Et on se rencontre???

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez mowgouaille sur Hellocoton

lundi 11 mars 2013

Mon pavé dans la mare: humiliation

Cette semaine, en témoigne le peu de post que j'ai écrit, chéri et moi étions libre et sans enfant, et nous en avons bien profité.... (arrêtez de vous faire des films bande de petits sagouins, non, je ne vais pas parler de cul...)

Vendredi soir tout auréolés d'amour, chéri m'emmène manger dans notre resto préféré: un petit indien tenu par une benghalaise. Quand on va chez elle, on sait qu'on va mettre 2 heures à être servit, qu'elle va nous raconter toutes les histoires de son enfance, ... c'est toujours pareil mais on adore. En plus la bouffe est juste parfaite, tu as un petit gout d'Inde dans la bouche, et le chroniqueur du gault et millaut est d'accord avec nous puisqu'il lui a mis un 13.... C'est dire parce que le Gault et Millaud, il donne une note au dessus de 10 aussi souvent que Benjamin Biolay achète une bouteille de shampoing.

Donc nous voilà au restaurant, assis tous les deux, le restaurant est bondé (depuis la critique dans le gault et millaut et dans le petit futé, les gens se précipitent), quant à 21h30, une famille rentre avec 2 petits (environs 2 ans et 4 ans). Je n'ai jamais rien eu contre les enfants au restaurant, mais à 2 ans les enfants sont bien souvent fatigués et 21h30, pour le restau je trouve ça tard... Mais bon, ce n'est pas mes momes, ils font bien ce qu'ils veulent. Comme je suis près de la porte j'entends la maman qui dit:
"- Excusez-moi mais on a reservé à 21h30, mais les enfants sont agités, il est 21h30, pourriez vous nous donnez une table tout de suite?"

Je répète, le resto est bondé. La table qu'ils ont réservé est libre, en effet, mais pas débarrassée.  Nous connaissons la patronne, c'est un bisounours sur pâte, d'ailleurs je suis sure que quand tu la déshabille elle a un cœur graver sur le ventre. Elle s'active, les place, prend la commande tout de suite, les autres clients attendent, certains s'impatientent, même s'en vont.

Nous voyons qu'elle les fait passer avant nous, les sert en priorité, nous attendons notre commande. Nous comprenons, nous on s'en fout, les samossas, serons toujours aussi bon à 21h45.

A 22h20, le plus petit se cogne la tête contre la table. La maman traverse le restaurant, petit bout dans ses bras, tout le monde en profite. A 22h45, il casse un verre. Nous avion remarqué ces jolis verres tout neuf qu'elle vient d'acquerir. J'ai les boules pour elle. Pas grave, elle garde le sourire. Moi La famille Lequesnois, j'avoue elle commence à me courir. 

Puis à 23h15, alors que nous sommes plus que nous dans le restaurant, nous buvons notre thé...

- Excusez moi, nous avions commandé une demi bouteille et vous n'en n'aviez plus alors vous nous aviez proposé la grande au prix de la demi et là je vois que vous nous faites payer la grande...
- Non, madame, répond la patronne, je vous ai proposé de prendre la grande et de ramener ce qu'il reste chez vous. Le bouchon est là, il n'y a pas de soucis. 
D'abord la patronne fait toujours ça. Ensuite, je connais pas beaucoup de restau qui t'offre la grande au prix de la petite. Avec chéri on se regarde et on commence franchement à en avoir marre de la bourgeoise... Elle parle super fort dans le restaurant, on entend tout, elle fait pression sur la patronne à travers l'humiliation, on est super mal à l'aise...
- C'est pas très correct hein! Ça Madame! Hein! (tout juste si elle a pas son traduccteur d'indien pour être sur qu'elle comprenne bien!). Et puis... et puis... (elle hurle), là! 
Elle a enfin trouvé le crime du siècle, c'est dans faites entré l'accusé la semaine prochaine...
- Là! On vous avait commendé un nan nature! Vous nous avez servi un nan au fromage. Que vous vous trompiez soit! Mais vous nous comptez un nan nature, je vais pas payer un nan au fromage!

Oui, elle a commandé un nan nature à 2,30 euros, mais la dame s'est trompée et lui a servi un nan au fromage à 3,20. Mais avec son mari, ils l'on mangé. Mais bon, comme c'est pas ce qu'elle a commandé, elle paye ce qu'elle a commandé. Mais à AUCUN moment elle a précisé qu'elle avait commandé autre chose.... 

La commerçante se défend mais devant l'esclandre lui rend sa monnaie, et lui rembourse son nan (90 centimes). Chéri se retourne:
- Excusez moi, très bien, elle vous a rendu 90 centimes, c'est peut être pas la peine de faire un scandale
- Mais vous trouvez ça correct?
- Ecoutez ça fait des années qu'on vient là, et on n'a jamais eu de soucis...
Elle continue à hurler que ELLE, elle travaille, (c'est vrai que travailler 7jours sur 7 pour des conasses dans ton genre, c'est pas du travail) et que quand elle fait des erreurs, elle les assume (on a vu...).  Elle prend sa bouteille et s'en va enfin!

Je ne supporte pas, l'humiliation publique. Surtout qu'il y avait dans son ton un poil de condescendance qui m'a mis particulièrement mal à l’aise et tout ça a été fait devant son fils, qui vient d'emmagasiner "tu paie, tu ne dois aucun respect à personne".

Ces restaurateurs travaillent du lundi soir au dimanche soir; on des enfants qui les aide quand ils le peuvent. Il se font un devoir de réussir pour eux, de leur enseigner la politesse et l’intégrité. Et ce qui m'a crevé le cœur, c'est d'entendre le fils de la patronne, mort de honte, derrière le rideau: "c'est bon maman, elle est partie arrête s'il te plait...". J'ai compris que là, on venait de planter entre ce petit garçon de deux ans et ce jeune homme, la graine de l’incompréhension, qui pourrait donner, si personne ne la tue, la fleur de racisme.

Et c'était mon pavé dans la mare pour la mère Cane