Et on se rencontre???

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez mowgouaille sur Hellocoton

dimanche 17 février 2013

Mon pavé dans la marre: Ma liberté de penser

Suite aux dictature militaire du Chili, Augusti Boal, dramaturge brésilien est venu s'installé en France condamné à l'exil, suite à la torture et ses diverses arrestations successives.




Ce sont les années 70, années pourtant de liberté, mais voilà le constat que fait Augusto: En Amérique du sud, le flic est partout. Quoique tu fasses tu es condamné, le moindre mouvement de liberté te promet la torture ou l'exil.

Mais en France, la servitude est plus insidieuse, car la société tout entière t'intime de penser comme ça, de condamner ça ou ça, d’interdire moralement d'autre chose. Du fait le flic n'est plus dans les rues mais dans la tête. Il existe une auto-servitude qui dès le plus jeune âge est enseigné. Plus besoin de flic dans la rue, chacun a le sien dans sa tête gentiment éduqué, formé et formaté.

Quand j'ai étudié Augusto Boal à la fac, puis relu pendant mes études à l'IRTS, j'ai trouvé le fond juste, et pertinent. Mais il me semblait que les années passants, la liberté avait gagné du terrain.

La vérité, c'est que j’évoluais dans des milieu un peu en marge, où les étudiants étaient déjà des populations qui avait cette notion de critique de par son engagement, artistique ou social.


10 ans plus tard j'ai ouvert ce blog. Je suis sortie de mon microcosme un poil intellectuel, engagé, pour rencontrer le reste du monde.

Et je me rend compte que si le pauvre Augusto avait eu le temps de lire nos lignes il serait mort, à nouveau, d'une crise cardiaque devant les cars de flics qu'il y a dans nos têtes.

Essayez donc d'avoir une idée divergente... Essayez donc d'opposer un point de vue, une idée, à contre courant: 
Vous êtes pour la corrida ? Vous êtes un monstre
Vous êtes contre homoparentalité?  Vous êtes homophobe
Vous êtes contre l'avortement?  Anti-feministe, cruche et j'en passe.

Ne vous avisez pas d’émettre un début de pensée sur les couches, les vaccins, le stérilet ou l'école, ami de la pensée unique bonsoir.

Ce qui m’inquiète le plus, c'est que ça ne s'arrête pas à l'opinion. Même si tu commence à émettre le début d'une réflexion alors, tu dis n'importe quoi.

Il y a des idées très poussés sur la drogue ou la pédophilie, que j'ai que je ne formulerais pas ici au risque de passer pour une folle. Mais rien que de noter cette toute petite phrase je me ferais, je le sais incendier dans mes commentaires... Dire qu'on a une idée sur un sujet sulfureux, même ça, le car de CRS que l'on a dans la tête nous en empêche et surtout nous ne supportons pas de lire que quelqu'un pourrait avoir une idée dessus....

Augusto, 4 ans après ta mort, je comprend combien j'aurais aimé te rencontrer. Combien ton combat était juste et louable, et combien tu étais un espace de liberté. 

Aujourd'hui la blogo, que je pensais ouverte et plus libre que la presse n'exprime plus que des pensées toute faites, toute fabriqués par des dirigeants de société, qui savent très bien mener le bateau où il l'entendent en nous faisant croire que nous sommes seuls à la barre... Je sais que beaucoup me laisseront un message en me disant qu'ils sont libres de penser ce qu'ils veulent, et qu'ils ne sont pas influençables pour deux sous. Mais je sais aussi comment chéri, dans son travail, s'active pour qu'ils puissent répéter celà avec certitude mais....

"Le grand mérite du théâtre de l'opprimé est de créer le doute, de ne pas donner de certitude (et celle-ci doit venir, au mieux, après le doute, jamais avant). Si tu donnes la certitude avant le doute, tu ne réponds à aucune nécessité. Le théâtre politique d'avant était univoque, il donnait les bonnes réponses. Ce que nous essayons de faire aujourd'hui, c'est de poser les bonnes questions, la meilleure d'entre elles étant à mon sens : quelle question voulez-vous vous poser ?" A. Boal

Alors merde. Avant d'écrire des lettres incendiaires à celui qui n'est pas d'accord avec vous, posez vous les bonnes questions. Ça s'appelle l'intelligence, et elle est porteuse de liberté.

Et ce pavé est pour la mère Cane