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jeudi 26 avril 2012

Donner son nom

En mémoire de shoeaddict... Soyons solidaire la blogo, montrons notre soutien à la famille par ce petit ruban...

Difficile de faire une transition après un tel sujet hein... Mais la blogo, c'est comme la vie, faut continuer à avancer et à parler de la vie! Une grosse pensée à sa famille et à ses amies...

Reprenons donc avec délicatesse et maladroiture notre sujet d'aujourd'hui.

Quand Éloïse est née, Nous vivions dans le péché. Nous y sommes toujours, mais vu mes racines, je pense que de toute façon c'était mort pour moi si je voulais rentrer dans les camps des extrêmes...

Donc, comme nous avions voulu garder chacun notre nom, il a fallu bien réfléchir à ce qu'on allait lui donner comme prénom ET comme nom. Pas de bol, en plus, nos deux noms avaient des consonances pas très jolies. 

Comme les choses étaient compliquées avec chéri et que je ne savais pas trop si il allait rester ou nom, j'avais choisi, de donner à ma fille le nom de son papa. Du coup, je l'ai obligé à aller faire une pré-reconnaissance à la mairie afin d'être sure qu'elle porte bien son nom.

Mais quand la perfection incarnée est née, et surtout quand elle a commencé à dire:
-"Je m'appelle Eloïse Chameau, Papa il s'appelle Papa Chameau et Mamam, elle s'appelle maman Bonnet"

J'ai commencé vaguement à me sentir exclue de ma propre famille. 

Bien sur quand j'ai exposé le problème à chéri, il m'a dit que dans quelques années on se marierait, que tout serait réglé...

Tout? Pas sur....

Mon nom, qu'on le veuille ou nom, est témoin d'une histoire: il raconte mes ancêtres vendéens, mon arrière grand-père greffier au grand cœur, mon grand-père résistant de la première heure, mon père et son histoire si particulière, ...

Je suis descendante de cette famille, et ne plus porté le nom de mes racines italiennes, de ce déracinement brusque de mon grand-père, de ces histoires plus douloureuses, me peine parfois. Cette sensation d'appartenir, plus a une famille qu'à l'autre, d'en porter son héritage est parfois troublant.

Parfois, je me sens comme Marie-Antoinette dans le film de Sophia Coppola. L'instant où on lui retire tout puisqu'elle doit épouser le roi et donc la France. Elle doit alors tout renier, pour renaître française...


Je sais que j'aurais d'autres choses à lui retransmettre mais ce choix, que je ne regrette pas par ailleurs, me laisse songeuse.

Peut-être qu'un jour on arrivera a trouver une autre solution pour que les deux histoires soient gardée. Je sais qu'au Japon par exemple, les noms sont recréé à partir des prénoms du père et du grand père, assurant une mémoire des générations sur au moins deux générations... Mais c'est encore une histoire d'homme...

Le problème c'est que cette histoire de nom, est aussi une histoire de culture française. Une histoire qu'il faut aussi garder en mémoire parce qu'elle est la garantie d'une paix et d'un ordre...

Ma fille porte le nom d'une famille dont je connais peu l'histoire. Elle reste aujourd'hui l'unique garante de cette histoire familiale. Chez moi, c'est mon neveu qui est le nouveau dépositaire de cette charge.

Et j'avoue que j'ai un léger pincement au cœur en me disant ça...