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lundi 14 avril 2014

Je juge car je suis

Lorsque j'étais étudiante, il me semblait que quoi que décide l'autre, quelque soit ses choix, je m'en foutais. En fait, non. Je ne m'en foutais pas vraiment, j'avais mon point de vue sur la question, parfois ça me perturbait, ça me gênait, mais je le gardais pour moi.

Est-ce qu'il y une hormone "adulte", "maman", qui fait qu'on perd cette capacité à perdre notre self-contrôle?  Au début de ma vie de maman, j'étais outrée par les conseils contradictoires qu'on pouvait me donner. Même les félicitations me sortaient pas les trous des mamelons: je ne comprenais pas qu'on me félicite de donner le sein ou de reprendre le travail. C'était mes choix non? Comment pouvait t-on me dire que mes choix étaient les bons sans partager mon quotidien? Sans même savoir comment je les vivais, ce qu'il se passait dans am tête???

Et puis je me suis aperçue que ce n'était pas un principe de maman.... derrière les petites remarques assassines "Oh, bah toi tu as un bon coup de fourchette", "Jamais je n’enverrais mes gamins à l'école avec des fringues pas repassées, moi", "Je sais pas comment tu as le temps de tenir un blog, je n'ai pas le temps moi!",  etc... se cachait bien souvent un jugement à mon propos. Des remarques qui en plus de me blesser très profondément, me rendait incapable de répondre, et me faisait remettre en question avant que Jean-Marie Bigard n'ait le temps de dire "bite, couilles, poils"

Je suis comme tout le monde, je vanne, j'interprète, je juge celui qui ne fais pas comme moi. Je peux même parfois être assassine dans mes propos pour peu que je sois un peu en rogne contre celui qui ne fait pas comme moi. Je n'avouerais pas mon pire remord à ce sujet, mais un copain m'a ressortie un jugement pas piqué des vers au sujet d'une de mes collègues. Un truc horrible que je regrette encore aujourd'hui... Pas plus tard qu'hier en direct de Disney, je me suis entendue dire "Je ne comprends pas ces mômes de 7 ou 8 ans en poussette avec tétine dans la bouche". Mais qu'est-ce que ça peut me foutre, finalement?

Alors, je me suis posée la question. Qu'est-ce qui nous angoisse chez celui qui ne fait pas comme nous? Pourquoi trouve t-on cela si insupportable ? Et surtout pourquoi, est-ce si difficile de se remettre en question face à ce jugement?

Reprenons l'exemple de la petite fille dans la poussette. Pourquoi ai-je réagis comme ça?
Le coeur: Toi qui élèves ta fille dans l'idée d'une indépendance et d'une autonomie la plus tôt possible, tout en respectant son rythme et son désir, cela va à l'encontre de tes principes.
La raison: Oui mais là ce n'est pas ta fille. Tu décris ça sur une image. Cette enfant avait peut-être un retard mental que tu n'as pas vu. Ou bien ses parents, n'ont simplement pas fait les mêmes choix éducatifs que toi. Et à la rigueur ça ne te regarde pas.
Le coeur: Pas faux. Mais cette petite fille sera soumis au jugement, elle peut aussi souffrir de cette image... Je le vois bien quand ma fille fait preuve de maturité et d'indépendance, elle attire les félicitations de tous. Je suis fière d'elle.
 La raison: Et pas un peu de toi aussi? Finalement, si tu l'élèves ainsi, n'est-ce pas aussi un peu pour qu'on la regarde avec une certaine fascination?
Le cœur: Oh, c'est bon, ta gueule OK???

Donc voilà. Finalement, quand quelque chose nous gène chez l'autre, qu'on lui colle une étiquette, qu'on juge, qu'on languedepute un peu, c'est sans doute parce qu'il parle à notre conscience et révèle quelque chose qui ne nous plait pas tout à fait...

On cherche alors celui qui sera d'accord avec nous, on languedepute entre nous. Les cœurs se parlent entre eux et font taire la raison... Facile et humain.

 Parce qu'on fond, ce qui nous choque, ça nous parle, ou plutôt ça parle à notre moi profond :
"Regarde, là, il y a un truc qui va pas".

 Parce que si ça ne nous touchait en rien, alors, On ne le remarquerait même pas...

En conclusion je dirais, que le but de ce billet n'est pas de dire "Ah oui, l'autre..." mais bien de réfléchir à ce que l'on fait soi: que chacun réfléchisse à la dernière fois où il a languedeputer et sans jugement, fasse lui aussi parler son cœur et sa raison. Et franchement, j'adorerais que vous aussi vous me mettiez vos petits dialogues en commentaires, sur ma page facebook ou sur hellocoton.... J'attends, je guette...