "entre eux". Il y a des milliers de gens qui les regarde, y compris des gens qui ne comprennent pas ce "entre eux" et qui peuvent se dire "Ah oui? Bah en fait ça se fait.... Demain dans le métro je vais faire rire la rame". Le problème, c'est que, même si ce n'est pas volontaire... ça sert de justification à quelques centaines d'hommes qui tous les jours font ça dans les lieux publiques. 

Imaginons. Un prof et une prof font un cours commun. Ils sont assis devant une classe de seconde et anime un débat. Soudainement le prof, soulève un peu la jupe de la prof en lui disant "ils n'écoutent plus là, donne de ta personne pour qu'ils soient plus concentrés." Branle bas de combat, inspection etc... Et là, la prof répondrait "mais c'est un pote, c'est une blague, je ne suis pas choqué..."

Evidemment, on serait tous choqués, nous. Alors pourquoi soudainement, quand le prof et la prof c'est Laurent Baffi et Nolwen Leroy, on se dit "oh, bah, si elle elle n'est pas choquée c'est pas grave..." alors que les mêmes élèves sont devant la télé, les parents mais aussi des hommes qui ne comprennent pas que l'accord de la femme n'est pas anecdotique.

La catharsis ne peut pas fonctionner si elle n'est pas jouée. La simple présence de l'écran ne suffit pas à en faire un spectacle, un jeu. Cette scène peut exister au théâtre, dans un téléfilm, au cinéma, mais elle ne peut pas exister dans un show. Car là elle devient modèle et non plus projection des fantasmes, des tourments et de la morale.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir été éduqué dans le respect, la sexualité et l'écoute de l'autre. Alors c'est à la télévision de montrer l'exemple. 





mercredi 16 août 2017

I don't undurstand


 Je suis désolée, mon anglais est pire que mauvais... J'ai fais une traduction "à peu prèiste"

I'm sorry, my english is worse than bad ... I did the best I could


Dear Donald, 

I could tell to myself it is not my country. I's so far away, Americans are racists, idiots, ...

 But I can't. I saw these flags, those that were believed dead, buried, reduced to a few crazy and tiny little groups ...

But no.

They were in the middle of Charlotteville. A few courageous people said "no".

And they belief themselves to be "supremacy" and killed, voluntarily, loudly.  I don't have a black or Jewish family. I'm white woman.

My husband is white man.

 My daughter is white.

We could be perfect wasp if we were not french.

 I don't have Jewish or Muslim friends. I don't think so. Anyway, I think I don't care. Because they're just my friends. Point. 

I don't feel myself superior to anyone.

Anyway, I always tried to understand. Hate borns by fear. When your parents give you an  education by fears, it 's difficult to think differently.

Saying  "we are not racist, that it is a story of words" ....
 Saying  "there were good people in this manifestations" .... 
Saying "I could be in the same side with people are  not agree with me, It does not make me a racist" ... 

I remember people who voted Marine Lepen without being racist... In this way, you tolerate stinking ideas of your neighbors.

  Racism is a system of individual and collective theories and beliefs that there are "races" in the human race and a hierarchy between them. Individuals are reduced to a set of identity criteria considered as specific and on which value judgments are made: inferior, harmful ... 

When you recognizes in white supremacy's identity  or "for the white people" as if it were a war or a baseball match ...  We still imagine that there is one that would win because it is stronger no?

I do not understand, how one can say "they are blames of both sides" when there is one dead in one side.

I do not understand how there could be wrong on both sides when one of them strikes dignities with a Nazi flag when other passes by opposing it. 

 I do not understand how they could be wrong when one both sides, rush with a car on peace people.

I just understand something: one side is lucky. One side have education. One side have been loved enough and have  chance to think by themselves and building their thoughts and their judgment.

Other side had hater education. Other side learned other's fear.

Terrorism borns here Donald.

Because, when you kill others because you're not agree with him, it's terrorism.

Terrorism is not about color's skin or religion. It's about terror. 

So sometimes we die to have been happy, to have been lucky, because others can not understand it ...

 Because others wanted to terrorize those who have everything. Put them down. Then in the ground.

 But earth is nourishes us Donald: it gives life...  I am made of these values.

My daughter has these values.

Our family has these values.

 The people in Charlotteville has these values.

 You see, we are a lot. 

So you see Donald, I'm Heather Heye. I am here. I will always be there. We will always be there. To contest, to be wrong, to be revolt. We are in this side, Donald.  In the right side.

"If you're not outraged, you're not paying attention."



Je ne comprends pas

Cher Donald,

Je pourrais me dire que ce n'est pas mon pays. Que c'est loin. Que les américains sont des racistes, idiots, ...

Mais je n'y arrive pas. Je vois ces drapeaux, ceux qu'on croyait morts, enterrés, réduit à quelques fous et minuscules groupuscules ... Et puis non. Ils sont là au milieu de Charlotteville. Quelques courageux s'élèvent pour dire "non". Et eux, ils se croient en "suprématie" et tuent, volontairement, bruyamment.

Je n'ai pas de famille noire, juive. Je suis blanche. Mon mari est blanc. Ma fille est blanche. Je n'ai même pas d'amis juifs ou musulmans. Je ne crois pas. Ou plutôt je crois que je m'en fiche. Parce que j'ai des amis. Point.

Je ne me sens supérieure à personne. Parfois je me sens inférieure mais ça c'est une autre histoire.

Toujours est-il que j'ai toujours essayé de comprendre. La haine est attisée  par la peur de l'autre. Et quand on est élevée dans la peur, on n'a même pas conscience que c'est de la peur puisque personne n'a jamais mis de mots dessus depuis des siècles. 

ALors dire qu'on n'est pas racistes, que c'est une histoire de mots.... Dire qu'il y avait des gens biens dans cette manifestation... Dire qu'on peut militer à coté de gens avec qui on n'est pas d'accord, ce n'est pas tout à fait être racistes... ça me rappelle un peu ceux qui votent extrême droite sans être racistes....

Le racisme est un système de théories et de croyances individuelles ou collectives selon lesquelles il existe des "races" dans l'espèce humaine et une hiérarchie entre elles. Les individus sont réduits à un ensemble de critères identitaires considérés comme spécifiques et sur lesquels il est porté des jugements de valeur : inférieurs, nuisibles... 

Quand on s'inscrit dans une identité de "suprématie blanche" ou que l'on se dit qu'on est "pour les blancs" comme si c'était une guerre ou un match de football.... c'est qu'on imagine quand même qu'il y en a un qui va gagner parce qu'il est plus fort non?
Voilà Donald, je ne comprend pas, comment on peut dire qu'il y a des torts des deux cotés, quand il y a un mort dans un des deux camps. 

Je ne comprends pas comment il peut y avoir des torts des deux cotés quand il y en a un qui frappe les dignités avec un drapeau nazis quand l'autre défile en s'opposant à celui-ci.

 Je ne comprends pas comment il peut y avoir des torts des deux cotés quand une voiture fonce sur des manifestant avec une voiture, ne laissant aucune chance à l'autre. 

Je comprends juste qu'il y avait d'un coté ceux qui avaient de la chance, ceux qui avaient eu une éducation, ceux qui avaient été aimé suffisamment pour qu'on leur offre la chance de penser par eux-même de construire leur pensé et leur jugement. Et puis de l'autre coté il y avait ceux élevés dans la haine, dans la peur de l'autre, dans la bêtise.  Le terrorisme se niche là Donald. Parce que foncer dans une foule parce qu'on n'est pas d'accord avec elle, c'est du terrorisme. Le terrorisme n'est pas une question de couleur de peau ou de religion. C'est une question de terreur.

Alors, des fois, on meurt d'avoir été heureux, d'avoir eu de la chance, parce que d'autres ne peuvent pas le comprendre... Parce que l'autre a voulu terroriser ceux qui ont tout. Les mettre à terre. Puis en terre. Mais de la terre est ce qui nous nourris Donald: c'est elle qui maintient la vie...

Je suis faite de ces valeurs. Ma fille est faite de ces valeurs. Notre famille est faite de ces valeurs. Les manifestants de Charlotteville, sont faits de ces valeurs. Tu vois nous sommes nombreux.

Alors tu vois Donald, je suis comme Heather Heyer, je continuerai à manifester. Je serai toujours là. Nous serons toujours là. A provoquer, à avoir tort, à nous révolter.



"If you're not outraged, you're not paying attention."