Et on se rencontre???

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez mowgouaille sur Hellocoton

mardi 12 février 2013

La cause des Enfants

Je lisais cet excellent article de Barbidou qu'elle a publié hier. J'aime les articles quand il me font remettre tout en question.

J'ai toujours pensé que passé un certain stade, la femme comme l'homme, ne pouvaient plus tenter de faire un enfant. Pas que je trouve cela scandaleux ou dangereux pour un enfant d'avoir une mère de 60 ans ou un père de 70 ans. Mais, j'imaginais cet enfant qui risque de perdre son père ou sa mère trop tôt et de devenir orphelins. Certes, on peut perdre son père à n'importe quel âge mas avouons qu'il y a peu de chances de passer ses 30 ans avec un père qui vous a eu à 70 ans

Et puis, en lisant l'article de Barbidou, le sillon du doute s'est introduit en moi. Cette légère fracture qu'elle a créé à travers son post, s'est tout à coup transformé en ravin quand j'ai lu l'édito de Arnaud de Saint-Simon dans la revue psychologies du mois de janvier 2013.

Moi, l'ardente militante pour le mariage gay et pour l'adoption des homosexuels, je lisais ces lignes:

Je suis pour l'égalité des droits et je pense que les homos font souvent des parents plus motivé que les autres. Mais sur sur ce qui est pour moi la vraie question – un enfant peut-il être conçu et élevé par deux parents de même sexe ? – Eh bien je ne sais pas.

Et tout à coup, je me suis offert le droit de ne pas savoir, de ne pas avoir d'opinion sur le sujet. Et surtout de poser une question simple sans réponse, ou une réponse que je n'aurai pas encore élaboré, ma pensée est encore mouvement.

Dans ces deux articles, l'un tiré d'un blog, l'autre d'un édito de magazines, se posent finalement la même question. Qu'est-ce qui prime ? Le désir d'enfant ? Légitime, insoutenable, animal, profond et indiscutable ? Ou la présence d'un enfant, sa vie, son avenir son équilibre et son bien-être ? Et même si ce n'est qu'un infime doute, ce minuscule pourcentage a-t-il le droit d'être parfaitement oublié face au désir d'enfant?

En fait, je ne sais même pas s'il y a vraiment une réponse à ça. Pour avoir une réponse à cela, il faudrait que je n'ai jamais eu à affronter le désir d'enfant. Mais dire que, oui la naissance d'un enfant chez un couple trop âgé est acceptable parce qu'il y a désir d'enfant, c'est aussi reconnaître qu'avoir un enfant est un acte profondément égoïste. Or, le désir d'enfant, est le seul désir au monde qui est à la fois totalement égoïste et un don de soi total. Et c'est là, que se noue le problème.

Par ce que dans ces deux cas, que ce soit l'adoption par un couple homosexuel ou que ce soit l'arrivée d'un enfant chez un couple de plus de 50 ans, quelque soit la décision prise par le couple, elle mettra en avant soit l'égoïsme soit le don de soi, en oubliant ce qui donne aussi sens à la parentalité...

Mais, après tout, ne sommes-nous pas tous des parents qui ne donnons pas le meilleur pour notre enfant ? Je sais que je vais choquer beaucoup en disant ça, mais Winnicott disait lui-même, qu'une mère (et je dirais qu'un parent) doit être suffisamment bon(ne). Est-ce que ma fille, qui est née  finalement d'un « non désir  », n'aura pas autant de failles que celui qui nait entre deux femmes, deux hommes, ou auprès d'un couple qui a 50 ans de plus que lui ? Est-ce que cette enfant que j'ai imposé à son père, ne me reprochera pas elle aussi ce début de vie lourde de sens...

Si seuls, les enfants désirés nés d'un couple qui s'aime composé d'un homme  et femme, pouvaient grandirent, naître et être équilibré, la Terre serait quelque peu dépeuplé.

Je n'ai donc pas de réponse à cette question. Seulement, je sais aussi, par expérience, qu'on se construit sur des failles de notre histoire personnelle. Et que, naitre auprès d'un couple différent, c'est aussi se construire avec des armes, des failles qui construiront notre personnalité.

La seule chose que je peux dire, et que je continuerais à dire c'est que, la décision ne nous appartient pas. Qu'il serait bon de laisser ceux, qui sont concernés par ces questions, avec leurs histoires, leurs pensées et leurs convictions, de décider avec leur pleine conscience. Et de les laisser se poser les mêmes questions sur leur parentalité, que nous nous sommes posés lorsque nous avons accueillis cet enfant chez nous.

Bon c'est sur... Il y en a qui cumule....