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mercredi 10 octobre 2012

Lettre à la mère Cane

Ma chère mère Canne,

J'ai lu ton avant dernier billet, et je dois dire que c'est une grande claque...

Tu sais que mon let-motiv c'est "la liberté de la mère" et je devrais l'etendre à la futur mère. Arrête de t'inquiéter, de penser que tu es une mauvaise mère, de croire que tu n'es pas normale...

Faut que je te dise, que je te raconte. Moi je l'ai aimé mon ventre, je l'ai caresser, je ne pensais qu'à lui. Je chantais, calinais... Tout, tout, tout,... Mon ventre a tout eu. Mais ma fille????

Bah oui. Quand un soir de 3 décembre je l'ai eu sur moi, j'ai réalisé que j'avais passé 9 mois à parler à mon nombril. Parce que cette petite fille je ne la connaissais pas. J'ai aimé un ventre qui s'arrondissait, l'image que ça offrait. Je devenais une femme, on prenait enfin soin de moi, je pouvais faire ma maline "tout va bien..." on continuait à s’occuper de moi.

Quand on m'a amené ma fille je n'ai pas pleuré. Je l'ai regardé. J'étais presque surprise qu'elle soit là. Je ne comprenais pas trop comment mon ventre rond avait pu donne "ça". Je devais me répéter "j'ai une fille" pour comprendre qu'elle était mienne.

J'ai mis deux ans avant de dire que j'étais sa mère. Ah ça je me suis sentie enceinte moi!!! Mais alors j'avais pas du tout inclue l'option "future mère". Puis le temps durant, je me suis demandé si j'allais finir par l'aimer pour elle, parce qu'elle était ma fille. Ma maternité a été dure à construire, je te jure...

Aujourd'hui quand je dis ça on ne me croit pas. On me dit souvent "mais tu as un tel rapport avec elle, un tel lien super fort". ça m'empêche pas d'avoir peur. Peur qu'un jour elle soit petite fille puis ado, que ces changements me fassent revivre ces jours où je l'aimais parce qu'elle grandissait à coté de moi, et non parce qu'elle était ma fille.

Rassure toi. Ce n'est pas grave. Je ne connais pas de maman qui n'a pas fini par aimer son enfant. Même si des fois ça prend du temps. Et on n'est pas une mauvaise mère parce qu'on continue de vivre, qu'on "oublie" parfois, parce que la vie continue. C'est au contraire lui offrir très tôt la chance de ne pas être le centre du monde, de comprendre que tu es une maman qu'il va falloir te partager parce qu'il n'a pas la chance d'être le premier... 

On est pleins ma belle à redouter cet état, à l'oublier ou à le pervertir. On est beaucoup à courir, boire, fumer une clope parce qu'on redoute cet état, on doute... Je sais qu'on va me jeter des pierres pour ce que je viens de dire. la bonne morale veut qu'on pense en premier au bébé, qu'on soit épanouie, heureuse, qu'on aime ce bonheur... Mais les plus honnêtes diront qu'attendre un enfant c'est bien plus complexe que juste porter un enfant. Et que des fois cet enfant des fois, on n'en a plus envie, on voudrait retrouver notre corps d'avant, notre insouciance, ne plus douter, ne plus se poser de questions. Et on culpabilise, il y en a tellement qui voudrait être à notre place... On est bien placées toutes les deux pour parler hein!!!

Voilà, ça va peut être choquer et tu sais à quel point je m'en fout ma canette... Mais quand on est enceinte on a le droit à toutes les pensées, toutes les envies. C'est la meilleure façon d'aimer notre enfant: en étant honnête avec nous-même...