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mercredi 17 octobre 2012

Ma vie au travail

Je travaille pour une célèbre association qui vient en aide aux personnes déficiente intellectuelle.

Cette association fait valeur de référence en France pour cette cause. Mathieu chédid, Anaïs, Sanseverino, se sont montré dans les manifestations publiques, soutenant la cause. Vous en avez forcément entendu parlé au moins une fois. Je ne sais rien des instances dirigeantes, je ne prononcerais pas sur des gens qui ont sans doute de bonnes volonté et font preuve  d'honnêteté dans leur démarche.

Mais il faut que je vous dise ce qu'il se passe sur le terrain. Il faut que je vous raconte comment nous tombons les uns après les autres comme des dominos.

Aujourd'hui, nous avons discuté avec mes collègues. Hier j'ai fait un malaise au boulot. J'ai fini aux urgence. Verdict: stress au travail. Ce n'est pas pour autant qu'on m'a arrêter. On ne vous arrête pas pour un malaise vagale. La fièvre, la gastro oui. Pour un malaise au travail on vous donne une adresse de psy et vous revenez au travail le lendemain.

3 mois que je réclame des heures pour faire des écrits professionnels. Mais je me suis fait engueulée parce qu'un écrit n'était pas corrigé depuis le mois de juin, parce qu'un dossier n'était pas partit... Je me suis énervée, hausse de tension. Je suis tombée. Elle est restée auprès des pompiers, comme si elle avait peur que je parle... Aucune intimité même dans mon soins, dans ma santé.

Quand j'en ai parlé au boulot, mes collègues m'ont avouée qu'elles rentraient tous les soirs en pleurs. Mon collègues a des plaques de boutons qui lui poussent sur la figure dès qu'il reprend le travail.

On change les règles sans nous en parler, des fois tu arrives le matin, tu t'aperçois que l'emploie du temps a changé. Il y a un mois, on a découvert soudainement que 4 éducateurs sur 6 reprenait à 14h au lieu de 13h30 le mardi. Ce qui signifie que les deux autres doivent gérer le groupe et une cuisine pendant 30 minutes. J'ai demandé à ne pas partir en vacances avec les jeunes jusqu'au 3 ans de la crevette, ils me l'ont imposé. J'ai demandé des heures d'écrit, elle m'en colle 8h en 3 semaines alors que je n'en ai pas eu pendant 3 mois, tous les mardis alors qu'elle sait que je n'ai pas de garde pour la crevette le mardi. On lui explique qu'on tient à notre pose de midi parce que c'est le moment où on échange sur notre travail, elle nous la retire.

Certains de nos collègues dans d'autres structures, enchainent des gardes de 24h et peuvent faire jusqu'à 72 heures dans la semaine. Ils sont parfois 2 pour 62 résidents. 62!!!!! C'est un manque de respect total pour les travailleurs et de facto pour les personnes handicapés. Il y a un moment tu finis par faire le mnimum.

Je ne reviens pas sur le fait que les jeunes travaillent gratis parce que "ça leur suffit".
 Qu'on leur demande de choisir leur transfert, et puis finalement de choisir pour eux, parce qu'on ne peut pas tous les faire partir sur le même voyage. 
Qu'on mette en avant "les activités de socialisation" lors de la "promotion" de notre structure, alors qu'il n'en font qu'une heure tous les 15 jours, et qu'on les oblige à choisir entre la piscine, la marche et le djembé. 
Qu'on ne doit plus faire de sortie parce que "la socialisation ça se fait à la maison, la commande de l'association c'est l'insertion par le travail" alors que l'association " demande que les personnes handicapées mentales puissent réellement accéder à ces activités importantes que ce sont les loisirs, la culture et le sport afin de développer leur autonomie et leur vie sociale (accès aux pratiques et aux équipements ouverts à tous). La collectivité doit pendre également en compte le financement des surcoûts engendrés par leurs handicaps. (elle) demande aussi que les animateurs et les médiateurs culturels soient formés sur les outils nécessaires à l’accessibilité des personnes handicapées mentales. " Chez nous aucune activité en extérieur, un seul intervenant qui vient chez nous et la piscine on y va aux heure où il n'y a personne.

Je suis épuisée. Moralement, physiquement. Contrairement à mes collègues je cultive ma colère pour me battre encore, encore et encore. Mais mon corps lâche. Je pense que je vais y laisser ma peau certains jour. Je le fais pour eux, parce que c'est pour cela que je me suis engagé dans ce travail... Mais sincèrement si on apprend un jour qu'il y a eu un suicide dans cette boiten je ne serait pas surprise. Ce ne sera pas moi, pare que j'ai les moyens de me protéger, mais parfois je regarde mes collègues et je me demande qui tombera en premier?