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mardi 21 janvier 2014

Chers parents d'enfants handicapes

Je sais que mon billet d'hier à pu vous choquer. Vous, titubant, sur le chemin de l'administration, avec des enfants qui cherchent des structures, avec autant de refus que de possibilités. Oui, je ne me suis pas rendue compte dans ma colère, qu'enfin on parlait de votre chemin de croix et que ça vous soulageait. Je n'ai vu que ces maltraitances exposées et dévalorisantes pour le métier que je mène et qui moi aussi m'épuise.

Mais mon billet d'hier n'était en rien un affront à vos batailles. Bien au contraire. Moi, éducatrice, je me bats tous les jours contre les administrations pour que vos enfants soient juste heureux. Parce que finalement, nous, educ, nous sommes en première ligne. C'est nous qui recevons votre colères, vos inquiétudes, vos reproches. Je les entends tellement fort certains soirs. Je ne peux pas vous comprendre. Ma fille va bien. Il fut un temps où le diagnostique sur une déficience possible était attendu. J'en ai passé des nuits à prier et à supplier pour qu'elle soit sans handicap. Je ne voulais pas de cette vie pour elle.

Je vous vois dans mon bureau parfois vous déchirer dans votre couple, pleurer, dire que vous en avez marre.... Et malgré cela non je ne peux pas vous comprendre. Ma fille va bien.

Je suis comme un médecin qui diagnostique une maladie très douloureuse. J'ai beau savoir que vous avez mal, je n'ai pas la moindre dimension de cette douleur. Je me rend malade à chaque refus expliqué à une famille. Je sais que pour eux derrière, ça va être encore un long combat et que moi je ne peux leur apporter d'autres réponse qu'un non. Il m'est arrivé plus souvent qu'à mon tour de sortir en pleurant, en vomissant devant l'inaction de mon travail.

Voilà. Je suis témoin tous les jours de votre douleurs.. Et j'entends vos cris: "les éducateurs  qui maltraitent, se taisent, ne s'investissent plus".

La première fois où j'ai dit que je n'étais pas d'accord avec ce qu'il se passait dans mon établissement, mon directeur m'a répondu "la porte est là si tu n'est pas contente". Pourtant  je savais  que faire travailler des adultes déficients intellectuel en foyer de vie, sans les payer, en sous traitance d'ESAT ce n'était pas légal. Alors il fallait que je choisisse: une maison à payer, un enfant à élever, m'asseoir sur mes valeurs? J'ai écris partout pour dénoncer ce système, journaux, blog, ministre. Mais cette violence la est invisible. Quand ils travaillent, ils ont le sourire et disent qu'ils aiment ça alors.... Alors on rend les choses le plus agréable possible:  on organise des sorties digne de ce nom pour les remercier et donner de la valeur à leur travail. Et c'est tout. Nous, educ, pris en otage dans le système.

Et puis il y a eu l'accès à la sexualité. 4 ans pour obtenir qu'ils aient droit à une information. 3 pour qu'ils aient un endroit à eux ou se retrouver dans l'intimité. Aujourd'hui les couples se "câlinent" au mieux dans les toilettes. Au pire dans l'espace commun, au milieu de tout le monde.

Lorsque nous demandons cette salle ressource, on nous répond que nous sommes un externat et que ce n'est pas le lieu pour se "câliner"



Et les educ d' sont la impuissants devant les besoins légitimes des personnes. Avec des solutions que les directions ne veulent pas entendre.

Alors oui. Quand je vois des reportages sur M6 qui dénoncent la maltraitances sans dire d'où elle vient, Oui je suis en colère. Parce qu'elle sous entend que nous sommes lâches, mais nous sommes surtout lâchés. Et comme tout contrat nous devons être fidèles à notre employeur et ne pas le dénigrer devant, vous parents...

Cher parents, n'oubliez pas que nous sommes de votre côté, que nous sommes vos alliés pas vos ennemis. Et que parfois il est difficile de se confronter à une direction à l'opposé des besoins de vos enfants, et a vos jugements qui reposent sur vos points de vues.