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samedi 26 avril 2014

La vie c'est comme une boite de chocolat

La venue d'un enfant n'est pas toujours une joie. Souvent à cette période de l'année je me replonge en arrière... 5 ans exactement.

Un test de grossesse. Je suis enceinte. Je panique.

Ce n'est pas un choix. Du moins pas pour lui. Je savais que je voulais un enfant, pas lui. Disons que les choses n'étaient pas calculées. Il a fallu annoncer ma grossesse, affronter tour à tour sa colère, sa résignation, son désinvestissement, ses menaces, sa peur.

Ce n'était pas le plus dur. J'avais fait un choix: je gardais cette enfant. Il n'avait pas l'obligation de faire le même choix. J'expliquais à qui voulait l'entendre que j'avais le droit d'avorter. Il avait donc le droit de ne pas l'assumer. J'étais libre de ma vie, lui aussi.

Mais c'est là que les gens se révèlent. Et là, où j'avais le droit de choisir ma vie, le autres se chargeaient de nous condamner: "Il n'en veut pas, tu avortes, c'est pourtant simple", "C'est pas un coup d'un soir! Il assume! vous l'avez fait ensemble ce bébé non?"....

Je culpabilisais de lui imposer cette enfant, alors que je ne pouvais pas faire autrement. Je le voulais, c'était ma chance, ma bataille. Affronter seule cette grossesse, au moment où j'ai vu le mot enceinte apparaitre, je me l'étais préparer. Bien sur j'avais rêver de pleurs et de rires, mais la vie n'est pas toujours comme on se l'imagine. Cette enfant était là. j'avais déjà cette chance ce n'était pas donner à tout le monde. 

Je ne dis pas qu'il y a eu que des moments gaies, que j'ai toujours été courageuse, ou que je n'ai jamais pleuré... J'ai eu peur bien des fois qu'il me laisse élever seule cette enfant. Mais encore une fois, le plus dur ce n'était pas sa réaction que je comprenais. Je savais que parfois, lui aussi culpabilisais, cherchait sa place de père imposé... je savais que je n'avais pas été tout à fait honnête... Alors je voulais lui laisser le temps. Il avait neuf mois. Le plus dur ça a été ces gens tout le long de ma grossesse, qui jugeaient, me racontaient des horreurs sur des gens qui avaient connus des situations similaires, du moins le pensaient ils. Car chaque situation est unique et compliquée.

Et puis je dois mon courage à cette infirmière. Je pleurais dans ma chambre d'hôpital, quelques semaines avant l'accouchement et elle s'est assise sur mon lit et m'a dit:

"Vous savez, ça fait 38 ans que je suis sage-femme. Des hommes amoureux du ventre de leur femmes, j'en ai vu. Ils les embrassent, expliquent ce qu'ils ont vu dans les livres, aiment, désirent... Ils sont collant, nous donnent des leçons... Et puis le bébé nait. Et là, on est dans la réalité et le papa, on ne le voit plus. Votre mari, il se prend ça en pleine tête. Et bien, c'est sa façon à lui de se préparer à être père, tout seul dans son coin. C'est pas facile pour vous, mais vous verrez, après l'accouchement, il sera là, prêt à être père. Et puis je vais me débrouiller pour qu'il ait sa fille dans les bras directement après l'accouchement."

Voilà. Elle n'avait jugé personne. Chacun était libre de son choix, et ça n'augurais d'aucun futur noir, ou angoissant. A la naissance, il était là, il a trouvé les mots justes pour m'encourager malgré son angoisse. Il a affronté la peur, l'angoisse d'une petite fille qui ne respirait pas. Ensuite, il y a eu ce temps d'adaptation. Il a tout de suite été inquiet pour elle et j'ai compris qu'il serait là.

J'ai compris, contrairement aux autres, que devenir père ce n'est pas donné à tout le monde. J'ai eu la chance de tomber sur un homme qui m'aimait suffisamment pour repousser ses plus grandes craintes, de grandir, et pour comprendre mes désires de femme et ce que je voulais construire avec lui. Et c'est justement parce que chacun était libre de faire un choix, libre d'accepter cet enfant et de ne pas l'imposer à l'autre, qu'aujourd'hui nous sommes une famille unie. Et c'est ma plus belle fierté...