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jeudi 3 mai 2012

Youssef

Je vais vous raconter une histoire vraie


Il y a quelques années, je travaillais dans un centre d'accueil pour des jeunes qui ne s'adaptaient pas au centre scolaire classique. J'étais au poste des admissions et des adaptations.

Un jour débarque dans mon bureau Youssef.

Youssef avait 17 ans.

Il venait d'Afghanistan. Il avait perdu ses parents dans un tremblement de terre. Notre premier entretien a été de nous raconter la mort de ses parents. Un des souvenirs les plus durs de ma carrières.

La suite n'était pas plus tendre. A la suite de ces morts, Youssef a été recueilli par une vieille tante qui l'a inscrit dans la seule école qui voulait bien de lui. Seulement elle a compris trop tard que cette école était aux mains des extrémistes afghans et qu'ils formaient son neveu à se sacrifier pour Dieu. 

Prise de panique, elle a fait le tour de ses amis et de sa famille pour payer un passeur, pour que Youssef puisse rejoindre la France.

Un matin, sans rien comprendre, Youssef est parti pour un pays dont il ne connaissait même pas l'existence.

Arrivé à la frontière italienne, les frontières avaient trop de surveillance, donc le passeur a abandonné Youssef à une station service. C'est un autre clandestin qui lui expliqué comment faire: s'accrocher sous les camions pour ne pas se faire choper.

Youssef a tenu bon. Il s'est accroché et a mis près de 3 semaines avant de se retrouver en banlieue parisienne. Épuisé, il a été retrouvé a moitié mort dans la rue par une passante qui a appelé les secours.

Hospitalisé, les services sociaux lui sont venu en aide. Et l'ont orienté chez nous.

Mais Youssef avait 17 ans, ne parlait pas français, n'avait pas d'attache en France et était un homme.

Je n'ai plus de nouvel de Youssef mais si tout est appliqué comme il faut, Youssef est condamnable d'une reconduite à la frontière.

Parce que Youssef, le con, avant de quitter son pays, il n'a pas pensé à apprendre à parler français pour prouver qu'il voulait s’intégrer.