Et on se rencontre???

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lundi 16 octobre 2017

Je ne parle plus.

  • 8 ans: Un homme m'emmène dans un parking et me propose de le masturber. 
  • 8 ans: Un homme me propose de le suivre
  • 9 ans: Je vais seule à la danse, un homme s'arrête dans une voiture et se masturbe devant moi.
  • 12 ans: On se promène avec ma cousine, un homme contre un mur se masturbe en rigolant. Elle est plus vielle que moi, elle lui répond "quand on en a une aussi petite et aussi moche on évite de la sortir". Depuis ce jour, j'ai compris qu'on pouvait répondre.
  • 13 ans: Un garçon de ma classe me met une main au fesse en plein cours de physique. Je lui mets une claque. Le prof ne réagit pas.
  • 15 ans: Un homme d'une cinquantaine d'année s'arrête à ma hauteur et me demande combien je prends pour une pipe. "Vu ta gueule, tu pourras pas payer..."
  • 16 ans: On rentre d'une fête de la musique avec ma copine Armelle, deux mecs nous coincent dans une cabine téléphonique, on s'en sort grâce à un coup de pied dans les couilles que ma copine à bien placé..
  • 18 ans: un homme m'attend tous les soirs devant le métro et me suit. Je m'en sors car un soir je fais semblant de prendre une rame mais ne monte pas. Il se retrouve coincé dans le métro et comprend que j'ai compris son petit jeu...
  • 21 ans: je rentre seule en métro, un homme s'installe à coté de moi, et me pose la main sur la jambe, il remonte... Je dois mon salut à un autre homme qui m'a protégé jusqu'à ma station.
  • 22 ans: Mon voisin d'en face se pose devant sa fenêtre seul et se masturbe à chaque fois que je rentre chez moi.  Je vis les volets fermés pendant des semaines et fini par déménager.
  • 25 ans: Je suis en couple avec un homme qui m'isole, me maltraite psychologiquement et fini par lever la main sur moi. C'est le moment où je pars.
  •  25 ans: Un homme me suis dans la rue en faisant des allusions sexuelles pendant plusieurs minutes. Je rentre dans un tabac et explique la situation. Le buraliste sort et le fixe, jusqu'à ce qu'il finisse par continuer sa route.
  • 25 ans: Je rentre d'un baby-sitting, un homme me suit. Je monte dans une voiture au feu, la jeune femme accepte de me ramener jusqu'à la station.

  •  27 ans: je marche sur un trottoir: une voiture passe avec trois hommes dedans. J'ai une jupe rouge longue mais fendue au dessus du genou. "Toi tu vas prendre ma grosse bite ce soir" me hurle t-il. Je lui répond que moi, je n'ai pas envie de sa bite du tout. "Tu vas la prendre quand même salope". Et il redémarre.
Voilà ici les pires situations dans lesquelles je me suis retrouvée en tant que femme. Je ne parle même pas des commentaires déplacés dans la rue, les questions déplacées pendant les entretiens d'embauches ou même les concours d'entrées pour les écoles de formations. Je ne parle pas des commentaires sur mon cul, mon poids, ma culpabilité parce que je suis trop désirable. Puis ma culpabilité parce que je suis trop grosse, donc pas assez désirable.

Je parle de moi.

Mais je ne parle pas de 99% des copines qui ont vécu au moins une fois une situation de ce type.  Je ne parle pas de mes copines qui ont vécu un viol, une tentative de viol ou un attouchement.

Tout à coup, des femmes célèbres parlent et c'est une onde de choc.

Mais vous étiez où en 89 quand les petites filles disparaissant puis été retrouvées mortes et violées? Vous étiez où quand il y a quelques années on revoyait la loi sur le harcèlement au travail et qu'un vide juridique existait? Vous étiez où quand cette belge a fait un court métrage sur le harcèlement de rue et qu'on lui a répondu "c'est de la drague lourde, on ne peut plus rien dire".

Un femme en France meurt tous les deux jours sous les coups de son mec.

En France, en moyenne, un enfant sur cinq dans une classe est ou sera touché par une agression sexuelle avant ses 12 ans.

 On ne cesse de le dire. On ne cesse de l'écrire. On ne cesse de le crier. 

Alors maintenant que Angelina Jolie et Emma Decaunes hurlent avec nous, expliquent à leur tour qu'elles sont victimes d'un mec pleins de pouvoir à Hollywood, soudainement on se dit "ah oui. Merde ça existe... Ce n'est pas que les arabes. Ce n'est pas que les gens sans éducation. On n'est pas si protégée que ça. Ce ne sont pas des faits isolés". 

Maintenant que les filles racontent ce qu'elle ont assimilé comme quelque chose de normale, de passage obligé, sous le titre #dénoncetonporc, il y a une espèce de prise de conscience forcée...

Depuis qu'elle a 3 ans, j'ai expliqué à ma fille que personne n'a le droit de la toucher, de l'embrasser ou de l'obliger à faire quelque chose qu'elle ne ne désire pas. Elle se doit de m'en parler. Elle doit crier et chercher de l'aide, très vite. Et chaque année j'avance dans mes explications, et je lui fait répéter ce qu'elle doit faire si ça lui arrive.

Vous trouvez ça normal?

Vous trouvez normal qu'un des rôle d'une mère de petite fille est de la prévenir des risques qu'elle encourt juste parce que c'est une fille?

Oui je sais on prévient aussi les garçons. Mais avouez que vous avez moins peur pour vos fils que pour vos filles. Parce que vous êtes des femmes. Et que vous savez ce que c'est qu’être une femme dans cette société.

Mais je ne peux m'empêchez en ce moment d’être en colère. Parce que j'ai parlé. Parce qu'on a parlé. Qu'au mieux on a classé nos affaires sans suite ("il n'y a pas eu viol"), au pire, on nous a dit qu'on l'avait bien chercher. Je me souviens à 9 ans quand la troisième agression a eu lieu, on m'a dit "tu les attires c'est pas possible".

9 ans.

De ce jour, j'ai décidé de ne plus parler. J'ai appris le verbe pour replacer les mecs à leur place. J'ai appris à rentrer dans les magasins, à demander aux hommes présents de me protéger,  à frapper quand je suis seule et sans défense. J'ai appris à fuir, à alerter, mais je ne parle plus parce que vous, la société, vous n'avez jamais entendu.

Je ne parle plus parce que c'est devenu un passage obligé, que comme mes copines j'ai fini par trouver ça normal.

Et j'avoue, qu'une de mes plus grande crainte est le jour où ça arrivera à ma fille. Parce que je ne me fais pas d'illusion. Malheureusement, elle a toute les chance pour que ça lui arrive.




dimanche 1 octobre 2017

De l'image des femmes à la télé

Depuis quelques jours, quelques semaines les "buzz" explosent quand à l'attitude des hommes vis à vis des femmes sur les plateaux télé. Ardisson, Baffie, Nolwenn Leroy, Ruquier, Angot... On ne s'en sort plus...

Il s'en suit des hurlements, des "ça ne se fait pas", puis des explications "ça ne m'a pas gêné", puis des rediffusions, des explications d'associations de féministes,  parfois des pleurs et des cris à même le plateau, des alertes CSA... Bref. A vrai dire je fatigue.

Parce que pour dire vrai, j'ai sans cesse l'impression qu'on passe à coté du débat. Je reprends (pour exemple) le geste de Laurent Baffi.

Il est assis à coté de Nolwen Leroy.
Ils plaisantent ensemble.
Il lui soulève la jupe. "Pour l'audience".
Elle rigole.
Remet sa jupe en place en disant "c'est un ami il peut se permettre".

Plus tard, elle dira qu'elle n'a pas été choqué. Thierry Ardisson justifiant le maintien de la séquence par un SMS de sa fille, que j'ai trouvé au demeurant très juste: "C'est idiot cette histoire, et puis, c'est à l'opposé du féminisme de parler à la place de la femme concernée. Justement, elle est propre maitre de son corps, et si elle avait voulu montrer ses seins, super ! Si elle avait voulu attaquer Laurent Baffie, super aussi ! En l'occurrence, elle n'en a rien à foutre. C'est tellement une non polémique pour les gens qui n'en n'ont rien à faire. La cause des femmes intéresse tellement Roselyne Bachelot et compagnie... qu'ils feraient mieux d'attirer l'attention sur cette horrible affaire, mise en lumière par Mediapart. Un homme de 28 ans qui a violé une fillette de 11 ans et parce qu'elle ne s'est pas défendue, c'est traité au tribunal comme "atteinte sexuelle" plutôt que viol. On n'en parle pas du tout."

Bref.  On pourra se dire "tout le monde est ok. On passe à autre chose".

Pourtant on oublie un truc méga important. 

Moi, perso, il peut lui toucher la culotte s'il veut, et surtout SI ELLE VEUT, moi c'est leurs affaires j'en ai rien à battre, je m'en tamponne le coquillart, la coquillette, et tout le paquet non bio-dégradable. Mais la télévision n'est pas n'importe quel média, il est surtout celui de l'image...

Hors j'ai la faiblesse de penser, que, c'est le média de l'exemplarité par excellence. Un peu comme les prof en classe, la télé, reine de nos salons, est là aussi pour nous dire ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Et lever la jupe de Nolwen dans son salon devant des complices hilares, n'a pas le même impact que devant des milliers de spectateurs qu'on ne connait pas.

C'est un peu comme les blagues racistes. Il y a des blagues, par exemple, en particulier des blagues sur les mères juives, qui sont très limites. Mais elles me font rire car elles sont caricaturales. Je peux les raconter à mes proches, parce qu'ils me connaissent et que je sais comment ils vont la recevoir, mais jamais, par exemple je ne les raconterai au boulot. 

L'attitude de Baffie, c'est la même. Bien sur entre eux, c'est une blague. Bien sur je comprend que ça puisse les faire rire "entre eux". Mais ils ne sont pas "entre eux". Il y a des milliers de gens qui les regarde, y compris des gens qui ne comprennent pas ce "entre eux" et qui peuvent se dire "Ah oui? Bah en fait ça se fait.... Demain dans le métro je vais faire rire la rame". Le problème, c'est que, même si ce n'est pas volontaire... ça sert de justification à quelques centaines d'hommes qui tous les jours font ça dans les lieux publiques. 

Imaginons. Un prof et une prof font un cours commun. Ils sont assis devant une classe de seconde et anime un débat. Soudainement le prof, soulève un peu la jupe de la prof en lui disant "ils n'écoutent plus là, donne de ta personne pour qu'ils soient plus concentrés." Branle bas de combat, inspection etc... Et là, la prof répondrait "mais c'est un pote, c'est une blague, je ne suis pas choqué..."

Evidemment, on serait tous choqués, nous. Alors pourquoi soudainement, quand le prof et la prof c'est Laurent Baffi et Nolwen Leroy, on se dit "oh, bah, si elle elle n'est pas choquée c'est pas grave..." alors que les mêmes élèves sont devant la télé, les parents mais aussi des hommes qui ne comprennent pas que l'accord de la femme n'est pas anecdotique.

La catharsis ne peut pas fonctionner si elle n'est pas jouée. La simple présence de l'écran ne suffit pas à en faire un spectacle, un jeu. Cette scène peut exister au théâtre, dans un téléfilm, au cinéma, mais elle ne peut pas exister dans un show. Car là elle devient modèle et non plus projection des fantasmes, des tourments et de la morale.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir été éduqué dans le respect, la sexualité et l'écoute de l'autre. Alors c'est à la télévision de montrer l'exemple. 





mercredi 16 août 2017

I don't undurstand


 Je suis désolée, mon anglais est pire que mauvais... J'ai fais une traduction "à peu prèiste"

I'm sorry, my english is worse than bad ... I did the best I could


Dear Donald, 

I could tell to myself it is not my country. I's so far away, Americans are racists, idiots, ...

 But I can't. I saw these flags, those that were believed dead, buried, reduced to a few crazy and tiny little groups ...

But no.

They were in the middle of Charlotteville. A few courageous people said "no".

And they belief themselves to be "supremacy" and killed, voluntarily, loudly.  I don't have a black or Jewish family. I'm white woman.

My husband is white man.

 My daughter is white.

We could be perfect wasp if we were not french.

 I don't have Jewish or Muslim friends. I don't think so. Anyway, I think I don't care. Because they're just my friends. Point. 

I don't feel myself superior to anyone.

Anyway, I always tried to understand. Hate borns by fear. When your parents give you an  education by fears, it 's difficult to think differently.

Saying  "we are not racist, that it is a story of words" ....
 Saying  "there were good people in this manifestations" .... 
Saying "I could be in the same side with people are  not agree with me, It does not make me a racist" ... 

I remember people who voted Marine Lepen without being racist... In this way, you tolerate stinking ideas of your neighbors.

  Racism is a system of individual and collective theories and beliefs that there are "races" in the human race and a hierarchy between them. Individuals are reduced to a set of identity criteria considered as specific and on which value judgments are made: inferior, harmful ... 

When you recognizes in white supremacy's identity  or "for the white people" as if it were a war or a baseball match ...  We still imagine that there is one that would win because it is stronger no?

I do not understand, how one can say "they are blames of both sides" when there is one dead in one side.

I do not understand how there could be wrong on both sides when one of them strikes dignities with a Nazi flag when other passes by opposing it. 

 I do not understand how they could be wrong when one both sides, rush with a car on peace people.

I just understand something: one side is lucky. One side have education. One side have been loved enough and have  chance to think by themselves and building their thoughts and their judgment.

Other side had hater education. Other side learned other's fear.

Terrorism borns here Donald.

Because, when you kill others because you're not agree with him, it's terrorism.

Terrorism is not about color's skin or religion. It's about terror. 

So sometimes we die to have been happy, to have been lucky, because others can not understand it ...

 Because others wanted to terrorize those who have everything. Put them down. Then in the ground.

 But earth is nourishes us Donald: it gives life...  I am made of these values.

My daughter has these values.

Our family has these values.

 The people in Charlotteville has these values.

 You see, we are a lot. 

So you see Donald, I'm Heather Heye. I am here. I will always be there. We will always be there. To contest, to be wrong, to be revolt. We are in this side, Donald.  In the right side.

"If you're not outraged, you're not paying attention."



Je ne comprends pas

Cher Donald,

Je pourrais me dire que ce n'est pas mon pays. Que c'est loin. Que les américains sont des racistes, idiots, ...

Mais je n'y arrive pas. Je vois ces drapeaux, ceux qu'on croyait morts, enterrés, réduit à quelques fous et minuscules groupuscules ... Et puis non. Ils sont là au milieu de Charlotteville. Quelques courageux s'élèvent pour dire "non". Et eux, ils se croient en "suprématie" et tuent, volontairement, bruyamment.

Je n'ai pas de famille noire, juive. Je suis blanche. Mon mari est blanc. Ma fille est blanche. Je n'ai même pas d'amis juifs ou musulmans. Je ne crois pas. Ou plutôt je crois que je m'en fiche. Parce que j'ai des amis. Point.

Je ne me sens supérieure à personne. Parfois je me sens inférieure mais ça c'est une autre histoire.

Toujours est-il que j'ai toujours essayé de comprendre. La haine est attisée  par la peur de l'autre. Et quand on est élevée dans la peur, on n'a même pas conscience que c'est de la peur puisque personne n'a jamais mis de mots dessus depuis des siècles. 

ALors dire qu'on n'est pas racistes, que c'est une histoire de mots.... Dire qu'il y avait des gens biens dans cette manifestation... Dire qu'on peut militer à coté de gens avec qui on n'est pas d'accord, ce n'est pas tout à fait être racistes... ça me rappelle un peu ceux qui votent extrême droite sans être racistes....

Le racisme est un système de théories et de croyances individuelles ou collectives selon lesquelles il existe des "races" dans l'espèce humaine et une hiérarchie entre elles. Les individus sont réduits à un ensemble de critères identitaires considérés comme spécifiques et sur lesquels il est porté des jugements de valeur : inférieurs, nuisibles... 

Quand on s'inscrit dans une identité de "suprématie blanche" ou que l'on se dit qu'on est "pour les blancs" comme si c'était une guerre ou un match de football.... c'est qu'on imagine quand même qu'il y en a un qui va gagner parce qu'il est plus fort non?
Voilà Donald, je ne comprend pas, comment on peut dire qu'il y a des torts des deux cotés, quand il y a un mort dans un des deux camps. 

Je ne comprends pas comment il peut y avoir des torts des deux cotés quand il y en a un qui frappe les dignités avec un drapeau nazis quand l'autre défile en s'opposant à celui-ci.

 Je ne comprends pas comment il peut y avoir des torts des deux cotés quand une voiture fonce sur des manifestant avec une voiture, ne laissant aucune chance à l'autre. 

Je comprends juste qu'il y avait d'un coté ceux qui avaient de la chance, ceux qui avaient eu une éducation, ceux qui avaient été aimé suffisamment pour qu'on leur offre la chance de penser par eux-même de construire leur pensé et leur jugement. Et puis de l'autre coté il y avait ceux élevés dans la haine, dans la peur de l'autre, dans la bêtise.  Le terrorisme se niche là Donald. Parce que foncer dans une foule parce qu'on n'est pas d'accord avec elle, c'est du terrorisme. Le terrorisme n'est pas une question de couleur de peau ou de religion. C'est une question de terreur.

Alors, des fois, on meurt d'avoir été heureux, d'avoir eu de la chance, parce que d'autres ne peuvent pas le comprendre... Parce que l'autre a voulu terroriser ceux qui ont tout. Les mettre à terre. Puis en terre. Mais de la terre est ce qui nous nourris Donald: c'est elle qui maintient la vie...

Je suis faite de ces valeurs. Ma fille est faite de ces valeurs. Notre famille est faite de ces valeurs. Les manifestants de Charlotteville, sont faits de ces valeurs. Tu vois nous sommes nombreux.

Alors tu vois Donald, je suis comme Heather Heyer, je continuerai à manifester. Je serai toujours là. Nous serons toujours là. A provoquer, à avoir tort, à nous révolter.



"If you're not outraged, you're not paying attention."





dimanche 6 août 2017

Alors on en est encore là?

Alors on en est encore là?

On en est encore à se battre pour savoir si il faut une éducation bienveillante ou pas? À jurer ses grands dieux que le lait maternel c'est de la merde et qu'on va forcer les filles qui font ça à manger leur caca pour les 123 ans à venir? À se jeter des couches pampers dans la tronche parce que les couches lavables c'est tellement mieux?

Je suis une youtubeuse un peu connue qui vient d'avoir un bébé. Elle snap tranquille, montrant le landau sous la chaleur caniculaire, un linge à moitié posé sue le landau, qui laisse passer le peu d'air frais. 2 heures plus tard, elle se justifie par un autre snap en expliquant que le linge laisse passer l'air et qu'il serait bon qu'on la lâche un peu...

Parturiente, bienvenue dans notre monde.

Eloïse a 7 ans et demi, et je pourrais raconter les mêmes anecdotes sur la demande au sein, le biberon, le youpala etc... Combien de billet de ce type ai-je écrit? Tu crois que ça va s'arranger en grandissant? Que nenni. 

Vient le trop ou pas assez d'activités, les devoirs de vacances, le rapport à l'école, aux profs, aux grands parents, les vaccins...

Parfois je regarde un parent et je me dis "je ne ferais pas comme ça". Mais je me tais. Parce que c'est déjà tellement compliqué d'être parent. On sait jamais comment faire... On sait jamais si on fait bien. 

Oh j'en connais des parents qui lisent Dolto et qui te disent "ah bah je vois que l'on fait tout bien avec nos mômes". Mais même Dolto  a milité pour le concept de Winnicott de la mère suffisamment "bonne". 

J'en ai marre de vous voir vous battre, donner des conseils qu'on ne vous a pas demandé, ne pas comprendre pourquoi on vous envoi chier quand on vous répond "je fais comme je veux avec mes enfants"

Parce que c'est vrai. On peut informer, dire comment on fait. Et puis on se doit d'écouter l'autre sans jugement. Chacun fait avec ses moyens, son histoire, ses capacités. Il se plantera et c'est son problème, il devra assumer. Et ça ce n'est pas votre problème.

Ah! Avant de partir, je vais réécrire ce que j'ai dit la première fois que j'ai écris un article sur le sujet. Le meilleur conseil qu'on m'est donné c'est celui-ci: "Ne t'en fais pas, écoute là, observe là, elle sera ta meilleure professeure". Et tu sais quoi? Des remarques j'en ai essuyé plus souvent qu'à mon tour mais pour autant, ... Ma fille me dit que je suis "la meilleure maman du monde".

Alors n'hésite pas à dire "Oui, d'accord, mais, ta gueule!" à celui qui sait tout bien faire, est pro dans l'éducation, et qui te foutrait le moral à zéro. Parce que le seul qui peut te juger, c'est celui qui est derrière le lange.

Et toi aussi tu aura droit à des dessins d'amour....


mardi 1 août 2017

Moi et le handicap

J'ai été éducatrice pendant 10 ans. J'ai travaillé auprès de tous les publics: enfants, ados, adultes, sdf, psy, PJJ...

Si j'ai beaucoup aimé la psychiatrie, là où je me suis sentie le plus à l'aise fut après des adultes en situation de handicap mental.

Je déteste ce terme.

Déjà, "en situation de", c'est prendre des pincettes bien moches pour pas dire quelque chose. Et quand on ne dit pas quelque chose, c'est qu'on en a peur... L'histoire de Voldemort tout ça tout ça.... Dumbledoor sort de mon corps.

En plus "en situation de handicap", ça veut tout et rien dire. Si tu trouves un point commun entre le sourd et le gamin qui a une trisomie 21 tu m'appelles. Même les accompagnants et les accompagnements ne sont pas les mêmes. C'est comme dire "il est en situation de maladie". Tu vois? Bah, il peut avoir la grippe comme le sida. 

Pour finir, je n'utilise pas le verbe "être" mais le verbe "avoir". Quand j'ai la grippe, je dis "j'ai la grippe". Parce que avoir la grippe ne change pas mon identité. C'est juste un état. Bah le handicap c'est pareil. En utilisant le verbe "avoir", ça évite de penser que parce que tu "es trisomique" , tu es plus porté sur la chose, têtu, gentil ou câlin (oui, ce sont des écueils que j’entends plus souvent qu'à mon tour).

Alors pourquoi ce titre provocateur tu me diras....

Évidemment que non, je n'ai pas de handicap. Quoi que...

Mais depuis quelques temps, je me suis demandé pourquoi cette cause me tenait tant à cœur. A part un cousin de mon père que je ne connais pas, il n'y a pas de personnes qui ont un handicap dans ma famille. Je n'en n'ai pas dans mon entourage non plus.

Pourtant quand j'ai commencé à travailler dans un foyer occupationnel en 2008, je me suis sentie à ma place. Très vite, les injustices m'ont paru insupportables, je me suis opposée, jusqu'à l'épuisement, à mon équipe car je les ai trouvé en retard sur la prise en charge. Je les ai même emmené au cinéma voir des films canadiens sur le sujet....

Pourquoi, alors que j'avais travaillé dans plein d'autres domaine, soudainement, ce combat là me paraissait presque vital?

Parce que je suis des leurs. Parce que j'ai un fonctionnement à part moi aussi, je ne rentre pas dans le moule et je ne sais pas faire, je ne peux pas faire comme tout le monde. Je ne peux même pas dire ce qui ne fonctionne pas mais je dérange, énerve, et suis bien souvent exclue parce que différente. Je suis sure que beaucoup d'entre vous ont aussi ce sentiment. 

Au delà de la compassion, je me sens des leurs. Dans cette injustice, ces regard, ces différences de traitement malgré ce qu'on dit. Nous somme tous bardés de bons sentiments puis... on est lâches, on sourit bêtement, on lâche des mots, on traite différemment... Et on s'arrange avec nos consciences...

Et puis il me reste mon projet. Je vais rétrograder en statut social pour changer le monde, la société et le regard du monde sur le handicap. Je vais devoir expliquer aux responsables que, ici, les enfants ont le droit au même traitement et à la même éducation. Car c'est ainsi que les petits traiteront leurs camarades comme tout le monde. Et on ne perd pas les bonnes habitudes en grandissant.

Je suis dans un début de combat avec de vrais projet, petits et grands, parce que je veux changer les choses. Alors si vous voulez m'aider restez brancher à mon blog. Bientôt, je vais avoir besoin de votre aide....



vendredi 28 juillet 2017

Mes (re)sources



Revenir là
Se faire dorloter
Humer l'air de la montagne
Lui présenter ses cousines
Lire
Sentir l'odeur du cahier de vacances
Trainer à la piscine, au parc, à la balnéo

Se faire des câlins
Regarder l'amour est dans le pré
Eteindre la télévision
Entamer un régime puis manger de la pissaladière
Revoir mes oncles
Penser à ma tante, sans oser aller la voir
Se trouver lâche.

Tomber en amour devant une petite fille
Aider à écrire une lettre de motivation
Rire
Boire
Dormir

Parler avec la dame du coin de la rue
Dire bonjour aux touristes
Etre une touriste dans un lieu que tu connais par coeur
Aller sur sa tombe
Lui parler
La faire rire parce que je lui dis "Allez! Salut pépé..."

Oublier qu'on n'a pas de sous
Oublier que je n'ai pas de boulot
Juste vivre au jour le jour
Minute par minute
seconde par seconde

Vivre l'instant présent avec les gens que j'aime.