Et on se rencontre???

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mardi 18 décembre 2012

Et si c'était moi?

On a tous était touché par cette tuerie.

On a tous eu cet instant où on a regardé nos enfants, nos voisins, nos neveux et où on s'est dit "et si c'était ici que ça se passe".

On a beau se dire que c'est loin, qu'il y a tant d'autres atrocités qui se passent dans le monde, tant d'enfants dont on ne parle pas, il n'y a rien à faire on compare, on regarde, on se glace le sang.

Je suis comme tout le monde prise entre cette indécence d'avoir cette pensée, et la honte qui s'en suit.

Mais je m'oblige toujours à revenir à cette pensée "Ce n'est pas moi".

Pourquoi?
Parce que si je me laisse submerger par cette émotion qui n'a pas lieu d'être je ne pourrais pas penser de façon censée, humaine et avec recul. Si je veux être impartiale et réfléchir sur cet état de fait, tant sur un plan législatif (le port d'arme) ou philosophique (le bon et le mauvais) je me dois d'être impartiale et neutre. Peu m'importe où se construit ma pensée puisqu'elle se construit, elle doit se construire avec la tête et non avec le cœur.

Quand je milite contre la peine de mort et qu'on me tend comme argument "et si c'était ta fille?", je répond toujours, "mais ce n'est pas ma fille et c'est ce qui me permet de construire ma réflexion et de rester humaine, même face à l'inhumanité.

Parce que le tueur, le violeur est aussi l'enfant de quelqu'un, le frère, l'ami. Et celui qui est accusé à tord ou à raison, pourrait tout aussi bien être l'enfant de l'une d'entre nous... Si on "se met à la place de", on se met à la place de tout le monde ou de personne."

Quand j'étais enfant, par peur, un soir, j'ai suivi un inconnu dans la rue. Je savais très bien ce qu'il me voulait, j'avais été bien prévenu par ma mère, mais l'idée de me retrouvée coincée dans l’ascenseur avec lui me paraissait plus dangereux qu'être dans le quartier où je connaissais tout le monde... L'histoire s'est bien terminé, au "moment critique", j'ai hurlé et j'ai réussi à me sauver.

Arriver chez moi, j'ai tout raconté à mes parents qui avaient été tétanisés par ma disparition soudaine. Mon père m'a attrapé par la main et on est descendu sur "la dalle" (c'était le nom de mon quartier) et il s'est mis a scruter. 

Au bout de 5 minutes, il est remonté. Plus tard je l'ai entendu raconter cette histoire à des amis: "j'avais envie de lui casser la gueule. Mais finalement, ce n'était pas honnête pour Mowgouaille. Je laissais parler mes instincts primaires oubliant de la protéger et de lui laisser sa chance à elle d'obtenir justice". C'est la plus belle preuve d'amour que m'ait donnée mon père.

C'est pour ça qu'on ne peut pas se mettre "à la place de". C'est pour cela aussi qu'on doit garder raison et ne pas se laisser submerger par l'émotion et la peur. Parce que c'est bien cette émotion, cette peur qui empêche l'interdiction du port d'armes aux Etats-Unis. Cette peur que ça nous arrive à nous. Sans penser que celui qui tue pourrait aussi être notre fils ou notre fille

Je crois qu'il ne faut pas oublier qu'on ne décide pas si notre enfant sera confronté un jour ou l'autre à une arme. Mais surtout que si ça arrive, on ne sait pas de quel coté il sera.