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jeudi 21 juin 2012

Saintes meres

Je ne sais pas si vous avez remarqué, ou si c'est moi qui fait une fixette la dessus, mais les reportages, les articles, les blablas médiatiques posent leurs sujets sur "les mères aujourd'hui". Pas une semaine sans un reportage sur "le burn out maternelle", "les mères de famille nombreuses", "les mères adolescentes", plus trashs et plus fantastiques les uns que les autres.

On se bat pour filmer la mere qui allaite son enfant jusqu'a 6 ans ou la dernière baby shower a 18000 euros. Curieuse maternité... Nouvelle generation de mères qui veulent être parfaites au point parfois de s'en rendre malade...

La question ne se posait pas pour nos grands-mères. Elles étaient fille, femmes, épouses puis mères. Elles étaient éduquées depuis leur plus jeune age pour ce destin. Elles quittaient l'ecole de bonne heure, pour apprendre a tenir une maison et prendre mari. Pas de question a se poser sur leur statut de mère qui devenait une partie importante de leur identité.

Nos mères, grâce a la législation sur la pilule et l'avortement, avait une maternité choisie. De l'identité de mère, elles passaient donc a l'état de mere. Mais l'image maternelle et feminine etait encore bien confondue... La pilule servait a choisir quand on avait un enfant. Celles qui n'en avaient pas etaient souvent suspectées d'homosexualité, de stérilité, voire de traumatisée. Pas de place pour penser qu'une femme pouvait être femme sans être mere.

Notre génération, n'est pourtant pas plus libre. Si Cameron Diaz affiche ouvertement son appartenance a la communauté des "no kids", et que personne ne trouve rien a redire a cela, la mere aujourd'hui est force d'admiration et de curiosité. Mais d'exigence aussi. La femme doit être feminine, ouverte, seductrice, mere, douce, mince, intelligente, travailleuse, donner du bio, le sein et les couches lavables a ses enfants. La mere reste pourtant seule représentante de l'autorité parentale.

L'heure des mamans est toujours de mise et les reportages sus cités ne se questionnent toujours pas sur la paternité aujourd'hui...Voire mieux! Sur la parentalité!

Ce qui m'inquiète c'est ce statut presque hysterique qu'on offre aux meres. Statut ou on ne parle plus de parentalité mais de maternité. Certes il est important de décrypter ce statut si difficile a acquerir et pas si natuerelle que cela. Surtout pour nous, generation de fille a qui on a enseigné qu'on pouvait faire autant de chose que les hommes. Et puis comment devient t-on papa? Comment jongle t-o, etre son statut d'homme et de père?

Et puis l’excès m'inquiète. Pourquoi présenter ces mères qui font des choix qui leur sont propres, que je respecte et que je ne juge pas, comme des saintes, ou des folles sans mesure et sans recule. Pourquoi voit on si peu leur mari, le père de leurs enfants? Pourquoi ne fait on jamais aucun reportage sur ces femmes qui ne veulent aucun enfant, sur ces père qui prennent des congés parentaux sans en faire des héros?

Sans parler du tabous des femmes qui partent et qui laissent les enfants au papa. Ces femmes qu'on montrent du doigt parce que mauvaise mere. Qui sont bien plus culpabilisées, accusees qu'un pere qui aurait commis le même "crime".

Ce qui ne peut être égale dans nos différence homme/femme, peut au moins etre équitable. Et je nous accuse, nous, femmes de nous regarder nos nombrils déformés par la maternités, de nous glorifier saintes. 

On se veut femmes libres et on s'enferme dans des images maternelles, des communautés de biberons, de sains, de fessées, de mères au foyer, ou simplement de mères. Alors que nous ne sommes que ce qu'ont été toute une chaine de femmes avant nous.

 Et pendant que nous nous reconnaissons dans cette identité, que nous nous concentrons sur nos ventre ramollis et la compote bio du petit dernier, les hommes eux regardent le monde. Et reprennent le pouvoir. Cette situation nous fait perdre du terrain qu'il a été si difficile de gagner. 

Rien n'est acquis et tant que l'on ne s'intéresser qu'a la maternité et pas a la parentalité on perdra du terrain sur nos droits et l'équité homme/femme.

Je crois qu'il est temps les filles de s’intéresser au monde qui nous entour, de dire merde aux médias qui nous montre comme des héroïnes mais qui nous enferment dans une image de madone intouchachable. Un peu comme la reine d'Angleterre qui dirige un pays dans lequel elle ne peut donner son avis.

Moi je ne veux pas être la reine d'Angleterre, je préfère être dans le monde et y participer....