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lundi 28 novembre 2011

Dans la peau de ma mère

Il y a peu de temps sur hellocoton, il y a eu un tag sur « c'est quoi être mère ». Je n'ai pas pue y répondre...

Je ne savais pas quoi répondre en fait. Ma fille c'était ma fille pas de doute. Je l'aime, je tiens à elle pour sur, mais est-ce que ça faisais ça de moi une mère? Je culpabilisais de ne pas ressentir « ce truc » qui fait que tu dis « je suis une mère ». L'équation était simple: je l'avais désirée + je l'ai attendu dans mon ventre+ je l'aimais= elle était ma fille.

« Mais enfin Mowgouaille, il y a des mères qui n'ont pas désiré leurs enfants

- Tais-toi la petite voix
-  … Et puis ceux qui adopte hein???? ….
-  Je te dis de te taire la petite voix
-  Et puis puisque tu en parles... Pourquoi tu dis qu'elle est ta fille et pas que t'es sa mère???
-  MAIS TA GUEULE!!!!

Bref. Pendant que je virais schizo, je culpabilisais aussi de ne pas sentir ce truc... Mais bon... on rigolaist bien avec ma fille, elle grandissait bien. C'est peut-être juste que je n'avais pas cet « instinct maternelle »....

Et puis Éloïse a eu la gastro. Le médecin a tranché « là vous l'emmenez aux urgence vous ne tardez pas trop... ». Ma fille sur mes genoux je l'ai serrée, tellement fort que j'aurais pu la tuer. J'ai d'abord penser en premier lieu « mais comment ça va être possible elle toute seule dans ce grand hôpital? ». Et j'ai pleuré.

Arrivé dans le service de pédiatrie, quand ils ont demandé « qui reste? », j'ai hurlé « moi! » sans consulter chéri. 

Je me suis excusée après mais je ne pouvais pas la laisser. Et sur mon lit de camp, toute la nuit je l'ai veillé. J'ai attendu les analyses de sang, j'ai demandé au medecin de me dire en détail pourquoi, comment, de m'expliquer, j'ai attendu les infirmières pour leur expliquer « pas dans cette main là, c'est là qu'elle suce son pouce », « on met pas d'atèle, elle va l'enlever », je me suis levé au moindre raclement gorge et autre pleurs. Je ne devais plus le faire parce que j'étais sa mère, je le faisais parce que j'était sa mère. Parce que j'étais mère, sa mère, la mère d'Eloïse.

Et là en vous écrivant je viens de comprendre quelque chose qui finalement était peut être le nœud du problème. En effet au lieu d'écrire «  Je ne devais plus le faire parce que j'étais sa mère, je le faisais parce que j'étais sa mère », j'ai écris (véridique) « Je ne devais plus le faire parce que j'étais sa mère, je le faisais parce que c'était ma mère »

Voilà. Ma mère, cette éternelle angoissée qui m'a bouffé la vie parce qu'elle avait peur de tout tout le temps, je me refusais à m'angoisser pour quoi que ce soit. Seulement ma mère avait, pour moi, posé cette image là: la mère c'est celle qui s'angoisse pour ses enfants. Du coup à la fois je ne voulais pas faire ressentir ce poids à ma fille qui me pèse encore aujourd'hui et en même temps je ne pouvais pas être une mère puisque c'est la seule définition que j'avais....

Sauf que. Sauf que ce n'est pas la mère qui s'angoisse, c'est la maman. C'est elle qui veille, qui ne se fait pas un devoir d'écouter son enfant malade respirer mais qui le fait parce que c'est physique, c'est elle qui capte le regard angoissée de sa petite fille devant la piqure, c'est elle qui comprend que quand elle tend le pouce au docteur c'est parce que malgré sa gastro terrifiante, elle tout ce qu'elle veut qu'on soigne c'est son petit doigt écorché qu'elle ne peut plus sucer. La maman, c'est celle qui écoute, qui console et qui cajole, qui s'angoisse au bon moment et qui laisse vivre à d'autre, qui cache ses insomnies pour laisser son enfant grandir, et qui même si elle en vomi ses tripes, elle continue à dire à son enfant, « Tu peux aller seul à l'école tu as besoin de grandir, alors je vais t'apprendre à te protéger des dangers extérieur ».

Et aujourd'hui, je suis la maman d'Éloïse...