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vendredi 13 avril 2012

Où commence la violence conjugale?

Ce soir, je me suis disputée avec chérie. Une dispute tout bête à cause d'un jean pas lavé. Je suis fatiguée, il est fatigué, les mots fusent. Puis je ne sais pas trop comment, il en est venu à me traiter de "conne" et je lui ai répondu "ta gueule".

Puis, soudainement, l’œuf en chocolat qui était dans sa paume à voltigé au dessus de la table basse pour atterrir dans mes cotes gauches.

Soufflée par son propre geste, chéri déguerpi. Moi, je suis hors de moi. 

Plus jeune, j'ai connu la violence conjugale. La vraie. Le poing jeté contre votre joue, le mec qui vous humilie en public, qui vous enferme dans une chambre noir pendant tout une nuit alors que vous venez de lui parler de votre phobie de l'obscurité... Je sais.

Je sais que chéri n'a rien à voir avec cette violence là, la violence de l'homme fou, pervers, qui entretien avec vous une dépendance pour que sa proie ne le lâche pas. Être la souris dans les pattes du chat et attendre ou la mort ou la possibilité de fuir.

Chéri est différent de tout ça. Pas un acte de violence en cinq ans, pas d'humiliation et plutôt le besoin que je lui montre que j'ai besoin de lui, au lieu de créer une dépendance.

A tête reposée, après les explications avec chéri, ses excuses, je me pose quand même la question. Ce "dérapage", est un acte violent. Tellement violent qu'il me renvoi à des souvenirs que je n'ai pas envie d'aborder, des souvenirs tellement douloureux que le jours où je suis partie, je me suis fait un tatouage pour me souvenir de mon indépendance, de ma liberté. Pour me souvenir que malgré ce qu'il m'a fait croire, la porte est toujours ouverte pour fuir.

Ce soir dans la colère j'ai failli prendre ma fille et me barrer. Puis je me suis souvenu que tout ça n'avait pas vraiment de rapport avec ce que j'avais vécu. Mais quand même... Il me reste ce "mais quand même" dans la tête et cette question lancinante...

Parce que même si je n'ai pas eu mal, même si demain je n'y penserais plus, où commence la violence conjugale? Dans les mots? Dans les actes?

A quel moment décide t-on que c'est suffisamment grave pour partir? A quel moment a t-on peur?

Ce soir, je vais dormir avec chéri, je lui pardonne, c'était un acte de fatigue, de colère, et il s'en veut plus à lui-même que je ne lui en veux. Mais ce n'est pas un acte sans conséquence, parce que ce soir en me couchant, je crois que malgré tout, pour quelques temps encore, j'aurais du mal à avoir confiance en lui...