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lundi 14 mai 2012

J'ai reçu un message

Aujourd'hui j'ai reçu un mail qui m'a particulièrement touché et je voulais vous en faire part... La personne qui me l'a envoyé a accepté que je la diffuse à condition que je ne révèle pas qui elle est...

"Ma chère Mowgouaille, 

je viens de découvrir ton blog que j'ai dévoré de bout en bout.J 'ai eu tellement l'impression de me lire dans tes mots... Je ne sais comment te dire merci de ces quelques mots qui me font sentir moins seule.

J'ai 35 ans, un enfant. Il y a 5 ans, je rencontre mon amoureux. Il a déjà une petite fille qui a 7 ans, avec qui je m'entends tout de suite bien. Très vite j'ai envie d'un enfant avec lui. Mais déjà papa, il refuse d'avoir un second enfant.

Je suis malheureuse de cette situation, j'ai l'impression qu'il a accordé à une autre ce qu'il me refuse à moi. Je ne peux pas abandonner mon rêve mais je ne peux pas abandonner cet homme non plus. Alors je fais ce que j'ai toujours réprouvé auparavant: j'arrête ma pillule sans lui dire. 

Au bout de trois mois je suis enceinte. Il me repousse. Me quitte. Je prend un studio seule et je suis perdue mais à aucun moment, je  ne pense à avorter. Je me sens incroyablement forte et, presque je le comprend, lui pardonne. C'est moi qui ai voulu cette situation, j'assume.

Mais ma grossesse se passe mal. Je manque de perdre mon bébé à 6 mois de grossesse et je suis condamnée à rester couchée à l'hopital les 3 derniers mois. Mon amoureux est prévenu de la situation par une amie commune.  Il passe me voir à l'hôpital. Nous parlons longtemps, nous pleurons aussi beaucoup. On sait qu'on s'aime et on se rend compte de l'aberration de la situation: être séparé à cause de notre enfant.

Le 12 mars 2010, j'accouche d'un petit garçon. Mais il est prématuré et dois rester  encore un petit mois à l'hôpital. Je peux rentrer pour ma part à la maison. Nous en profitons pour faire la chambre et redémarrer une vie à deux, abandonné , avant que la vie à trois ne commence vraiment. Je passe mes journée à l'hôpital, et je retrouve l'amoureux le soir. 

Quand nous avons commencé notre vie à trois, tout doucement une certaine tristesse s'est emparée de moi. Pourtant je l'avais voulu cette vie, je m'étais battu pour ce bébé. Mais rien n'y fait. J'ai un bébé pourtant parfait, sage et dormeur mais je ne sents  pas cette gaieté qu'on m'avait promise...

Chéri continue sa vie. Il s'impose en père parfait mais ne voit pas ce rôle dans lequel je m'enferme. Petit à petit, je me vois m'enfermer dans cette cage que j'ai construite moi-même. J'aime mon bébé mais il m'enferme. Je ne vois plus mes amies qui habitent trop loin, je ne vais plus au cinéma, je n'ai pas mis les pieds dans un musée depuis la naissance du petit et mes occupations varient entre le parc et la maison. Je vis pourtant dans une grande ville mais chéri rentre tard, le week-end si je ne suis pas là il est constamment confié à ma belle-mère qui passe son temps à me discrédité auprès de mon fils... Du coup je sors le moins possible...

Je suis coincée dans ma prison dorée. Parfois je me dis que je suis une andouille d'avoir exigé cette enfant comme un caprice de petite fille. Je ne me rendais pas compte que ça n'impliquait pas que moi. 

Parfois, j'espère un deuxième, parfois je me dis que ça serait bien pire... Mon amoureux est là mais ne comprend pas mon isolement, ma douleur, ma solitude. Je pense que parfois, il se dit que j'exagère, que je l'ai voulu et que maintenant j'assume. Il ne me le dit jamais en face mais je le lis dans son  regard.

De toute façon, cette culpabilité me ronge tellement que je le laisse décider de tout. D'ailleurs bien souvent ce sont ses parents qui décident pour nous. Je proteste une peu mais je ne suis jamais entendu... Mais je me suis condamnée à être malheureuse, j'assume. 

J'ai peur du jour où mon fils me demandera des comptes... Comment lui avouer la vérité alors que son père n'est pas au courant... Voilà. Je suis un véritable cas d'école pour "tout une histoire"... ;)

Voilà, je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça. Sans doute parce qu'en te lisant je me suis retrouvée en tes lignes. Peut-être que c'est comme si je me parlais à moi... J'espère que toutes ces confidences d'une maman inconnue ne te font pas trop peur, que tu  ne vas pas me prendre pour une folle...;)

Continue en tout cas de nous parler aussi bien, avec autant de sincérité, je suis sure que je ne suis pas la seule à me reconnaitre dans tes mots. Te parler m'a fait du bien mais pas autant que de te lire.

Je t'embrasse bien fort, embrasse la jolie Eloïse et chéri et à très bientôt."