Et on se rencontre???

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jeudi 8 décembre 2016

Le battement d'aile du papillon

Mon livre phare, celui que je conseille à tout le monde c'est les 5 personnes que j'ai rencontré là-haut de Mitch Album. C'est l'histoire d'un homme qui meurt dans une fête foraine en sauvant une petite fille d'une mort certaine, et qui découvre en arrivant au paradis, qu'il a changé la vie de 5 personnes, sans le savoir.

Ce livre a changé ma vision des choses, et j'ai toujours eu cette ligne de conduite d'apporter ma brique à l'édifice pour une société plus belle (oui je sais on dit pierre à l'édifice... Mais bon. Ce ne serait pas totalement moi sans fautes hein...).

Ce que je découvre en ce moment, c'est que ce battement d'aile du papillon, ça peut être toi, ta famille, tes enfants, les destinataires...


Il y a quelques temps ma super copine la mère Cane (mon Amoooooooour de copine!!) m'a proposer de venir à un cour de cuisine donné par le chef Damien. 

Attends arrêt sur image... Le chef Damien qui c'est??? Bon attends je te montre sa tête (private joke: cousine, c'est pour toi... fais toi plais'), et après je continue mon histoire...


Donc oui, avec le chef Damien: créateur de 750g, propriétaire de trois restaurants à Paris (750g la table, j'en parle en fin d'article), parisien la semaine, soissonnien (oui j'ai la flemme de chercher le gentillet de Soisson) le week-end... Bref LE chef Damien quoi.

Bon donc on part voir le chef Damien et apprendre une recette. Moi, je suis plus du genre à tourner  sept fois ma langue dans la bouche du voisin que dans la mienne, mais quand j'arrive dans un endroit ou je connais pas ou peu les gens je suis du genre... observatrice. Et là, j'avoue que j'étais un peu impressionnée par le décalage entre la coolitude des blogueuses présentes et le charisme imposant de notre hôte. Donc je ferme ma gueule et je regarde le chef faire (bon ok, un verre à la main mais quand même).

Au bout d'une heure, on est là, à enrouler nos chorizo, autour de notre poisson quand je dois aller demander au chef, de m'allumer un four pour faire cuire mon poisson. Bon comme je suis là en train de lui parler, je lui demande si des fois, il donnerait des cours pour les enfants (Eloïse a demandé pour son anniversaire "un cours de cuisine avec un chef". L'année où je suis au chômage, t'as envie de pleurer.). En 12 secondes, il me propose le mercredi suivant son anniversaire, un cours particulier pour ma fille dans son resto. 

Imagine ma tronche. 

Maintenant imagine la tronche de ma fille quand je lui ai annoncé" le lendemain. 

Je crois que la phrase que nous avons le plus entendu après "c'est quand noël?" c'est "c'est quand mon cours avec le chef?".

Bref. Finalement, le mercredi après son anniversaire c'était hier. A 18h, tapante (ou presque... On n'avait pas prévu la gratuité des transports et l'interdiction de prendre sa voiture...), on passait la porte du 75 rue Turbigo dans le 3eme (métro Temple). Après, une grenadine offerte, et un livre "Passer son CAP pâtisserie en candidat libre" offert par le chef, après être accueillies comme des reines par des cuistos, (si tu regardes la série Chefs moi je te dis, Clovis Cornillac, il peut aller se rhabiller...) plus souriant, gentils, accueillants, classes (oui, bon mignons d'accord... on se calme les filles...) les uns que les autres... Eloïse a déboulé dans la cuisine pour faire son cake au citron...

Ma fille, tient de moi pour le non expansif... Elle est du genre à dire qu'elle est contente mais sans plus, puis à hurler de joie une fois le pied dehors. Donc la voilà à faire son cake... écoutant tranquillement ce qu'on lui dit. Ce que j'ai apprécié c'est que c'était à la fois "comme à la maison", mais en même temps technique: Eloïse a appris une recette, comment tenir son fouet, ce qu'était une Maryse, du beurre pommade, pourquoi on met du beurre pommade et pas du beurre fondu. 



C'était très adapté à ma fille: 7 ans, pas besoin de plus, pas académique... et un coté très bienveillant avec ma fille. Pourtant Eloïse, une fois à l'aise, c'est le genre punchline sur pattes, mais lui, il a toujours été très à l'écoute et cadrant suffisamment pour que ma fille reste concentré sur sa pâtisserie...

Et puis tout le monde s'y met... Le second prend le relais avec la même bienveillance. Il parle avec Eloïse, lui montre les bon gestes, et lui parle de son propre fils...



Il y a eu un coté très humain et très "familial" dans cet atelier. J'avoue en avoir été émue, de voir ma fille si concentrée sur ce moment "à elle".


























Ensuite, chéri nous a rejoint, et nous avons pu profiter du restaurant. Un menu simple. Au choix: 3 entrées, 3 plats, 3 désert. 24 EUROS. Dans Paris c'est juste inimaginable. 

Mais attends c'est pas tout. Parce qu'en plus d'être très abordable c'est juste... wahou...

En entrée on a prit du céviche. On avait commandé une soupe pour Eloïse, qui finalement m'a piqué mon entrée, donc j'ai mangé la soupe. Mais j'avoue je n'ai pas regretté... Mais je reviendrai pour le ceviche. 


Puis... Pendant que chéri se régalait de sa blanquette de veau (oui, je n'arrive pas à manger de veau, encore moins à le cuisiner. Chéri est au bord du divorce), avec Eloïse nous avons mangé un onglet de boeuf et sa compote d'oignon.. 

Tu vois la meilleure viande que tu ais mangé de ta vie. Bah cette viande c'est le niveau juste au dessus. Et crois moi, je descends d'une lignée de boucher. Je sais de quoi je parle.



Pour finir, nous avons mangé un tiramisu glacé au café. Bon là je n'ai même pas eu le temps de prendre une photo... Tu vois c'était déjà avalé...



Pour tout dire, au delà de l'émotion de voir ma fille faire, de manger comme quatre une cuisine juste parfaite, je voulais remercier le restaurant pour toute cette soirée. D'abord je sais qu'en ce moment, entre l'ouverture du restaurant, le nouveau livre, le prochain etc... ce n'était pas simple de préserver la promesse faite à Eloïse. Et il l'a fait.

Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que je crois que ça doit faire trois ans, qu'on a pas fait un truc en famille: le concours, mes deux année à l'éducation nationale, mon licenciement... tout ça a fait qu'on s'était un peu oubliés, nous petite cellule familiale... Pour la première fois j'ai depuis longtemps j'ai vu chéri sourire. Pendant toute une soirée, je ne l'ai plus entendu soupirer ou s'inquiéter de ça ou de ci. J'ai vu Eloïse s'épanouir auprès d'autres, crier sa joie à la sortie du restaurant, garder un cake pour la maîtresse, fière comme un pan. Pour la première fois depuis deux ans j'ai vu ma famille heureuse.

Là en écrivant tout ça, j'ai les larmes qui me montent aux yeux. J'ai perdu un peu de temps à snapper et à prendre des photos mais c'était tellement génial de les voir tous les deux heureux, que je voulais garder des images... là aussi ...

Je sais que j'ai trop dit "merci" hier soir, mais cette soirée a été une vraie soirée de renouveau, et c'était mon battement d'aile du papillon... Alors même si je l'ai trop dit: merci chef Damien, merci la super équipe de 750g, et maintenant on va emmener tout Thomery, Lyon, la France. Tout le monde se doit de goûter votre cuisine et rencontrer un homme plein d'humanité.



mardi 6 décembre 2016

Le retour du pervers pèpère

Loin de vouloir faire une dédicace à notre mis Gotlieb (mais quand même), je voulais vous parler des dernières recherches qui mènent à mon blog.

Oui parce que je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis soudainement dit "Tiens quelle recherche amènent à mon blog". Et je ne sais pas pourquoi il y  toujours un truc de cul qui y mène. Il y a longtemps, j'avais fait un article sur les différents termes de recherche google et je m'étais marrer à en faire une histoire.

Donc aujourd'hui quand j'ai vu qu'un type a tapé "Chéri, je suis toute mouillée", je me suis dis... "Mais pourquoi ne pas lui faire plaisirs... et à moi aussi tant qu'on y est".

Donc je vais te raconter ma soirée... Et tu vas voir, c'était, chaud, chaud, chaud.

Hier soir, c'était mon anniversaire. Mais comme chez moi, les choses ne sont jamais simple, Eloïse avait invité une petite copine. Il a donc fallu que je jongle entre les deux filles, le repas à préparer, le bain à prendre, le gâteau à faire, et les bougies à souffler, et le bordel que les enfants mettaient. Heureusement, en période de gastro, on a évité la fièvre.
Bon, en plus, les petites avaient décidées d'être coopérantes. Elles ont pris leur bain toutes les deux, et j'ai même pu compter sur la grande pour laver les cheveux de la petite. Après avoir traversés le salon toute nues et toute mouillées, elles se sont enfin mises en pyjama. Pour les remercier, je les ai autorisé à prendre une  sucette qu'Eloïse avait eu pour son anniversaire. Elles sont montées dans la chambre, puis je ne les ai plus entendue. 
 Bon ok, au moment de se coucher, j'ai bien trouvé les petites culottes et les pantalons sales aux quatre coins de la chambre mais c'est le jeu ma pauvre Lucette... On ne va pas les attacher à la chaise non plus hein!
Chéri qui était attentionné pour cette journée si particulière, m'a proposé de ramener des sushis. L'idée d'un poisson cru me glissant dans la bouche, me séduisit tellement que je ne pu dire "non".  Puis ça tombait bien, j'avais un coupon de 15 euros de réduction... Du coup, j'ai pu commander un plateau pour les filles, sans dépenser un poil de plus.

Quand le mâle est rentré, nous avons pût nous mettre à table. Mon attirance pour les sushis, était irrésistible, j'avoue les avoir avalé d'un coup! Quand à Eloïse, on avait du mal à lui retirer de la bouche! 

J'ai mangé tellement vite que la sauce, dans la boite, a giclé et tout est tombé par terre. J'en avais partout! J'avoue avoir eu la coquetterie de changer mon jean car mes cuisses étaient inondées de sauce soja. Mais cet incident, ne nous a pas empêché de nous régaler!

Mais le moment que je préfère le jour de mon anniversaire, c'est quand ma fille m'amène mon gâteau et mes bougie. C'est un tel plaisirs pour elle, je le lis sur son visage. J'avais fait un cheesecake, fondant sous la langue, et c'était juste.... orgasmique.

Puis les filles m'ont apporté mes cadeaux: des rouges à lèvre de chez Sephora, et une bougie de noël qu'on a allumé dans la foulé. L'odeur de sapin blanc a remplit le salon. 

Évidement , après une telle soirée, les enfant étaient tout excités, et avant de les entendre s'endormir il a fallu patienté jusqu'à  23h...
C'était un anniversaire parfait!! Je pense qu'il restera dans les anales.... . Depuis que je vieillis j'aime de plus en plus les instant coocooning, chaudoudou, et familial... Et j'espère que mon pervère pèpère n'est pas trop déçu par mon fantastique récit d'anniversaire!!!


lundi 5 décembre 2016

Lettre d'une mère à un jeune homme qui se pose des questions.


Tu vois, samedi, c'était les 7 ans de ma fille, et aujourd'hui j'en ai 38. Comme tous les ans je voulais écrire sur ma fille qui grandit, sur mes 18 ans qui ont 20 ans, sur cette date qui n'est pas anodine pour moi...

Et puis je t'ai croisé. Tu m'as parlé de tes doutes... Tu as 18 ans. Il y a ce garçon que tu connais depuis longtemps. Parfois tu vas chez lui, vous regardez des films ensemble, puis vous vous endormez sur son lit. 

Il ne se passe rien. La nuit, pourtant, entre sommeil et éveil, tu as envie de te rapprocher de lui. Parfois au cinéma, tu as envie de lui prendre la main.  Tu as essayé de séduire Lise et Lola mais c'est à lui que tu penses quand vos lèvre se croisent.

Tu as essayé de te persuader que ça n'existait pas, puis maintenant tu te dis que c'est une passade, que tu tomberas un jour amoureux d'une fille.

Un jour tu te diras peut-être que tu es amoureux d'un garçon, que tu es bissexuel. Ou tu te demanderas si tu es vraiment homosexuel.

Soit. As-tu besoin de mettre un nom sur ce que tu es? Tu es un homme amoureux. De qui? Est-ce cela a beaucoup d'importance?

Oui, peut être que ceux que tu aimes auront du mal avec ça. Mais tu pourrais tomber amoureux d'une fille qu'ils détestent.

Bien sur avoir des enfants, supporter le regard des autres sera plus dur. Mais être différent est dur. Je ne rentre pas dans le moule, je ne pense pas comme tout le monde, je suis franche, direct et maladroite. Souvent rejetée par ce que je suis. Mais c'est ce que je suis. Je ne changerai pas, parce que je ne peux pas changer. Et les gens qui m'aiment pour ce que je suis, leur amour, a d'autant plus de valeurs à mes yeux.

Tu n'as pas choisi d'aimer qui tu aimes. Mais c'est toujours le cas. On ne choisi pas de qui on tombe amoureux, ou même qui l'on désir. C'est comme ça, c'est chimique... Il ne faut pas lutter.

J'ai 38 ans. J'en ai passé 25 à tenter de rentrer dans le moule, à essayer d'être celle que je n'étais pas. Puis j'ai passer 3 ans à me retrouver, à savoir qui j'étais. Ce fut un travail douloureux. Tu ne peux pas lutter contre toi. Tu ne peux pas te haïr toute ta vie. Mais tu peux aimer un autre. Un autre qui t'aime comme tu es.

Rien ne sera jamais facile. Mais la vie c'est comme ça. Alors ne te la compliques pas plus que ce qu'il ne faut. Tu restes un homme de 18 ans. Humain, virile et intelligent. Tu n'es pas seul. Il est là... Et je suis là si tu en as besoin.

Les belles histoires d'amour sont rares. Crois-moi. J'en ai laissé passer une belle. J'ai rencontré mon grand amour aujourd'hui, mais parfois, je me demande ce qu'il se serait passer si un jour, j'avais osé lui dire... Ne passe pas toi, à coté de ça...

Voilà les conseils d'une vieille de 38 ans. C'est pas grand chose. Tu penseras peut-être que je n'ai rien à t'apprendre, ou que je ne peux pas t'aider. Peut-être. 

Juste, je voulais te dire que j'ai une fille. Et j'espère que, que, si un jour elle tombe amoureuse d'une autre fille, elle ose le dire, qu'elle n'aura pas de problème avec ça, et surtout qu'elle n'aura pas peur. J'espère que ça lui semblera aussi naturelle que de tomber amoureuse d'un garçon et que toutes ces questions ne l'effleureront pas.

Alors j'ai les mêmes souhaits pour toi que pour ma fille. Juste je te souhaite d'être heureux. Peu importe avec qui, comment ou pourquoi. Sois Heureux.

Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et un joyeux noël. Pleins de bonheurs.

La maman d'Eloïse
Si vote famille vous rejette vous pouvez joindre l'association le refuge qui vous viendra en aide.  
Le refuge: assistance 7j/7 et 24h/24 : 06,31,59,69,50. SMS ou Appel.

jeudi 24 novembre 2016

Merci

Depuis que je suis petite j'aime aider.
Je crois que j'ai accentué ce trait parce que souvent j'entendais mes parents, ma famille, dire "Cette petite est d'une générosité incroyable". Ça me donnait une identité. J'étais la petite qui donnait tout. 

Ma mère me raconte parfois que je cachais mon goûter dans le cartable de celle qui n'en n'avait pas parce que  je mangeais le soir. Une fois, j'ai donné mes basket neuves parce que les vieilles m'allaient très bien.

Ma tante a même retrouvé mon vœux de profession de foi: "je voudrais apporter mon aide aux autre pour œuvrer pour un monde de paix".

Naturellement je suis devenue éducatrice. J'ai fait de l'accompagnement mon métier. Mais être éducateur aujourd'hui s'éloigne parfois de l'accompagnement pour devenir du bouchage de trou. Moins d'humain, plus de dossiers et de professionnalismes.

Puis j'ai voulu devenir intit' spécialisée. Mais j'ai appris que ce n'était pas pour moi.

Puis je me suis retrouvée au chômage. J'ai d'abord compris que ne plus pouvoir aider les autres me manquait. C'était ma drogue à moi...

Puis j'ai parlé de ma situation à d'autres. D'abord il y a ceux qui prennent leurs distances. Il y a ceux qui sortent les traditionnels "mais tu vas rebondir". 

Et puis vient le temps où tout le monde oublie que tu es au chômage. On parle boulot, ras le bol d'y aller, des dilemmes... Je me rends compte que le boulot c'est un sujet de conversation super prisé. Moi je n'ai plus rien à raconter: je suis à la maison. Je fais les courses, le ménages, je lis un peu, je vais chercher Éloïse à l'école... Ma vie tourne en rond.

Et puis au milieu de tout ça, il y a des gens qui arrêtent le cercle pour qu'il ne tourne plus rond.

Il y a d'abord SNC,  une association qui m'aide à ne pas perdre pied, qui m'écoute sans me juger, me conseille avec lucidité et recule... Je ne sais pas trop si je pourrais avancer sans eux...

Il y a Guida qui m'a écouté et m'a présenté Marie.

Il y a Marie qui a écouté mon projet de dingue et qui m'a dit "c'est une bonne idée mais tu ne vas pas faire comme ça, puis tu vas venir chez nous faire un stage"

Il y a mes parents et mes beaux-parents, qui allongent les billets avant même qu'on n'en n'ait besoin pour que la maison soit payée et qu'on mange à notre faim.

Il y a leurs amis, qui, quand mes parents ne peuvent plus, prêtent à leur tour parce qu'ils ont confiance en moi, et en ma capacité de rebondir.

Il y a mon frère qui décale les paiements de la voiture de mes parents pour qu'ils puissent m'aider alors que noël approche et que lui et sa famille de 5 ont besoin de ces sous...

Il y a La mère Cane et Sparkling Mummy qui ne me parlent jamais boulot et m'accueillent avec des sushis et des sourires quand j'ai besoin de souffler, qui me proposent des sorties sponsorisées avec ou sans Éloïse parce qu'elles savent que je n'ai plus les moyens de faire tous les cinés et toutes les sorties possibles.

Il y a Lauriane qui dès que j'arrive avec un nouveau projet me dit "Mais oui!!!! Tu vas y arriver, je connais une fille..." et qui trouve toujours le bon exemple qui permet de raccrocher en se disant "moi aussi ça va marcher".

Il y a Julie et Sophie qui me fouttent un coup de pied aux fesses quand ça ne va pas.

Il y a Kristyna qui prend Eloïse les soirs où j'ai rdv avec SNC ou un entretien d'embauche, et que je n'ai pas de solutions. 

Il y a mon lardon qui tous les matins passe un tête en me demandant "ça va?", parce qu'il sait que tous les matins ne se ressemblent pas.

Il y a Caroline, Céline, et toutes les autres à qui je confie mon projet qui me disent "Mais c'est géniaaaaaaal, mais c'est trop fait pour toi". 

Il y a Agoaye qui me file le numéro de sa copine pour que je trouve un stage rapidement, alors qu'on a dû se parler une vingtaine de fois sur facebook....

Il y a Athanasios que je retrouve à Activ projet, alors qu'il était mon pion au collège, qui partage mes recherches de stages.

Il y a les copains de booktube, facebook, la petite library qui font pareil en laissant des petits mots d'encouragement à chaque fois....

Il y a Julie et Céline du 13 qui juste mettent le petit mot qui fait du bien, comme ça l'air de rien, genre "on dira que je ne suis pas là".

Et puis il y a ce restaurateur qui propose à Eloïse un cours de cuisine gratuit parce que c'est ce qu'elle veut pour son anniversaire. Puis qui, quand il apprend ma situation, nous propose une surprise aussi... Alors qu'on a dû échanger 3 fois et qu'on s'est croisé à une soirée une fois...  



Merci la vie de m'avoir appris à recevoir. Parce que tous ces petits gestes me permettent d'avoir un moral d'acier de monter un projet de dingue et d'y croire. 

Merci les gens, d'être là. Merci pour tout ça. Pour vous ça peux sembler dérisoire mais vous ne pouvez pas savoir à quel point la vie devient simple quand vous êtes là, combien elle reste belle et me permet de voir la vie avec espoir. 

Merci aussi de prouver que l'humanité n'est pas seulement peuplée de crétins qui pensent qu'à eux, râlant sur leurs canapés en pleurant sur leur situation et en pensant qu'on donne tout aux migrants qui arrivent pour nous piquer notre bon pain.

Merci d'être vous. Merci d'être là.

Et merci à Mathou de me laisser piocher dans ses illustrations sans rien me dire.






mercredi 23 novembre 2016

Cher Nicolas Sévilla,

J'ai vu ce matin, par hasard en checkant ma page facebook que tu avais un problème d'éducation avec ta fille. En effet, en te promenant dans ta ville tu es tombé sur ça:


Et tu t'es dit "Merde, qu'est-ce que je vais dire à ma fille?"

Alors tu as du bol mec: je suis une ancienne éducatrice, ayant monté un atelier autour de la sexualité pour des personnes en situation de handicap intellectuel. Du coup c'est mon domaine: dédramatiser, synthétiser, m'adapter et expliquer en respectant la liberté d'aimer et de penser....

Bon déjà premier point: tu as du bol tu aurais pu tomber sur ça:







 Ou sur ça

Moi, perso, je ne sais toujours pas expliquer à ma fille que la société propose de se laisser violer contre un joli vêtement très très cher....



Donc rassure toi, ça va être plus simple...

Bon donc, voilà tu te promènes dans la rue, hop, hop, et voilà t'y pas que tu tombes sur cette pub. Bon déjà vu TOUTES les pubs qui existent et auxquelles nous sommes confrontés chaque jour, tu as une chance sur cent pour qu'elle remarque celle-ci plus qu'une autre... Mais bon imaginons: pas de bol celle-ci elle la remarque...

Ah. Bon. Va falloir parler sexe avec ton enfant.

Bon tu sais 8 ans c'est le bon âge hein pour leur expliquer la petite graine tout ça, tout ça quoi...

Donc. Elle te demande ce que c'est...  Tu peux lui répondre:

"C'est une publicité qui parle de maladies qu'on attrape parfois quand on est grand. Quand deux adultes s'aiment, souvent si les deux en ont envie, ils font l'amour. Ça veut dire qu'ils se font des câlins de grand, je te montrerai, il y a plein de livres pour les enfants qui expliquent très bien ça.

Mais parfois, quand on fait l'amour, on peut transmettre des maladies. Alors tant qu'on n'est pas sûrs, que l'on n'a pas fait de prise de sang qui montre qu'on n'a aucune maladie, alors il faut mettre des préservatifs. C'est un bout de plastique qu'un homme peut mettre sur son pénis pour ne pas attraper ou transmettre des maladies.

Tu vois cette publicité, elle explique ça: quand on est amoureux et qu'on a envie de faire l'amour avec quelqu'un, il faut se protéger pour être sur de ne pas tomber malade.

Mais la chose la plus important dont tu dois te souvenir, c'est que personne ne doit t'obliger à faire l'amour avec lui si tu n'en n'as pas envie. Ni même te toucher. Ça ce sont des choses de grands et tant que tu ne voudras pas le faire, personne n'a le droit de t'y obliger. Tu peux même attendre le mariage si tu veux, peu importe. Mais si quelqu'un insiste, te force ou même te touche alors que tu n'en n'as pas envie, alors tu dois tout de suite venir m'en parler, et on ira en parler à la police. Ok?"

Ah oui....

Je sais ce que tu vas me dire. Ce sont deux hommes. Et toi ce ne sont pas dans tes valeurs. Bon alors, là je vais te parler en tant que maman (et surtout ça n'empêche pas de passer par l'étape précédente hein!!!!! Parce qu'il en va de sa vie!!!)

Donc voilà ce que je dis toujours à ma fille quand il s'agit de parler d'un sujet qui élève la polémique. Je me mets dans ta peau: je pense que l'homosexualité est une déviance (ça me fait très mal d'écrire ça mais bon... Faut ce qu'il faut), je pense que tous les homosexuels sont des déviants et qu'une bonne psychanalyse leur ferait du bien... Mais bon... (attends trois secondes je vais vomir)....

Donc voilà ce que je dirais dans ton cas:

"Oui, ce sont deux hommes. Parfois, dans la vie il y a des hommes, qui s'aiment entre eux, des femmes qui s'aiment entre elles. Maman et moi, pensons qu'il est plus dans la normalité qu'une femme et un homme s'aiment, mais tu es grande et tu es capable de penser par toi même donc je te laisse penser ce que tu veux sur le fait qu'un homme puisse aimer un autre homme et sache que, même si tu ne penses pas comme nous, ça n'enlève en rien à l'amour que nous te portons.  Ici, comme la maladie dont je t'ai parlé tout à l'heure touche tout le monde, alors ils ont décidé de s'adresser à tout le monde. Et ça c'est une bonne chose parce que j'espère que le jour où tu voudras faire l'amour avec ton mari, tu n'auras plus à te poser ce genre de question..."

Voilà, voilà... Surtout Nicolas ne me remercie pas... j'aime rendre service. Et puis quand ta fille n'aura pas le SIDA à 25 ans parce qu'elle aura soit pensé à se protéger, soit se sera marié sans avoir consommé, tu penseras à moi chaleureusement et tu me diras "merci Mowgouaille".

En 2014, 2600 personnes ont été détectées en France dont 1100 héterosexuels. Ne nous détournons pas de ce fléau juste pour une histoire d'affiche, de mariage pour tous etc.... 

Si le sida continue sa lancée en 10 ans 20000 personnes pourraient être touchées à nouveau. Et je ne parle pas de ceux qui n'ont pas été détectés, nombreux parmi les hétéros qui se pensent, à tord, plus protégés. Mariage pour tous ou manif pour tous, il en va de notre devoir et pour la survie de nos enfants (et surtout pour qu'ils n'aient pas nos première fois à nous: peurs du sida et autres maladies, sexualité à capote...) de les informer, et de les prévenir.  

Pour une fois, oublions nos pré-jugés et nos désaccords et protégeons les.




samedi 19 novembre 2016

Chère Super Nanny...

Je ne regarde quasiment jamais ton émission. Mais voilà, aujourd'hui, je suis calée au fond de mon canapé pour cause de crève qui est en train de m'achever, et avant de mourir, j'ai une dernière volonté: te dire ce que je pense de ton émission de merde.

Je tombe sur l'épisode d'aujourd'hui. Bon j'ai pas besoin de regarder très, très longtemps, pour voir une maman épuisée, déprimée, voir dépressionnée, qui a perdu toute confiance en elle depuis qu'elle a eu trois enfant en ... à vue de nez... Trois ou quatre ans.

Perso, j'en ai eu qu'une en 7 ans, et il m'arrive d'être épuisée, alors trois en trois ans, je pense que je serais abonné aux antidepresseurs, à la clope, aux joins... 

En plus elle est en période de "réflection" avec son mari. C'est à dire qu'il prépare une séparation... Donc arriver à ce moment là, c'est comme arriver trois jours avant noël et reprocher aux enfants qu'ils sont trop gâtés...  C'est idiot. 

Ne pas prendre en compte toutes ces données, et donner des conseils dans une ambiance aussi délétère, c'est comme venir aider une société à rentrer en bourse alors qu'elle vient de déposer le bilan.

Cette femme va mal. C'est évident.

"Dommage :vous n'êtes pas allé au parc avec eux..."

Alors ma petite poulette de super nanny, excuse moi... Mais je te propose de passer une journée entière avec trois gamins entre 2 et 4 ans qui hurlent, te testent toute la journée, sans paye, sans ouverture sur le monde extérieur, sans avoir le temps de faire pipi toute seule...
      Et là, l'Homme arrive et propose d'aller au parc avec les enfants. Je te jure que 90% d'entre nous, les mères, les vraies,  sommes capable de faire la vaisselle de la famille Groseille avec notre langue, contre deux heures de liberté sans mômes et de proposer une soirée youpala au héros du jour. 

"C'est votre choix". Non ce n'est pas un choix c'est une nécessité. Quand tu parles à tes mômes comme elle leur parle, sur un ton d'adjudant chef, en étant incapable du moindre câlin, c'est que tu es au bout de ta vie...  

Et là, la solution n'est pas de la culpabiliser en lui disant "c'est pas ça être une mère", mais bien, de l'accompagner dans l'idée qu'elle a besoin d'être aidée par des PROFESSIONNELS, d'être pris en charge, et peut-être même de confier ses enfants quelques temps à son mari, ses beaux parents ou même, les placer quelques temps de façon volontaire (oui on a le droit de placer ses enfants quelques semaines quand on sait qu'on est fragiles) .Cette dame a besoin de se reconstruire.

Je peux rire, être choquée ou désapprouver totalement une émission de télévision. Mais là, je trouve ça dangereux. D'abord parce que, cette dame a besoin d'être aidée, et que vous ne l'aidez pas, vous l'enfoncez, mais qu'en plus, les femmes, qui sont dans le même état qu'elles devant leur télévision le samedi après midi vont s'enfermer encore un peu plus dans leur culpabilité d'être une mauvaise mère...

Alors les filles moi je vais vous dire: 

  • Super Nanny n'a rien d'une super nanny. Elle n'est pas bienveillante et n'a aucune psychologie: boycottez cette émission, qu'elle disparaisse une fois pour toute de nos écrans.

  • Si vous allez mal, que vous n'y arrivez plus avec vos mômes, que vous êtes épuisées, dépassées: trouvez quelqu'un à qui filer le relais. Dans n'importe quel boulot on vous dira de passer le relais, de vous faire épauler quand vous n'y arrivez pas. Le boulot de parents c'est pareil. On va chercher, les nounous, les mamys, les papys, les tatas, les pros pour aller boire des coups avec les copines et partir en week-end avec chéri. Il n'y a que comme ça qu'on tient, crois moi.

  • Bannissez les termes de "mauvaise mère", "mère indigne", "c'est pas ça être une mère"... Perso ça fait 7 ans que je suis mère, et je ne sais toujours pas ce que ça  veut dire. Pourtant moi, j'ai chopé le gros lot: une enfant qui dort, qui mange, qui rit, qui joue toute seule et qui est sage. 

  • Oui, parce que c'est ça aussi, qu'il faut se mettre dans la tête: on n'est pas tous égaux devant la parentalité. Oui, parce ce que je parle bien de PARENTALITÉ et pas de maternité. 
1) Donc on n'est pas égaux. Il y a ceux qui savent faire, qui sont passionnés par ça, qui pourrait passer leur éternité à faire de la pâte à modeler et de l'origami en chantant "libéré, délivré" en attendant que la tarte au potiron, faite maison, cuise dans le four (et là tu me hais parce que déjà tu chantes "libéré délivréééééé..." pour les trois jours à venir)

Mais on n'est pas toute Marie Hingles. 

Moi je suis plutôt Bridget Jone, le genre à proposer la vodka les jours de sorties scolaires et à laisser ma fille à l'étude alors que je suis au chômage. Est-ce que ça fait de moi, une mauvaise mère pour autant? Ma fille me dit que je suis la meilleure maman du monde donc ça doit aller. Mais vous savez pourquoi? Parce que je connais mes limites. Je sais que j'ai besoin de liberté, de distance avec ma fille, de temps privilégiés et de rituels. Ma fille c'est le centre de ma vie mais ce n'est pas toute ma vie. Et je vais vous dire: tant mieux pour elle, parce que le jour où elle quittera la maison, elle ne me sera redevable de rien, elle saura que j'ai une vie, à coté, et qu'elle est libre d'en faire autant.

2) Et puis on n'a pas les mêmes enfants. Je connais des enfants bruyants, turbulants, têtus, angoissés, violents.... Mais ce n'est pas de votre fait. Les enfants ont leur caractère propre qui se construit un peu selon leur histoire, un peu en réaction à ce qu'ils vivent, un peu parce que c'est dans leur nature.... Et je met au défis quiconque d'être posé et avoir la réaction parfaite en ayant trois heures de sommeil dans les pâtes et avec un gamin qui fait des caprices à tout bout de champs. 
  • Prenez confiance en vous. Des bêtises, on en fait tous. Etre parent, ça s'apprend pas, et surtout le binôme parent/enfant sera différent à chaque binôme (voilà pourquoi je demande à ma fille de demander le Mcdo à son père... ). Et puis, vous pouvez toujours demander de l'aide à l'aide social à l'enfance qui sont de VRAIS professionnels sans caméras et qui vous accompagneront dans vos moments de doutes (les maisons vertes, le planning familial, votre pédiatre sont là aussi). Ne restez pas seuls avec vos doutes et déculpabilisez....
Et n'oubliez jamais cette phrase:

Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve.

Boris Cyrulnik


lundi 14 novembre 2016

14 novembre

Hier soir j'ai regardé Bridget Jones. 

Ce week-end, j'ai fait le week end à mille, les devoirs, et j'ai évité de pensé que 365 jours étaient passés.

J'ai évité les infos. Parfois, quand je tombais dessus, mes yeux, à nouveau se scotchaient à l'écran... Alors, on a fait les devoirs, la cuisine, on s'est disputés, puis on s'est embrassés,  on a lu, ....

J'avoue que j'étais mal à l'aise. Je suis de celles, comme beaucoup d'entre vous, d'entre nous, qui ont appris l'horreur de chez nous. Je revois ce tweet.... "Hey, ça tire vers chez moi... de partout... ça s'arrête pas... J'ai peur...". Puis un autre, puis un autre.

République. Mon frère y fait souvent la fête. Et puis  on énumère les copains sur Paris...La peur.

Ma mère m'appelle. Elle n'arrive pas à joindre mon frère... Une heure plus tard, elle me rappelle. Il devait aller boire un coup à la belle équipe, mais s'est ravisé. Trop fatigué. Ses potes auront eu autant de chance: à neuf heure, devant le monde à la terrasse et les envies de fumer, ils ont décidé, pour une fois d'aller boire un verre ailleurs. La clope sauve des vies parfois...

Puis il y a eu les jours, les mois... Et nous entamons les années. Parfois on est heureux de ne pas être touchés. Bénis des Dieux. On lit, et on regarde le malheur des autres comme pour se dire "ouf, on y était pas". Puis on se ravise, on s'en veut de cette pensée, d'être passés à coté, de l'avoir loupé de peu. 

Je ne peux plus regarder, lire tout ça. J'ai l'impression de regarder ce que je ne suis pas. Je ne veux pas me promener dans les rues de Paris, en guettant les impers trop amples, les poubelles trop pleines, les voitures mal garées. Je ne veux pas faire semblant de m'identifier non plus. Je ne suis pas eux. Je n'étais pas au Bataclan, je n'étais pas en terrasse, je n'étais pas au stade de France.

Je ne suis plus Charlie, je ne suis plus Bruxelles, je ne suis pas une victime. Parce que je ne veux pas avoir peur que ça m'arrive. Parce que je ne veux pas attendre que ça arrive à nouveau. C'est arrivé et je ne peux rien y faire. Mais je peux, faire en sorte, nous pouvons faire en sorte que cela n'arrive plus. 

Oui c'est un rêve, pieux, utopiste.

Quand j'étais jeune, on me "traitait" souvent d'utopiste. Je répondais avec aplomb, que Victor Hugo était traité des mêmes mots. Parce qu'il croyait qu'un jour, en France, les enfants ne seraient plus condamner au travail. Alors moi, je veux croire qu'un jour le monde sera paix et amour. 

Mais aujourd'hui en regardant, ces hommes, ces femmes, touchés, par la mort d'un proche, par une balle encore logée, par une nuit d'horreur, je veux leur laisser leur malheur, leur tristesse, leur reconstruction... 

Il faut leur laisser maintenant tout ça. C'est à eux, pas à nous. 

Qu'on en parle comme du moment où on a compris qu'il fallait se révéler, se relever, qu'on devait ouvrir les yeux sur ce que nous avons fait de notre état laïque, de l'immigration, des cités, ... Comment nous sommes aussi responsables de ces sentiments d'abandon et de recherches d'identités. Et comment, les fous, les DAESH, et autres extrémistes ont su récupérer nos échecs pour en faire des armes...

On doit s'en souvenir comme le moment où on a décidé de construire une nouvelle société. 

Laissons leur, leur deuil.

Et Mathou qui a toujours les bons dessins. Toujours.