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mercredi 4 septembre 2013

L'école pour elle et pour tous.

Je lisais en rentrant ce soir cet article de chez madame sololine, chez qui je découvre un blog rigolo et pas mal écrit même si, pour le coup je ne suis pas vraiment d'accord avec elle.

Je résume pour la flemmarde du fond qui veut pas cliquer sur le lien pour connaître le sujet et qui se dit "Mowgouaille, elle va bien nous faire un petit résumé". Bien vu.

Sololine se plaint. Les nouveaux rythmes scolaires, c'est un peu embêtant parce que ça va fatiguer les enfants, et puis c'était le jour des activités des petits, et surtout le jour des câlins à déjeuner sous la couette. Certes.

Bon, tout d'abord soyons claire. Quand les parents travaillent tous les deux, comme dans beaucoup de famille, les enfants se levaient déjà le mercredi, pour aller chez la nounou, chez les grands parents ou au centre de loisirs... Donc, au niveau du levé, ça ne change pas grand chose pour beaucoup d'enfants. Ensuite, je me souviens enfant, qu'en plus du mercredi levé, j'allais aussi à l'école le samedi matin ce qui faisait non pas cinq levés dans la semaine mais six. Pour autant, j'étais normalement fatiguée en fin de trimestre.... (de plus nous terminions à 16h30 et non pas à 15h45, donc... bon.)

Pour moi aussi ce matin ça m'a fait mal au coeur de la réveiller aux aurore, pour l'accompagner à l'école. Moi aussi j'aurais préféré qu'elle aille s'éclater chez ses grands parents à coup de bac à sable et de discussions avec Eddie sa copine imaginaire mais voilà, j'ai aussi pensé à mon enfance...

Je vais surement choquer beaucoup de monde dans ce que vais dire mais je vais revenir aux fondamentaux de cette réforme. 

J'ai été élevé dans des cités du 93, assez mélangées mais aussi touchées par la grande pauvreté... Et quand j'allais à la danse le mercredi après-midi, je me souviens de ma copine Kinou qui me rappelait ma chance parce que elle, elle ne pouvait pas y aller, ses parents n'avaient pas les moyens...

Moi, fille de fonctionnaires, je rêvais parallèlement à la danse de faire de la natation synchronisée et du théâtre mais nous étions une fratrie de trois, pas moyen de tout faire...

Aujourd'hui, l'école de ma fille propose:
- du théâtre
- des contes
- des cours d'échecs
- de la musique
- du yoga
- la découverte de la nature
- des cours de percu...

Le tarif? Pour une heure de cours, 2 euros 80

L'école ne se contente plus de seulement donner des cours de maths et de français, l'école travaille sur l'égalité des chances et l'accès à la culture et aux arts pour tous. Non, ce ne sera pas réservé qu'à une partie de la population qui PEUT donner d'autres armes et une ouverture différente sur le monde, mais bien aussi à celles et ceux qui ne pouvaient se contenter que du "service de base" offert par l'état.

Bien sur, on aurait pu prendre plus de temps pour que chaque école ait le temps de s'organiser, réfléchir à  l’intérêt pour les petites sections... Oui, je pense que la forme est peut être un peu complexe et brutale, surtout pour les petits. Oui, on aurait pu aussi se pencher sur les différences de financement entre les petites communes et les grosses, et surtout préparer ça en deux ou trois ans n'aurait fait de mal à personne, il n'y avait pas urgence....

Mais sur le fond, l'école fait aussi son travail. Parce que, lorsque j'entends "olala, mais ça va pas être pratique pour la danse ça!!!"ou "Mais comment on va s'organiser nous???? On travaille", (je trouve ça super cool pour les enseignants qui eux sans doute, enfilent des perles...), je trouve que ça révèle quand même quelque chose de notre vision de l'école...

Je m'étais fait la même réflexion au moment de l'histoire du service minimum lors des grèves.... L'école, n'est pas pour ma fille, ou pour ton fils. L'école c'est l'école de la république et elle s'applique au groupe. Son rôle c'est de donner la même éducation à tous, de soutenir ceux qui sont le plus en difficulté, et de motiver ceux qui ont le plus de facilité. Ça apprend certes, les maths, l'histoire et le français, mais aussi la cohésion, la citoyenneté et l'entraide.

Quand je vais à l'école, je ne pense pas "ma fille", je pense "la classe de ma fille". Quand il a fallu choisir entre le samedi matin ou le mercredi matin, je préférais le samedi mais j'ai voté pour le mercredi en pensant que les enfants qui ont des parents séparés devraient être prioritaire. Quand il a fallu inscrire ma fille au périscolaire, j'ai choisi un jour de la semaine où elle irait à la garderie car les places étaient restreintes et que "c'était chacun son tour". Quand le periscolaire a été annoncé, j'ai pensé que, dans la classe d'Eloïse, pour William, Régina, et Maïwen, dont les parents ont de grosses difficultés économiques, c'était quand même plus chouette d'aller écouter des contes ou faire de la percu plutôt que d'être à la garderie jusqu'à 18h....

Oui. Déformation professionnelle ou reste d'une éducation républicaine, ce matin, j'ai expliqué à ma fille que pour apprendre à faire de la flûte avec Marie, elle allait devoir se lever le mercredi matin... 

Oui, l'école, ça sert aussi à apprendre qu'on fait des sacrifices pour le bien être de tous...  Même si ça demande un peu (beaucoup) de sacrifices. Plus tard, je pense que grâce à ça, parce que ma fille aura apprit à penser "groupe" et non pas "moi", elle comprendra pourquoi elle pait des impôts, pourquoi le chômeur n'est pas un glandeur, pourquoi il vaut mieux soutenir la voisine plutôt que de la juger...

Un jour j'ai dit ça à la maitresse de ma fille. "Je suis peut-être un peu trop cool avec ma fille, mais je l'éduque aussi à avoir une grande ouverture d'esprit..."

Et je m'aperçois que cette maxime est encore plus forte que jamais....