Et on se rencontre???

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mardi 9 octobre 2012

Un micropuscule pas mais un pas quand même

ça y est j'ai tapé du poing sur la table.

Cet après-midi en réunion, je suis venue avec mon article confectionné par les jeunes qui expliquait très bien que eux, ils voulaient être payer et que s'ils bossaient c'était parce qu'on leur demandait, nous les éducs.

Quelques réactions "mais ils aiment ça bosser et le fric ils s'en foutent". Je ne me laisse pas abattre j'avance, je démonte point par point les arguments, j'avance les mots "éthique", "exploitation", "honte"... Je démontre que c'est une question de principe et qu'il est inscrit dans la loi que tout travail mérite salaire.

Le coup de massue quand elle me répond "oui mais ce n'est pas la loi pour les handicapés"
Je m'insurge: 
"Ok. Alors on fait quoi? On laisse courir? On ne se bat plus... Tant pis c'est comme ça et on ferme les yeux??? Mais si ce n'est pas nous sur le terrain qui nous battons pour l'égalité, l'équité, l'accès au droit? qui va le faire? Les familles? Elles sont déjà dépassées par la problématique du handicap... Les institutions??? Elles profitent du système. Donc qui est-ce qui reste dans l'équation? Nous. Si nous on ne se bat pas personne ne le fera pour eux."
Elle croit m'avoir mais ne se doute pas de ma botte secrète: 
- Ok. Tu proposes quoi? J'ai pas les sous pour...

Je suis a deux doigts de lui signaler que l'asso engrange gentiment ce que les entreprises versent. Mais trop simple. Il faut faire peur.
- C'est simple. Je vais faire un dossier sur les différents avis qui ont été exposés ici. Puis on se réuni avec les autres structures de l'association et on réfléchit autour du sujet. On monte un dossier sur la question et on refait remonter, les parents, le ministère et la direction de l'association.

Mes collègues sont pour. Je vois déjà ma chef qui décroche mentalement son téléphone pour joindre GC et l'informer que je fait la révolution dans sa boite. Peut importe. Ce soir j'ai convaincu mes collègues, je ne suis plus seule. Je sais déjà que l'on n'ira pas plus loin. Parce que les autres structures n'auront pas le courage d'aller plus loin, parce que la direction saura nous stopper, parce qu'il faudra se taire à un moment, ou nous musellera.

Peu importe. C'est une toute petite victoire mais suffisamment importante pour éveiller le doute chez mes paires. Ce doute ne fera peut être pas une révolution dans les mois à venir mais petit à petit on y viendra...