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vendredi 10 février 2012

Mowgouaille, pigeon de combat

Il y a quelques temps, j'avais écrit une lettre au ministre de la santé que j'avais publié sur ce blog. J'avais fait part de mon indignation: malgré les obligations de la loi 2002-2, nous n'avions aucun moyen pour informer et protéger la population atteinte de déficience intellectuelle sur la vie sexuelle.

J'avais reçu pour toute réponse du ministère, cette réponse lapidaire "Nous en faisons part aux autorités compétentes...". Devais-je en conclure que le ministère de la santé était une autorité incompétente???

Mais vous me connaissez! Je n'abandonne pas facilement. Ministère ou pas, je voulais cette information, cette formation, elle était nécessaire pour eux et je me battrais pour obtenir cette réunion, pour répondre à leur questions.

J'ai trouvé une équipe au planning familiale, prête à se lancer dans l'aventure. Avec mon équipe, on s'est battu auprès de la direction, un peu réticente: "Et que vont en dire les familles? Vous ne pensez pas qu'on se lance dans un sujet tabou et qu'on ne mesure pas les répercussions d'une telle action?". Mais nous avons eu gain de cause. Quelques concessions de notre coté, une grande communication auprès des parents, une conviction acharnée auprès de notre direction et le projet était lancé.

Le mercredi 1er février, pendant près de deux heures, 10 de nos accueillies ont parlé librement d'amour, de sexualité, de désir, avec des travailleuses du planning familiale.

Et puis le bruit a couru dans les autres institutions:"Quoi? Là, ils ont osé parlé de vie affective? De sexualité? Mais pourquoi pas nous?". 

Et je viens d'apprendre que deux autres structures vont aborder la sexualité avec la PMI de leur secteur...

Mardi, en réunion, j'étais fière. Fière de m'être battu pour eux et que mon projet dépasse mes espérances en sortant des murs de mon établissement et que d'autres en profitent.


Génial hein?

Bah, je pensais. 

Sauf qu'avec les nouvelles réformes de "réduction budgétaires", dans mon établissement, un de nos salarié va probablement être déplacé sur une autre structure. N'importe laquelle, du moment qu'il soit en sous effectif. Probablement moi: pas de permis, atelier volant...

Oui, parce que 6 éducs, 1 secrétaire, 1 chef, c'est trop de personnel pour 24 adultes déficients intellectuels avec troubles du comportements associés.
C'est vrai, on n'a pas de cas très lourds, mais 6 éducs pour encadrer 24 jeunes, les faire évoluer, avancer, progresser, chacun avec son choix de vie, avec son histoire et ses envies, ce n'est pas exactement un sous effectifs. Dans mon établissement être 6 éducateurs ça permet de:
- Créer un journal
- Faire de la bonne cuisine pour 21 personnes tous les jours
- Entretenir du linge
- Entretenir une battisse qui a plus de 50 ans
- Entretenir un potager
- Apprendre à écrire, à communiquer, à lire, à vivre avec des règles etc...

Ce dont je vous parle là, c'est bien ce que font les personnes accueillies et non pas les éducateurs.

Voilà, notre équipe à innové, inventé, ouvert (défoncé????) des portes bien closes, fait avancer 24 résidents dans le respects de leurs demandes et de leurs envie. Mais on compte ma bonne dame! "ça coute cher ma bonne dame!". Oui!!! Ce sont nos impôts qui payent tout ça vous vous rendez compte???

Et oui... au nom de l'argent encore une fois, on va foutre en l'air, une organisation une confiance construite avec les personnes accueillies, avec leur famille, des projets porteurs innovants et dans l'esprit de cette belle loi de 2002-2.


Paradoxale ou complétement  crétin?

Je dirais ni l'un, ni l'autre. Je pense juste qu'on se fout de notre gueule et qu'on nous prend pour des cons. Et le problèmes c'est que qui trinque en premier? Les plus faibles.