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mardi 10 janvier 2012

Délicatesse and...

Hier, j'ai lu ce billet sur le blog de la fille aux cheveux de lin. Je voulais lui répondre directement mais ma réponse était trop longue.

Et puis j'ai repensé à moi. A cette période quand j'étais de ce coté de la barrière, le coté où je ne voyais pas venir le jour où j'aurais un enfant. Puis à la période où j'ai découvert ma grossesse, et où il a fallu annoncer à mes copines de galère que j'étais dans l'autre camp.

Ça peut paraitre curieux de parler de camp, mais moi c'est comme ça que je l'ai vécu. 

Quand j'ai compris qu'il serait difficile pour moi d'avoir un enfant, j'avais 28 ans. L'âge moyen où les femmes en France ont leur premier enfant, et mes copines font partie de la moyenne.


Comment vous expliquer le nœud dans le ventre vide qui vous prend, le sourire que vous vous forcer à rendre, et vous entendre dire "c'est génial!" tout en pensant " toujours pas moi...".

Et puis un jour ce fut mon tour. Ce ne fut pas un jour aussi joyeux que je l'avais imaginé mais peu importe, j'étais enceinte. Et j'ai penser à elles. Elles avec qui on partageait nos galères, elles avec qui on ne parlait pas enfants, parce qu'on savait que le moindre mot faisait mal. 

Je les entendais déjà me dire "Je suis tellement contente pour toi", mais je savais déjà, je décelais bien avant, la lueur de douleur dans leurs regards. Le "pourquoi elle, et pourquoi pas moi?".

J'ai pris des gants pour leur annoncer. J'ai vu la petite lueur dans leurs yeux et j'ai eu mal. J'ai passé ma grossesse à être délicate avec ce ventre qui s'arrondissait de bonheur, j'ai porté des vêtements amples quand je les voyais, j'ai compris, parfois leur éloignement. Et j'ai partagé mon bonheur avec celles qui pouvaient le comprendre, celles qui pouvaient m'accompagner.
Ça s'appelle de la délicatesse. Je ne crois pas qu'il y ait besoin de passer par les difficultés de l'enfantement pour le comprendre. Dire de celle qui attend un enfant dans son cœur et non dans son ventre qu'elle est jalouse, c'est juste idiot et insupportable. 

Voilà. Je voulais dire à La fille aux cheveux de lin, de ne pas perdre espoir et que je comprend son cheminement même si moi je suis passé de l'autre coté de la barrière, et que parfois, même si on a l'impression de partager beaucoup avec certains, on ne reconnait la vraie valeur des gens dans les moments difficiles...

Ghana la déésse de la fertilité... Comme quoi ce thème est vieux comme Hérode