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samedi 14 avril 2012

femmes de mère en fille

Ce matin, la crevette se lève tout sourire. Elle vient de trouver une brosse à cheveux dans la chambre et se brosse les cheveux comme une princesse face à son miroir. Je lui propose des élastiques mais elle préfère son serre-tête rose à cœur. 

Une fois bien posé sur sa tête, elle court dans ma chambre où chéri joue au koala affalé sur son bambou en hurlant 
"papa regarde comme l'est belle!" (Oui ma fille n'a pas eu l'option besherelle dans ses gênes à la naissance)
Son père lève un œil façon cartoon et tente de prendre sa voix actor studio pour déclamer à sa fille toute son admiration devant tant de beauté et d'élégance...

Quelques heures plus tard me voilà à la sortie de la piscine avec le groupe des filles. Elle se pouponne, se maquille, se sèche les cheveux. Les peignes et les crèmes tournent plus vite qu'un joint autour de la table de la famille Noah, et chacune me racontent comment leurs mères partagent ce moment de coquetterie avec elle. Même Claire qui a une relation très conflictuelle avec sa mère me raconte avec émotion les achats de crèmes pour cheveux avec sa mère.

La scène du matin me revient en mémoire. Et soudain je suis frappée par ce rituel qui n'existe QUE entre une mère et sa fille. N'ayant pas de fils je ne sais si un rituel semblable existe chez les pères et les fils. Mais cette transmission me parait soudainement essentielle et inévitable. 

Il existe dans les tribus retirés du fin fond de l’Afrique, de l'Asie ou d'Amérique du sud, des rite de passage bien marqué pour symboliser l'état adulte. Des rites qui ont été initié dès la naissance de l'enfant. 

En Europe, nous somme souvent envahit par un monde de technique et de scepticisme. Il y a peu de place pour la croyance et l'importance du symbolisme. Hors il me semble que cela créé chez l'homme des fondamentaux, des repères, des bases pou une vie d'adulte.

Il est curieux aussi de noter que la seule transmission qui  existe est cette transmission de la féminité, du soin de soi. Je note d'ailleurs, un peu rapidement que souvent, les femmes qui ne prennent pas du tout soin d'elle sont souvent en rupture avec leur mère, en conflit ou en manque de repères maternelles.

Eloïse, me pique mes chaussures, en particuliers celle qui ont de très haut talons, me réclame du vernis, me demande le nom de chaque produit maquillage que j'utilise et répète à qui veut l'entendre "comme maman!".

Cette transmission (alors que je suis loin d'être une fille très féminine) me plait. Elle créé un vrai lien ente nous, un moment intime, une bulle que personne d'autre ne pourra offrir à ma fille. Parfois devant le désir de ma BM à prendre ma place, à se faire aimer comme une "deuxième maman", à privilégier des liens "mère-fille" plutôt que "grand-mère petite-fille", j'angoisse. Je me dis que si quelque chose arrivait, elle construirait avec elle des liens fusionnels et ma place serait effacée, comme si je n'était qu'une génitrice. 

Mais ce moment là m'inscrive dans ma qualité de mère.; Car cette apprentissage là, il n'y a que moi qui puisse lui retransmettre et cela, je pense restera gravé en elle pour toujours. Je suis son modèle, son enseignante, dans sa féminité parce que je suis sa mère.

Et comme ma fille est très belle en plus d'être très coquette, je pense qu'en plus je fais très bien mon travail...

Formidable peinture nommé Féminité de Renata Brzozowska