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mercredi 13 mars 2013

Le livre de la semaine


Oh, oh oh mais c'est que ça un bout de temps que je ne vous ai pas livré un livre savoureux et tout pleins d'avis avec... Et pour cause! C'est un pavé que je viens de finir, il m'a fallu presque un mois!!!
Aujourd'hui parlons de "La Couleur des Sentiments" de Kathryn Stockett

Skitter est une jeune femme blanche originaire d'Alabama à la fin des année 50. A la sortie de la faculté, elle retrouve sa mère qu'elle découvre malade, ses amis, mariées et enceinte pour la plupart. Mais elle ne retrouve pas Constantine, sa bonne aimée et adorée. Alors que sa meilleure amie Hilly veut mettre en place une loie obligeant les bonnes à avoir leurs propres toilettes dans les maisons qu'elles servent, Skitter se pose des questions sur la condition des noires, et leurs conditions de bonnes dans les maisons de bonne famille. Lui vient en tête alors un projet fou: écrire un livre avec elles, pour qu'elles témoignent de leurs vies.
 




Ce que j'ai aimé?
Le changement des personnages nous emporte. Et tout nous chamboule: les pensées d'Aibeleen qui vous fait réfléchir pendant des heures, l'amitié improbable qui se noue entre Minny et Miss Célia, l'histoire d'amour qui se fait et se défait...

Et puis le thème. Je ne suis pas américaine, chez moi les différences noirs/blancs n'ont jamais éxistées, ni même été évoqué. Même ma famille de droite, n'a jamais tenu de propos racistes en ma présence. Et pourtant, en lisant ce livre tu te sens coupable d'être blanche, de cette suprématie à la peau claire...

Et puis certains, mots, expressions, que l'on emploie aujourd'hui encore avec les femmes, les arabes, les SDF... Et tout te fait réfléchir sur ta propre position, ton propre discours...

Enfin, l'auteure montre que tout n'est pas si évident que cette injustice: qu'il a été difficile pour les bonnes aussi de quitter une place violente mais rassurante, des règles injustes mais connues pour un monde inconnue où leur place peut être encore plus angoissante...

Ce que je n'ai pas aimé... 
J'ai toujours du mal avec les livres qui parle à la place de l'autre. Je crois à la reelle culpabilité et à la parfaite honnêteté de l'auteure. Cependant, ayant été élevée parmi des blancs, avec des bonnes noires, difficile d'être parfaitement neutre... En écrivant à la place de Skitter et ses aprioris, elle soulage un peu cet aspects des choses, mais on reste quand même dans le romanesque.

Un extrait? 

Tous les après-midi on s'assoit dans le fauteuil à bascule, Baby Girl et moi, pour qu'elle fasse sa sieste. Je lui dis, tu es gentille, tu es intelligente, tu es importante. Mais elle grandit et je sais que bientôt, ces mots-là suffiront pas.
"Aibi ? Tu me lis une histoire ?" Je cherche dans le livre celle que je vais lire. Je peux pas lire une fois de plus Georges le petit Curieux parce qu'elle veut plus l'entendre. Pas plus que Chicken Little ou Madeline. Alors on se balance un moment dans notre fauteuil. Mae Mobley pose la tête sur mon uniforme. On regarde le pluie qui tombe dans un reste d'eau au fond de la piscine en plastique vert. Je dis une prière pour Myrlie Evers. J'aurais voulu pouvoir m'absenter pour assister aux funérailles. Je pense à son fils de dix ans. Quelqu'un m'a dit qu'il avait pleuré en silence du début à la fin. Je me balance et je prie, je suis affreusement triste, et tout à coup, je ne sais pas comment, les mots me viennent.
"Il était une fois deux petites filles. L'une avait la peau noire, l'autre la peau blanche." Mae Mobley lève les yeux vers moi. Elle écoute. "La petite fille noire dit à la petite fille blanche : "Pourquoi as-tu la peau si claire ? " La petite fille blanche répondit : "Je n'en sais rien. Pourquoi ta peau est-elle si noire ? A ton avis qu'est-ce que ça veut dire ?" Mais aucune de ces petites filles ne connaissaient la réponse. Alors la petite blanche dit : "Et bien, voyons. Tu as des cheveux, j'ai des cheveux". J'ébouriffe un peu les cheveux de Mae Mobley. La petite fille noire dit: "J'ai un nez , tu as un nez. " Je lui pince doucement le nez. Elle tend la main et fait pareil. La petite fille blanche dit : "Tu as des doigts de pied, j'ai des doigts de pied". et je chatouille les doigts de pied de Mae Mobley, mais elle peut pas me faire la même chose parce que j'ai mes chaussures de travail blanches. "Donc, on est pareilles! On est pas de la même couleur et c'est tout" dit la petite fille noire. La petite fille blanche dit qu'elle est d'accord et elles deviennent amies. Fin".
Baby girl se contente de me regarder. Seigneur c'était une histoire triste ou je ne m'y connais pas. Même pas une histoire d'ailleurs, il ne s'y passe rien. Mais Mae Mobley sourit et elle dit :" Raconte là encore". Alors je recommence. La quatrième fois, elle s'endort. Je lui dis doucement à l'oreille : " J'en aurais une meilleure la prochaine fois. "

Une note?
  19/20
Appréciation générale?

C'est un des plus beau livre que j'ai lu. Bien sur c'est une interprétation d'un monde qui n'existe plus par quelqu'un qui n'a vécu que d'un coté de la barrière. Mais elle ne s'en défend pas. Et là et toute la qualité de ce roman. Même si je pense que c'est un livre écrit par une wasp pour les wasp, il n'est en rien moralisateur et établit un semblant de vérité avec un soupçon de culpabilité en offrant aussi une autre possibilité de vie à notre monde. En montrant ce qu'il y a de plus laid en l'homme, elle laisse auguré  d'une possibilité que le monde peut aussi être meilleur, à l'image de l'homme.

Si vous n'êtes pas trop préssés, vous pouvez gagner ce livre en laissant un commentaire sur pourquoi, vous aimeriez le lire....