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vendredi 15 mars 2013

Je n'ai plus le droit de mourir

Quand je lis d'autre blog de mamans, souvent, leur plus grande crainte est que leur enfant disparaisse, meurt...

Curieusement cette idée m'effleure peu. Je sais que ça peu tomber sur n'importe qui mais je me refuse à envisager le pire quand ma fille respire la vie et la bonne santé.

Dans la logique des choses, mes parents partiront avant moi et je partirais avant elle. Mais, parfois la logique n'est pas de mise. Quand j'étais au collège je me souviens de deux frères qui avaient perdu leurs parents à un an d'intervalle.

Puis, dans mon métier, j'ai rencontré des orphelins, de père et de mère, des petits, recueillis pas la famille mais qui restaient en institution la semaine...

Ma plus grande peur est celle-là: de mourir avant qu'elle n'ait suffisamment de souvenirs de moi. Partir sans qu'elle ne sache qui je suis et combien je l'aime.

 Je me souvient de cette confession de Carole Bouquet qui avouait devant Amanda Sthers en parlant de ses enfants: "Le jour où j'ai accouché pour la première fois je me suis faite cette promesse: maintenant je n'ai plus le droit de mourir"

Je crois que ceux qui sont passé par l'envie de mourir ou la peur de mourir ont cette réflexion là. Cela me fait penser aussi à ce reportage il y a très longtemps sur les mères ado, où le psy qui les suivait disait "Ce n'est pas n'importe quelle jeune fille qui tombe enceinte. Ce sont souvent des ados qui ont déjà une dépression latente. Mais au lieu de se tourner vers la mort, elle se tourne vers la vie. Au lieu de mourir, elle créé une autre vie".

Nous voilà donc, nous les survivantes... celles qui ont croisé la mort quelques fois dans leurs vies, celles qui ont désirés mourir ou qui ont eu peur de mourir et qui un matin se sont tourné vers la vie. Cette volonté de vivre, ou comment (et celà ne mérite aucun jugement), une naissance les accroché à la vie...
Je crois qu'aujourd'hui, je l'ai tellement provoquée cette mort, je suis tellement allé la chercher, revenant, et repartant, que j'ai bien peur qu'elle ne revienne me chercher au moment où je ne veut surtout pas entendre parler d'elle. Et du coup, punie de mes malheurs de jeunesse, qu'elle ne me vole à ma fille...

Cette pensée totalement, sans fondement, comme si la mort était personnifiée, sorte d'Ankou qui viendrait frappé à ma porte pour me dire "tu vois je suis en retard mais je ne t'ai pas oublié" ne me lâche pourtant pas. Je reste dans cette crainte de partir trop tot sans avoir pu vivre mon rôle de mère.

Et puis bien sur j'ai peur que quelqu'un ne me remplace dans le coeur de chéri, mais surtout dans son coeur à elle. Parce que je ne serait plus là pour que mon amour soit là tout autour et que je le  lui dise chaque soir...

Moi non plus je n'ai pas le droit de mourir. Je vais bien, je suis en bonne santé, mais j'espère que rien ne me séparera d'elle avant très longtemps.