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dimanche 28 octobre 2012

Mère y es-tu?

Je m'interroge souvent sur ma condition de mère. C'est même là toute l'origine de mon blog qui a dévié gentiment vers un blog d'humeur depuis que ma fille porte des couettes et part tous les matins à son "petit boulot" entendez donc par là l'école.

Les première vacances ont pointées leur nez. Je dois bien évidemment partir à cette époque de l'année en voyage avec mes résidents, et confier la crevette une semaine à ses grands parents maternelles.

J'ai rarement pris mes vacances avec la crevette, la laissant à ses grands parents, la nounou, l'école. Je n'ai jamais culpabilisé de rien. 

Je lisais le dernier numéro de psycho et la définition des parents, des mamans, dont je reconnais un bon nombre de copines blogueuses qui se définissent elles-même comme des louves, des tigres, des ours, des poules, des aigles... Moi rien de tout ça. Je ne me sens pas l'âme d'une maman animale.

J'ai souvent entendu cette peur, cette inquiétude, cette angoisse de ne pas bien faire. Moi rarement. 

Je ne me reconnais jamais dans les autres mères, les autres femmes. Je me souviens très tot d'avoir eu cette envie d'être mère. Mais je me souviens aussi d'avoir très vite différencié le "j'ai envie" et "je suis prête". Au-delà de ça le rôle de mère reste encore un concept abstrait pour moi.

En ce moment je dois bien avouer que ce manque de ressemblance, d'identification "avec mes collègues maternantes" me questionne pas mal... Est-ce que je suis normale de laisser ma fille une semaine et de ne pas ressentir ni manque ni joie. Juste de me dire que dimanche, oui, je sais que je serais contente de la retrouver... Est-ce que c'est normal de ne pas vouloir jouer avec elle? Est-ce que je suis la seule, quand elle pleure, à ne pas vouloir ouvrir la porte , en hurlant "je suis désolée de t'avoir grondée"? A trouver si simple de dire "non", de mettre des limites? Est-ce que c'est parce que ma fille ne pose pas de grandes oppositions ou est-ce que je suis différente?

Tout ça n'a rien a voir avec l'amour parce que je sais que oui, je l'aime. Ça il n'y a pas de doute là-dessus... Mais l'identification à des parents qui perdent leurs enfants, je ne le fais jamais, une journée sans elle n'est pas un trou béant dans ma vie et je dois dire qu'en dessous de 38,5 et sans cris de douleurs je ne suis pas plus inquiète que ça.  D'ailleurs tant que le médecin me donne des médicament et me dit "dans 48h ça ira mieux" je suis rarement inquiète.

Des fois je me demande si la crevette me le reprochera un jour. Si elle pensera que je ne l'ai pas assez aimée parce que je ne prenais pas un jour de congé pour aller à la fête de l'école ou que j'écourtais les histoires pour avoir plus de temps avec son père. 

Il n'y a pas de culpabilisation là-dedans, ni même d'envie de changer. C'est juste un questionnement. Pourquoi je ne me reconnais pas dans toutes les mères qui m'entourent, pourquoi je me sens mère sans pour autant avoir cet "instinct" de guerrière, prête à tuer pour son enfant, que je ne l'imagine même pas. 

Pourquoi je me sens mère parce que suis mère, parce qu'elle est ma fille, que je l'aime parce que c'est elle et que mon instinct maternelle ne va pas plus loin que cette définition sans doute basique mais tellement vraie pour moi. Tellement forte, que lorsque nous sommes toutes les deux, nos jeux et nos rires quotidiennes sont des vraies bijoux dans ma grisaille. Éloïse a beau ne pas avoir trois ans, si je devais mettre un mot sur notre relation il est évident que je mettrais "complicité", tellement on se comprend, et on aime rire ensemble. Mais pour autant, je ne comprends toujours pas pourquoi cette symbiose avec ma fille, ce qui me rend mère finalement, ne me rend pas plus animale.

Je sais que beaucoup le diront "parce qu'il y a autant de mères qu'il y a de femmes" lu et relu dans psycho magasine, ou bien "parce que tu n'es peut-être pas si sure d'être une bonne mère", relent mainte et mainte fois reçu ici... agréable rhétorique.

Je n'ai pas de réponse là dessus. Peut-être n'en aurais-je jamais. Peut-être qu'il n'y a pas de réponse à ça. Peut-être que les mères ne se rangent pas dans des cases ou des genres. Et peut-être que comme j'ai toujours été un peu en marge, je continue en tant que mère à être un peu en marge.

Ce qui compte c'est que ma fille n'en souffre pas. je crois que mon plus grand souhait soit qu'un jour elle soit fière d'être ma fille autant que je suis fière qu'elle soit ma fille. Et que finalement, tous ces questionnement, ne sont en fait que le symptôme de mes angoisses...