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vendredi 13 janvier 2012

se souvenirs des belles choses... et vivre aves les autres

Aujourd'hui, j'ai discuté avec une maman.
La maman de 3 enfants. 
Je la connais peu, si ce n'est que par l'intermédiaire de ma page. 
Nous avons peu partagé, peu discuté de clavier à clavier.

Et là au détour d'un post, j'apprends que suite à son dernier accouchement qui s'est mal passé, elle développe des troubles qui pourraient être lié à une sorte de dépression.

Évidement, son post m'a touché.

Mais pas seulement par sa justesse. Il m'a touché parce que j'ai vécu cela.

Enceinte, j'ai attendu cet instant. Je l'imaginais comme le jour le plus beau de ma vie, j'attendais l'instant où on me poserais ma fille sur moi, où je lui donnerais le sein, où sa peau contre la mienne, je vivrais le bonheur absolue.

Ce à quoi, nous ne sommes pas préparée, c'est qu'un accouchement ne se passe pas toujours bien.
Mon accouchement à été déclenché. J'ai attendu deux jours avant que le travail ne commence. Et puis un soir à 18 heures, première contraction. Direction, la salle de préparation.

Tout s'enchaine très vite: péridurale, attente, le bébé descends. Sauf que le bébé en question supporte mal le déclenchement. Et le coeur ralentit. 

On appelle l'interne. Puis le médecin de garde. Il y a de plus en plus de monde qui vient regarder ce monitoring qui ralentit aussi vite que la croissance de l'économie française.

Au bout de 3 heures, la sage-femme m'informe "on va y aller, mais va falloir pousser vite. Très vite."

Je donne tous ce que j'ai mais ça ne suffit pas.
J'en peux plus. Tout le monde hurle me dit de ne pas m'arrêter mais je n'en peux plus.
Je m'arrête. Je pense "un enfant mort plutôt que handicapée".
Mais la sage-femme (et je lui dois tout) me calme et me demande de hurler en poussant. Si là elle ne sort pas ce sera les forceps. J'applique à la lettre ses consignes.
Éloïse sort d'un coup. Il la pose sur moi. Elle pour un cri toussant et tombe dans les vaps.

Je lui hurle "Respire!" mais déjà le cordon et coupé et on l'emmène.
J'attends. Le temps est long. La sage-femme et l'interne se succèdent pour me dire :
"vous aurez fait votre possible. Nous aussi". Je comprends. 
Mais Éloïse est une guerrière. Je le sais. Je sais par quoi elle est passer pour tenir dans mon ventre. Je sais que ma fille se bat, va vivre. Je refuse de penser autrement.
Mais ma fille ne revient pas malgré les 3 minutes qui passent. Je regarde l'horloge. Je sais que tout est limité à 5. Il reste 2 minutes pour qu'elle revienne. L'angoisse apparait. Je demande brusquement à l'interne:

"Dites moi les choses franchement, on en est où là? Où est ma fille?"

Ma fille me répond par un hurlement.

"Vous entendez, me répond l'interne, c'est votre fille"
- Vous êtes sure?
Elle sourit, sort.
Une minute plus tard, ma fille est dans mes bras, amené par son père, elle tire la langue, ouvre et ferme ses yeux en amandes. 

On me prévient, on l'emmène en néonath, je la verrais demain.

Aujourd'hui tout va bien. Mais les mois qui ont suivis ont été difficile.s J'angoissais à 23h tous les soirs (heure de la naissance d'Eloïse), j'en faisais des cauchemars et j'étais en colère contre toutes mes copines qui accouchaient et qui avaient des accouchements avec des bébés sur le ventre...

Et puis un jour, j'écris un post là-dessus. Je parle d'une copine qui a accouché, je raconte ma jalousie, les bons souvenirs qu'elle aura et c eux que je n'aurais pas.
Mais elle lit ce passage. Et elle vient m'en parler.
"Tu sais Mowgouaille, mon accouchement ne s'est pas si bien passer que ça... j'en parle pas mais pour moi non plus ce n'est pas un bon souvenirs".

Et je n'étais plus seule.

Il y en avait donc d'autres, ici où là qui vivaient des accouchements difficiles.
Il fallait que je leur parle, il fallait que je comprenne, que je trouve des solutions.
J'ai créer, un vrai blog, une page facebook et j'en ai parlé.
Et le fait de partager m'a aidé à faire ce deuil. Le deuil d'un bébé tout rose, d'une tétée à la sortie de mon ventre, d'un premier moment qui n'aurait pas été chronométré.

Et puis j'ai réfléchi. Il y a eu des beaux moments aussi. D'abord je n'ai pas souffert, ça a été rapide et l'angoisse même forte n'a duré finalement que quelques minutes.

Et puis il y a eu ce moment où je lui ai chanté "Cécile ma fille" et où nous avons partagé notre premier regard. Ce premier regard où elle semblait me dire "C'est toi qui me chantait des chansons dans le ventre?". Ce doux souvenirs que tant d'autres mamans n'avaient pas. ce souvenir unique, ce premier lien entre elle et moi, indestructible, intime, merveilleux.

Voilà. Je m'étais créer un souvenir de la naissance de ma fille. Alors il n'était pas exactement celui que j'avais imaginé mais il en était plus beau, et plus riche que tous les peau à peau que j'aurais pu espéré.

Voilà. Je voulais dire à cette maman, et à celles qui regrettent ces premiers instants, qui ont l'impression d'avoir été volée, dépossédée, qu'il y a pleins d'autres moments dans la vie d'un enfant que l'on peut garder pour soi. Pleins de premières fois qui ont autant de valeurs que ce premier peau à peau. 

Je compare toujours notre histoire à cela: Imaginez, vous attendez des amis pour manger. Sur le chemin ils ont un grave accident de voiture. Mais ils sont indemnes. Ils arrivent par miracle chez vous. Que faites vous?

Moi, je trinque à la vie. Aujourd'hui Éloïse va merveilleusement bien. On a loupé ce début de vie, ces premiers instants, mais on a tout le reste à construire. Et c'est ça le plus important. 

Alors je trinque à la vie...