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mercredi 4 juillet 2012

Lettre d'un soldat maman à ses compatriotes

Chères mamans amies

J'ai confié cette dernière lettre à mon blog en espérant qu'elle vous arrive un jour afin que vous sachiez la vérité et parce que je veux aujourd'hui témoigner de l'horreur de ces nuits.

Quand nous sommes arrivés ici, dans le monde de la parentalité le monde me semblait magnifique. Nous avions de la chance, nous parents, de ne connaitre que des nuits calmes et une enfants au sommeil lourds et régulier.


 Aujourd'hui, mes nuits de parents sont plus hachées qu'un steak Charal et je repense à ce temps avec émotion. Mon sommeil est bouleversé, brûlé. Mon  visage n'est plus que champ de ruines. J'y vois naître des tranchées de première et des rides qui naissent aussi vite qu'un bébé dans "la clinique de l'amour" (si tu as l'occasion, vas le voir, ce film est très drôle). 

En plus des nuits, des cauchemars, des pleurs, les ronflements de l'homme menace mon équilibre psychique avec la perspective de sauter à tout moment. Je suis sales, mon morale est en lambeaux. Je patauge dans la semoule, une semoule épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Chaque nuit est un espoir nouveau, mais chaque cri est la même guerre...


Tout manque : le sommeil, le confort, la bonne humeur, le sexe je n'en parle même pas. Je suis mal accompagnée, le soutien est bien pauvre ! Une seule  nuit où le gêne de la surdité nocturne masculin est restée à dormir lui aussi, bien trop fatiguée de rester en alerte toutes les nuits. Comme je le comprends... Je n'ai même plus de temps pour faire une sieste l'après midi, bien trop occupée à faire dormir ma fille qui refuse dorénavant de faire la sieste (l’ennemie est fourbe il faut croire)  


Je me lève donc chaque nuit, le sommeil en bavoire. Il est difficile de se mouvoir, avec cette fatigue lourde et incommode mais qui permet parfois de me rendormir dans le lit de la crevette pendant que l'homme ronfle nonchalamment dans son lit de 2 mètres . J'ai tenté des offensives à outrance qui ont toutes échouées sur des montagnes de sommeils. Des coup de pieds, de coudes, des réveils en hurlant "mais tu vas te lever oui!". Rien n'y fait, je suis toujours debout pour calmer une crevette terrifier par les assauts de la nuit.


 Ces incessants combats à essayé de réveiller un mari qui se croit fatigué m'ont laissé exténués et désespérés. Moi, malheureuse exténuée que le monde va regarder d'un air dédaigneux à mon retour au travail, aurais-je seulement droit à une petite solidarité pour me dédommager d'une semaine de vacances pourrie et gâchée par ces nuits sans sommeil ? Cette trêve m'apparaît comme un terrible gâchis dans mes repos annuels.

Certaines nuits, moi, général général Mowgouaille je rêve de tout plaquer pour une nuit à l'hôtel. Ici, tout n'est qu'échec et désastre ! 


Aujourd'hui, les sentiments n'existe plus, la peur, l'amour, plus rien n'a de sens. Il importait juste d'aller de l'avant, de continuer, de resister et partout tout ne me semble que douleur. Perdu dans le brouillard, la sieste comme unique but, j'erre, la sueur dégoulinant dans mon dos. Les réveils me donnent la nausée. Je me lève à quatre heure chaque nuit, la haine s'emparre parfois de moi...

Cet assaut a semé le trouble dans mon couple et forcé ma désillusion. Depuis, je ne supporte plus mes sacrifices inutiles, les fatigues de l'être aimé. Je connais mes compatriotes maman qui désespèrent de l'existence d'un soutien matrimoniale dans cette lutte, peu ont désertée mais beaucoup ne veulent plus marcher. 


Des tracts devraient circuleer pour nous inciter à déposer les armes. On devrait refuser de se lever, laissant l'enfant pleurer jusqu'à ce que l'homme ne se lève. Difficile mais aucun combat ne se gagne sans souffrance.

Alors, certaines d'entre nous seront en charge de nous juger. Je serais condamnée à passer en conseil de mères exceptionnels, sans aucun recours possible. La sentence sera  tombée : je vais être fusillée virtuellement pour l'exemple, demain, avec d'autres mauvaises mères, pour refus de me lever, de laisser une pauvre enfant de deux ans et demi en proie à ses cauchemars et de m'en venter sur mon blog. 


En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d'aider les combattantes à retrouver le goût de l'obéissance, de la soumission, de la "bonnemèrattitude" je ne crois pas qu'elles y parviendront.

Comprendras-tu chère compatriote chérie que je ne suis pas coupable mais victime d'une fatigue extrême ? Je vais finir sur un lit d'hopital, à l'agonie de fatigue et de plainte... Je ne suis plus une mère drôle et rieuse mais un zombie, ombre de moi-même. Je regrette tant chères consœur de t'abandonner là, dans notre combat de la liberté féminine au prix d'un simple sommeil continu dont je rêve depuis quelques semaine....


C'est si difficile de savoir que je ne pourrait plus, pendant quelques temps, disserter sur la liberté des mères, des femmes avec tant de croyance et de déterminisme. 


Mener ce blog et ce combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd'hui, vous laisser seules me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.

Promets-moi chères amies de continuer le combat pendant mon repos. Dites-leurs à ces nouvelles mère que Mowgouaille est tombée en héroïne sur le champ de bataille, parlez-leur de la bravoure et la vaillance des mères et si un jour, la mémoire des mères fatiguées de la lâcheté nocturnes de leurs maris, mais je n'y crois guère, est mise à jour, alors oui, je reviendrais et je fêterais celà à coup de mojitos bien frappés


Ne doutez jamais de mon honneur et de mon courage car les hommes sont lâches et de petites natures.
Prometez-moi aussi lorsque le temps m'aura offert du repos, de ne pas renoncer à imposer aux pères, de continuer à se lever, mon sacrifice sera ainsi moins cruel. Je vous souhaite à toutes tout le courage que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux courage, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant mon repos.


Mowgouaille, soldat maman en détresse de sommeil... 


Parodie de lettre d'un veritable poilu mort sur le champ de guerre... J'ai honte mais parfois, c'est bon la honte. Oui. Etre une mère aujourd'hui est parfois comparable à la vie d'un soldat au front.

Ça va je déconne 

Mais quand même.

Elle je peux te garantir qu'elle a chopé son costume au farce et attrape du coin et qu'elle n'a pas de môme vu son air reposé...