Et on se rencontre???

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samedi 16 février 2013

Au dela des maux

Tenir un blog est bien moins aisé qu'il n'y parait.

Prendre sa plume, écrire, partager des pensés qui nous traversent parfois si vite, mais si fortement qu'il faut les coucher là, sur l'écran, dans l'immédiateté. Parfois la pensée se construit dans l'instant. On rumine puis on revient sur ce qui a été dit hier ou l'année dernière. 

Parfois on parle avec recul de chose qu'on a vécu, à ceux et celles qui sont encore dans une situation dévastatrice. Et vient la rencontre des maux et des mots. Et l'incompréhension se fait.

Je sais que mon post sur la dépression du post- partum à choqué. Comment associer ce ravage a un luxe. Brave Mowgouaille qui ne connait pas les ravages et l'envie de tout plaquer parce qu'on n'en peut plus...

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, et qui aurait la flemme de remonter dans la genèse de mon blog, voici mon histoire. 

Je tombe enceinte en 2009, d'un homme qui ne veut pas d'enfant. Je passe ma grossesse seule à ne pas  savoir s'il sera là "après". Je connais la solitude des échos, les séjours à l'hôpital ou il m'assure de son bonheur a vivre seul, les larmes sont mon refuge quotidien. Mais je m'accroche à ce bonheur à venir.

Eloise naît le 3 décembre à 22h50. La naissance se passe mal mais au bout de 15 jours nous quittons enfin la maternité pour la maison. Chéri a décidé que nous serions trois. 

Mais ce bonheurs tellement attendu ne vient pas. Et j'ai tellement tenu le choc pendant neuf mois que je suis désarmée face à cette petite fille. Je trouve d'ailleurs que tout le monde s'en occupe mieux que moi. Je souris, je ne montre rien. Surtout pas que je vais mal. Mais je ne m'en sors pas. 

Cette situation a duré deux ans. Deux ans ou j'ai été incapable de dire que j'étais sa mère.

Et puis Eloise à été hospitalise au même moment ou ma grand-mère mourait. Et je n'ai plus put faire semblant. J'ai craqué bien comme il faut avec médicament et suivi médicale à la clé.

Alors pourquoi ce texte sur le post-partum?

Parce que cette phrase dans ce livre m'a interpellé. Aibeleene explique très bien pourquoi elle n'aurait pas pu faire de dépression. Parce qu'elle n'avait pas le temps de se poser des question.


Moi, j'ai eu cette solitude, ce temps, et surtout l'analyse de mes gestes et de mes Sentiments avec mon enfants. Mais que se serait il passé si mon mec était partit, que les angoisses s'étaient tournés vers le besoin de se loger, de se nourrir, de trouver de l'argent? Peut être aurai je fait une dépression que j'aurais lié à ma situation. Mais je ne pense pas que j'aurais fait cette dépression lié à ma maternité parle que l'urgence était ailleurs.

Je ne dis pas que la dépression est un caprice, je dis qu'elle est un luxe. Un luxe qui découle d'une chance que l'on a d'avoir le temps de se poser, d'analyser et que l'on fait de travers parce que l'on est fatiguée, qu'on se cherche et qu'on ne se trouve pas
La dépression quelle qu'elle soit est une horreur que je compare au cancer car on est toujours en rémission..

Mais elle existe aussi parce qu'on a le temps de s'écouter et de (mal) analyser ce qu'on vit ce que l'on fait. Ce n'est ni un bien ni un mal. C'est encore moins un pointage de doigt, une dénonciation. C'est un point de vie critiquable et révocable. Et je serais ravie de pouvoir en débattre avec vous. 

Et c'est justement parce que j'ai traversé cette tempette que je me sens apte et libre de donner mon avis sur la chose.