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mardi 10 juillet 2012

Maternité et handicap

Vous le savez je travaille auprès d'adultes déficients intellectuels. Si ma boite tend a tirer les jeunes vers la valeurs travail (sans salaire s'entend...), je continue de penser que là n'est pas l'essentiel de notre mission. Je m’inquiète d'autant plus des questionnements de ces jeunes gens sur la vie en général. Et notamment sur leur vie amoureuse

Comme tout jeune gens le questionnement sur la sexualité, la vie amoureuse, et la maternité ne se fait pas en famille... Il est déjà difficile quand on a 16 ans de dire qu'on a envie de se taper la voisine du 1er alors quand on est handicapé, qu'on ne trouve pas les bons mots et qu'on vit dans une famille qui pense qu'on est asexué, sans pulsion sexuelle autant dire que c'est impossible...

Alors de temps en temps j'ai cette remarque qui revient de la part de certaines filles qu'on accueillent... "Mowgouaille, je veux un bébé avec mon amoureux".

Que répondre? Lui dire qu'elle ne pourra pas? Mais je suis qui pour interdire a qui que ce soit d'avoir un enfant? On en connaît pleins des faits divers, des gens qui ne savent pas s'occuper de leurs enfants alors que eux,  même s'ils n'ont pas les moyens intellectuels, eux sauront donné l'amour et l'attention.

Mais je sais aussi qu'ils n'ont pas les capacités mentales pour s'en occuper... Comment pourraient t-ils l'accompagner dans les études et l'évolution dont il aura besoin...

J’essaie toujours d'amener les filles a se rendre compte par elle même que ce désir va être difficilement réalisable, mais que ça ne veut pas dire que c'est une vie sans enfants qui les attends. Il y aura des neveux. Des nièces, peut être des filleuls mêmes..

Après, la décision leur appartient. Et je le leur dit. J'explique que pour moi, il me semble que ce n'est pas une bonne idée, mais que je ne suis pas maître de leur vie et que cette vie-là leur appartient.

 Je connais une situation ou un couple de personnes trisomiques a eu un enfant. Il est élevé par leur famille. Ils s'en occupent le week-end lorsqu’ils rentrent du foyer où ils vivent la semaine. La décision a été prise en famille et ils s'en occupent aussi bien qu'ils le peuvent.

Je connais aussi une jeune femme qui est tombée enceinte. La mère moins ouverte que la précédente famille s'en est rendu compte a 6 mois de grossesse. Avortement médical et ligatures des trompes. Traumatisme pour la jeune femme.

Je comprends qu'on n'ait pas forcement le courage de prendre en charge un tout petit lorsque ses propres enfants ne sont pas capables de s'en occuper. Mais on ne peut tout de même pas nier ce désir d'adulte légitime et acceptable. On ne cesse de crier qu'il faut leur donner les mêmes droits qu'à tous, on leur donne le droit de vote dont ils ne savent que faire car, pour beaucoup, ils ne comprennent pas les différents tenants et aboutissants d'un mouvement politique (on a déjà du mal nous...) mais on occulte complétement leurs désirs les plus intimes et les plus légitimes: fonder une famille avec celui qu'on aime.

A l'heure ou on nous pond des lois sur l'égalité du monde du handicap et du monde lambda, pourquoi cette question de la maternité est-elle si tabou? Ce qui nous semble si acceptable de la part de madame tout le monde, au point qu'on accepte de réfléchir sur les mères porteuses en Inde ou les enfants vendus,  on nous fait accepter tous les extrêmes, personne ne pense a trouver des pistes de réflexion, des endroits ou ces femmes et ces hommes pourraient élevés leurs enfants avec l'aide d’éducateur, de travailleur sociaux...

Notre société a une capacité incroyable a choisir ses égalités... On occulte joyeusement ce qui nous gène, ce qui nous semble insupportable: la sexualité des personnes handicapés et leur désir de parentalité... 

Moi je dis qu'avant les lois, il va falloir faire un bon chemin de notre coté pour promouvoir cet équité...