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lundi 3 mars 2014

Penser ou militer telle est la question?

Ça fait longtemps que je voulais écrire cette article et je n'y arrivais pas. Suite, au diverses manif pour le mariage gay, pour le soutient au droit à l'avortement, je me suis sentie un poil mal à l'aise et le cul entre deux chaises. Et j'ai un gros cul, pour autant, ce n'est pas si confortable d'avoir le cul entre deux chaises.

Et c'est mon pavé dans la mare pour la mère cane

Comment vous dire? 
Il fallait choisir son camps. Soit tu es pour, soit tu es contre. Soit tu es homophobe, soit tu ne penses pas aux enfants. Soit tu es catho extrémistes, soit une tueuse d'enfant. Bref. Autant vous dire qu'avec mon cul entre deux chaises, je pouvais AUSSI finir écartelée...

Pour tout vous dire, si un jour ma fille m’annonçait qu'elle était lesbienne, non je ne sauterais pas de joie. Oui, je pense qu'elle pourrait être heureuse, et je ne lui dirais rien de mes questionnements et de ma deception. Mais oui, je pense qu'il me faudrait un temps pour digérer, un temps pour faire le deuil de ce dont je rêve pour moi. Egoïste hein? Oui, je crois qu'on l'est tous un peu quand on a des enfants.

Oui je pense que je serais plus heureuse de savoir qu'elle est tombée enceinte naturellement que de savoir que de toute façon, quoiqu'il arrive elle devra passer soit par l'adoption, soit par la PME, deux parcours plus difficiles et plus long que pour une procréation classique. Ça ne rendra pas sa maternité moins belle, moins méritée, mais je devrais d'emblée effacer cette possibilité d'une grossesse naturelle pour ma fille.

Et puis, pour le mariage, il en va de même. Je suis comme toutes les mamans, qui rêvent de robe blanche, dragée, et flonflons... Mais dans ma tête, c'est un homme à son bras. Ce n'est pas que c'est mieux, c'est que je suis bêtement victime des stéréotypes qu'on m'a bien souvent offert dans mon enfance, et, même si c'est difficile de l'admettre, ou je devrais faire le deuil de cela... Ne jamais rien en dire à ma fille, ce sera mon seul crédo. Ce travail, je le ferais parce que pour l'instant, je n'arrive pas à l'envisager, ce n'est pas comme ça qu'on m'a éduquée.  Je dois défaire ce qu'on m'a appris pour mieux accepter ma fille telle qu'elle sera.

Il en va de même pour l'avortement. Je ne suis pas pour. Pas contre non plus. L'avortement est une solution de recours, quand on n'a plus d'autres choix. J'en sais quelque chose. Je crois que oui, il vaut mieux avorter que d'élever un enfant quand on ne s'en sent pas capable pour une raison économique, physique, morale. Chacun son histoire. Avorter 12 fois, il y a quelque chose de choquant c'est sur. Mais je me demande toujours comment on en arrive là? Et qui suis-je pour juger? 

Mes positionnements ne sont donc pas aussi tranché que cela... Il y a même des questions au sujet de la PMA qui me choquent. Comme par exemple, peut-on proposé la PMA à des femmes de plus de 50 ans, étant donné que naturellement, une femme ne peut plus avoir d'enfant à cet âge là. Qu'en est-il d'un enfant de 15 ans qui a des parents de 60, 70 ans? D'un enfant qui perd ses parents à 18 ou 25 ans? Oui ça me pose questions (autant du coté des hommes, que des femmes d'ailleurs...)

De même, la question des mères porteuses, me posent toujours un problème. Le commerce du corps féminin est un sujet tabou. Que ce soit le sexe ou le ventre, ne fait pour moi aucune différence. Porter un enfant avec tout ce que ça comporte comme risque douleurs, et attachement, c'est quand même quelque chose de particuliers...

Et alors?

Oui tout ça me pose des questions personnelles et évidentes. Mais qui suis-je pour décidé pour les autres? Non, je n'irais pas militer pour la PMA pour tous, pour les mères porteuses mais qui suis-je pour militer contre??

Ce qui est condamnable dans toutes ces prises de décisions, ces manifestation pour tous,  ces oppositions, c'est qu'on milite contre les droits autres. Il est, à mon sens, très différent de penser que ce n'est pas une avancée de proposer à une femme de 56 ans de faire un enfant par PMA, et descendre dans la rue et militer pour ne pas que ça se fasse, que ça existe. 
Si d'autres peuvent avoir des droits et que des gens compétents et après études et réflexions pensent qu'on peut leur donner ces droits alors, je peux penser que c'est un tort sans me positionner "contre". D'ailleurs, pourquoi penserais-je mieux qu'eux? Qui suis-je pour avoir un avis qui compterait plus dans la balance? Une éducation? des siècles à penser comme cela? Et si c'était moi qui me trompais?

Car je ne connais pas la vie ni l'avis de ceux et celles pour qui c'est nécessaire, vitale. Et ma position "intellectuelle", ne concerne que mon histoire et mon éducation...

Ce qui me choque, et je m'aperçois que beaucoup pensent comme ça, c'est qu'on pense souvent que notre point de vue est le bon. Que nous savons quoi faire pour que l'humanité tourne dans le bon sens, alors que la vérité n'existe pas. Il y autant d'avis qu'il y a de gens, autant de vérités que d'humain, et c'est comme ça que tourne la terre. C'est une affaire de culture, d'éducation, d'apprentissage... Il faut parfois savoir tout remettre en question. Et si on n'y arrive pas, au moins admettre que d'autres ont le droit de penser ainsi et de militer pour leur propre vie.

Tant qu'on pense que la meilleure façon de marcher est la notre, et qu'on lutte pour que chacun marche à notre rythme, c'est le monde qu'on empêche de  fonctionner...