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mardi 31 décembre 2013

Cher Monsieur Mandela

Cette année va se terminer sans vous. Pour la première fois de ma vie.

Cette année, même si elle se termine pour moi par la plus belle des manières a été dure. Mais votre disparition le jour de mon anniversaire, je l'ai vu comme un signe, un signe de continuer la lutte, ma lutte pour l'égalité. Non pas entre les peuples mais entre les êtres.

Votre force c'est que dans votre combat, vous avez réussi à être le modèle d'un monde en perdition. Mais surtout, en 1990, vous êtes devenu le modèle d'une petite fille de 11 ans, et vous avez sans le savoir décidé de son chemin de vie.

Je me souviens, nous étions chez des amis, tout le monde avait les yeux rivés sur la télé. Je revois encore la tartelette refroidir sur la table. Oui je me souviens de chaque détail. C'est la première fois que nous regardions la télé un dimanche en étant des invités.

Mes parents, m'ont expliqué votre combat. C'était finalement facile pour moi de vous prendre en héros... J'étais née dans une famille où l'égalité entre les peuples avait un sens.

Mais ce jour là, ce ne fut plus que de mon héritage dont il était question, même plis qu'une histoire   d'éducation. Il était question de comprendre, et de faire un choix. Un choix d'adulte: est-ce que oui ou non j'accepte moi aussi de prendre cette bataille pour l'égalité, ce don de l'altruisme? Est-ce que j'accepte de ne pas rentrer dans le système au risque parfois de me battre seule? De laisser les autres penser que je me bats contre des moulins à vent?

Je rentrais en conviction comme d'autres entrent en religion. C'était évident j'étais prête à ce combat. Moi, je ne risque pas la prison ou la peine de mort. Mais il est vrai que continuer à se battre même quand l'autre vous dit "ça ne sert à rien", c'est parfois décourageant. Mais me regarder dans une glace quand, dans la rue, je suis capable de dire à un homme qui fait deux fois ma taille "non, vous n'avez pas le droit de lui parler comme ça", j'avoue que tous ces moments de découragement sont oubliés. Je sais qu'à ce moment là, j'ai été utile et l'autre a fermé sa bouche...  Et surtout que les témoins de cette scène prendront peut être exemple...

Oui, Monsieur Mandela, à votre libération, je vous ai rencontré, et j'ai rencontré mes premières certitudes: tant que des gens étaient capables d'user de leurs vies pour défendre le droit de tous, alors moi je pouvais parler, défendre et me battre.

Aujourd'hui, en ce dernier jour de 2013, je suis un peu inquiète de voir le monde se tourner vers l'antisémitisme, la haine, le racisme. Oui je m'inquiète du sors du centre Afrique, de voir ces quenelles naitre sur les bras plutôt que dans nos assiettes, ces rires gras sur le Rwanda ou le fours crématoires...

Oui, je m'inquiète. Mais je suis là. Nous sommes là. Et toujours avec vous pour modèle, même l'inquiétude et la peur ne pourra nous faire changer d'avis... Et nous continuerons à nous battre, et suivre le chemin que vous nous avez montré. 

Voilà, mon voeux cher Nelson. Que cette année nous soyons de plus en plus nombreux à ouvrir nos voies pour que la haine en marche ne passe pas. Et  le plus belle hommage que l'on puisse vous faire est un monde de paix. Un monde ou votre combat ne sera pas compris par les générations futures parce qu'il sera obsolète, d'un autre temps...

Bonne année à tous