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lundi 4 juin 2012

Mon pavé dans la marre: ce que cache le classement des établissements

Chaque année vous retrouvez, à peu près à cette période de l'année le classement des "meilleurs" lycées. Bienheureux celui qui intégrera Henri IV, avenir pourrit assuré pour celui qui fréquente Aubervillier ou Vaulx-en-Velin.

je vous présente mon pavé pour la mère Cane


Mais qu'est-ce qu'est ce que ça veut dire au fond? Qu'est-ce qu'il se cache derrière ces classement?

J'ai vu le coté obscure de la force, entendez par là, ma mère, principale en ZUP.

Prenez un élève bon élève. Ni excellent, ni moyen, un élève qui a des facilités et qui aime bosser. Qu'ils soit à Henri IV ou à Pablo Picasso, peu importe, il réussira partout. 

"Oui mais Mowgouaille, ce qui fait la différence c'est l'ambiance, le rackette, l'insécurité, le bordel dans les classes..."

Certes. Mais pour y avoir fait ma scolarité, et pas dans une place privilégiée hein! (fille de la principale t'imagines?), pour avoir côtoyer en tant qu'éducs, les lycées dit pourris, j'en ressort plutôt surprises. Beaucoup de lycées sont innovents pour motiver les classes et du coup, "savent les tenir". Des sorties, des voyages dans des lieux chargés d'histoire, du théâtre, des rencontres avec les plus grands ténors, une ouverture culturelle qui permet de s'accrocher à la littérature ou à l'histoire.

Et puis si nous retirons tous nos enfants de ces collèges ou lycées, c'est nous qui fabriquons les établissements poubelles. Plus nos enfants seront nombreux à profiter des enseignements modernes et variés des établissements que je vient de citer, plus il y aura de mixité sociale, moins il y aura de violence, plus il y aura de chances pour tous.

Mais les lycées de merdes, c'est aéroports, les prisons, les hôpitaux psychiatriques. Tout le monde est bien d'accord pour dire qu'il en faut, mais personne n'en veut à coté de chez soi!

Voilà pourquoi les classements de ce type m'énervent: parce qu'ils stigmatisent une fois de plus ceux qui vivent en banlieue, ceux qui essaient de s'en sortir, ceux qui donnent beaucoup plus que leur travail parce que ce sont de réels engagements pour eux.

J'en ai marre qu'on trouve héroïques ces profs qui développent tous les jours des stratagèmes intelligents et respectueux pour sortir de la merde des jeunes que la société à laissé sur les bords de route, alors que tous, on pourrait changer les choses. Encore une fois, la société c'est nous. Pas seulement une ombre coupable contre laquelle on ne peut rien faire.

J'en ai marre des ces journaleux de mes deux, qui ne savent pas de quoi il parlent, qui s'appuient sur des chiffres (parce qu'aujourd'hui, il n'y a que les chiffres qui parlent) pour dire "untel fait du bon boulot" et "untel fait de la merde". Sans prendre compte, des manières tout à fait illégales qu'on les bons lycées de virer ceux qui ne relèvent pas de la classification de leur bahut.

J'en ai marre, qu'on me regarde avec des yeux ahurits quand je dis que j'ai été élevé dans le 93, qu'on me fait "9-3, yo!" avec une voix de débile comme si j'avais été condamné à la naissance par une terrible maladie.

Non. Ces lycées là ne sont la bande de Gaza, il s'y fait des choses formidables, on y rencontre des gens formidables, on y vit des choses formidables. C'est la peur qui nous fait les condamner. Ces statistiques créé la peur. La peur engendre la haine. Et on sait où la haine nous mène.