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jeudi 28 mars 2013

Et s'engager...

De mes souvenirs d'enfance, j'ai gardé ce goût haineux pour l'injustice. Sans doute en a découlé logiquement mon choix de carrière, je me voyais comme une justicière au travers de l'éducation spécialisée.


Mais de ce goût de justice, je ne me suis pas arrêtée là. Je préfère militer et prendre les problèmes à la base plutôt que de donner de l'argent et avoir la conscience tranquille. Militante, je suis déléguée du personnel, déléguée des parents d'élève, je discute avec des parents trisomiques, je conseille des copains qui monte leur boite associative. Je ne conçois pas une journée à ne pas offrir un cailloux pour monter la sagrada familia de quelqu'un. 

Je n'ai aucune prétention de mon impact dans le projets des uns et des autres, et pour être tout à fait honnête ce cailloux m'apporte bien plus de bonheur qu'il n'apporte quelque chose d'essentiel à l'autre.

Mais apporter son caillou, n'est pas quelque chose de facile. Parfois je dois apprendre à défendre une idée que je n'ai pas envie de défendre, apporter mon caillou au pont d'Avignon, ou discuter avec quelqu'un d'envahissant. Et puis des fois ton caillou tu te le prend en pleine tronche, et là j'ai beaucoup de mal.

Cette année donc je suis déléguée des parents d'élèves. Pas de bol pour moi, ça tombe sur l'année de la réforme des rythmes scolaires. Si je parle d'un point de vue personnel, moi, perso, la réforme je la trouve pas si mal.

D'abord parce que les enfants les plus défavorisés auront enfin accès à des activités péri-scolaire. Et ça pour moi, c'est le rôle de l'école républicaine. Ensuite par ce qu'on tente de respecter le rythme biologique des enfants.

Maintenant, se donner un an pour tout mettre en place n'aurait pas été de refus, et faire profiter de ce système les enfants à partir de l'école primaire, aurait été plus simple (au moins pour la semaine des 5 jours)

Donc, en tant que parents élus, me voilà depuis 1 mois à me rendre chaque mercredi soir à des réunions, à échanger par mail, à confectionner des questionnaires, pour être au plus juste dans ce qu'on doit défendre.

Et puis maintenant qu'on a tout bien mis en place, les parents commencent à râler, à demander des reports, à nous reprocher de prendre part pour l'équipe municipale et à ne pas savoir nous positionner.  Les questions fusent, les reproches pleuvent mais rien d'autre n'est proposé.

Alors parfois, je pense aux personnes au pouvoir. Ceux qui font de la politique, un métier. Je vois le peuple français râler contre Sarkozy , contre François Hollande, et contre les "touslesmeme", et les engagements dépérir, et je vois les gens ne plus s'engager, ne plus proposer.

Alors j'écoute, je parle et je partage. Et sincèrement je ne comprends plus. Si on écoute, on se rend compte que la population voudrait avoir de l'argent, travailler le moins possible, payer peu d’impôt, que l'école prenne en charge les enfants pendant leurs heures de travail, qu'elle prenne en charge les devoirs, les repas. Il faudrait que tout ça soit gratuit, qu'on ne paye pas plus d’impôt locaux, que l'art soit offert à tous mais que surtout elle ne soit pas payante, qu'on ne touche pas au vacances et qu'on nous offre la possibilité de dépenser plus.

Après l'Etat providence, les gens attendent l'état maternel, qui nourrit, éduque, enseigne, protège. Mais d'aucun n'a l'idée qu'il a une responsabilité dans le bon fonctionnement de cette société autrement que par le vote.

"Politique" signifie "citoyen".

Georges Balandier disait:  "La politique tend à fonder une science du politique, envisageant l'homme sous la forme de l'homo politicus et recherchant les propriétés communes à toutes les organisations politiques reconnues dans leur diversité historique et géographique ». Il est bien écrit l'homme. Pas l'homme politique. Pas le présidents de la république. L'homme.

La politique, ce n'est pas que voter, et râler. La politique c'est prendre position dans la vie de la cité. C'est s'engager, prendre un rôle actif dans une part de la vie citoyenne. On ne peut pas savoir qu'un spectacle se monte dans la commune, réclamer des places gratuites, et râler parce qu'on n'aurait pas fait comme ça dans la mise en scène. Puis l'année suivante, au moment du même spectacle recommencer.

Prendre une part active, ça ne signifie pas nécessairement s'engager dans tout. Mais c'est aussi se questionner, poser des questions, demander, proposer des solutions, et occasionnellement son concours. C'est aussi diffuser l'information, et quand on n'est pas d'accord, descendre dans la rue, mobiliser des gens, et sensibiliser l'autre à notre cause. C'est aussi accepter que l'autre soit aux antipodes de vous, accepter qu'ils n'ait pas les mêmes idées mais se battre pour qu'il soit entendu aussi, et que ça parole soit prise en compte.

Parce qu'à force de ne jamais être content sur rien, à force de ne jamais se positionner, à force de ne pas prendre acte dans notre société et de ne pas laisser les autres s'exprimer, un jour, quelqu'un viendra et décidera pour nous, sans nous demander votre avis. Ce jour là celui qui aura un avis différent aura la tête coupée pour ne plus pouvoir parler et ne plus pouvoir être entendu. A force de se croire protégé de ce genre d'acte, à force de penser que ça n'arrive qu'en Chine ou en Sierra Léone, le danger guette et rôde. 

Et quand il sera là nous auront les lèvres cousus et les yeux bien ouverts pour pleurer.

On est tous une pièce du puzzle