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vendredi 22 novembre 2013

Lettre à ma fille

Mon amour,

Dans 10 jours tu auras quatre ans. Je te regarde grandir là au creux de mon cœur, te posant des questions sur la vie et la mort. Je te vois grandir auprès de tes copains, leur promettant de les inviter au grès de tes envies, ne jugeant pas l'autre à son attitude, son handicap ou à son aspect physique. Je suis si fière de toi.

Chaque soir au moment d'aller te coucher je te murmure combien je t'aime. Je vois bien que certains soir, déjà tu soupires devant cette répétition. Mais j'ai tellement peur que tu oublies cela, ou même que tu puisses penser que je n'y crois pas.

Chaque jour, dans chacune de mes actions je pense à toi. J'espère qu'un jour tu t'engageras dans un monde où toi, tu ne te sentiras pas obligée de t'engager pour que les choses changent parce que les choses auront changer. Je voudrais que tu vives dans un monde où l'homme est réellement l'égal de la femme et inversement. Un monde où les femmes n'auront plus à vendre leur corps pour survivre, où les personnes handicapés auront les même droits que toi, où le mot bidonville sera un terme que plus personne n'utilisera. Je m'inquiète du monde dans lequel je t’envoie. Mais je crois que toi aussi tu as un sens profond de la justice, même si je sens que tu sais plus t'en protéger que moi, que parfois tu sens qu'il est bon aussi de penser à toi. Nous t'avons fait bien plus intelligente que moi...

Il y a tellement de choses que je voudrais te confier, tellement de choses, dont je voudrais te protéger, et en même temps, je voudrais te lancer dans la vie que tu choisisses, que tu vives, que tu te confrontes à la vie dans ce qu'elle a de meilleur.

Ma mère me dit souvent quand je dis quelque chose sur ma propre maternité: "ah mais j'ai été mère avant toi! Je sais"... Je ne crois pas. Je crois que chacun a sa façon de vivre sa maternité avec ses propres espoirs et ses propres craintes. Je te sens si fragile, si inquiète et si forte en même temps. Je me retrouve parfois dans ta détermination.  Mais tu te laisses moins marcher sur les pieds que moi au même âge! Mais j'en ai tellement bavé de ne pas rentrer dans le moule.. J'en ai tellement souffert de vouloir être moi, différente. Je suis à la fois tellement fière de ton coté rêveur, de ta capacité à inventer des histoires et des chansons qui tiennent la route. Et en même temps je sais qu'il n'y a pas de place pour les oisifs dans ce monde... Il n'y a pas de place pour ceux, qui pensent et vivent différemment.... J'en ai payé moi-même cher le prix. 

De toute façon tu ne me demanderas pas mon avis, et moi, je me garderais bien de te le donner. j'ai assez souffert de l'expérience de mes parents et des "tu vois je te l'avais dit".  Je préférerais t'apprendre les avantages et les biens fait des erreurs, des escouades, et de tous ces chemins tortueux qui te mènent là où tu dois aller. Ta vie sera riche de tes expériences même des plus douloureuses.

Certains disent à leurs filles "c'est important d'être belle". Moi je te dirais l'important c'est d’être heureuse, et surtout  de réfléchir à ce que l'on voit, ce que l'on pense et toujours tout remettre en question, ne jamais avoir de certitude... C'est comme ça qu'on avance....

Encore une fois, sache que je t'aime et que quoi qu'il arrive nous serons là, ton père et moi.

Ta maman mièvre. Mais qui l'assume.