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mercredi 2 juillet 2014

Les chemins de traverses

Quand j'étais petite, je rêvais d'être "maitresse d'école". Ce qui peut paraitre "un rêve de petite fille", était vivace en moi. A la récréation, j'allais dans la cour des petits pour organiser des jeux et leur apprendre "des trucs". Je répondais à leurs questions, je faisais la chef dans la distribution des vélos. C'était évident...

J'ai grandit avec cette idée. Je ne me voyais pas faire autre chose... Bonne élève, je ne travaillais que dans cet objectif. 

Puis, à l'adolescence, le malaise, qui me fait plonger. mes notes dégringolent, je redouble, encore, je loupe mon bac, on me convoque chez la conseillère d'orientation... Je suis en terminale, je retranscrirais mot à mot tellement cette conversation a changé ma vie...
- Vous voulez faire quoi l'année prochaine?
- Art du spectacle
- Et après?
- L'IUFM
- Ah. Mais art du spectacle ça ne mène pas à l'enseignement...
- Peut importe, il faut une licence.
- Oui, mais votre dossier, va peser dans la balance, on preferera toujours quelqu'un qui a fait histoire.
- Mais je ne veux pas faire histoire!
- Bah non! Vu vos notes... Pourquoi vous voulez faire instit?
- J'ai toujours voulu faire ça...
- Oui, un rêve e petite fille quoi! Faut grandir mademoiselle! Bon toute façon vu vos notes vous ne pouvez pas faire l'iufm, c'est sur. Déjà si vous avez votre bac... Réflechissez à une autre option.

Voilà comment en 10 minutes mon monde s'est effondré...

Alors j'allais faire quoi?
J'ai commencé par faire art du spectacle, j'ai bidouillé dans les coulisses, dans la relation publique mais j'ai bien senti que ce n'était pas mon truc...

J'ai passé mon concours d'éduc... Pas mauvaise mais souvent à coté, pas d'accord. Puis j'ai craqué. Un vrai craquage avec burn out, pleurs et remise en question constante.... Je me sentais nulle.

Et puis à plusieurs reprises, ici et là, certains me disait "pourquoi tu ne passes pas le CRPE?" (concours des professeurs des écoles). Toujours une excuse pour ne pas le faire. Jusqu'au jour où on a demandé la maitrise pour passer le concours. Cette fois il fallait tourner la page.

Et puis l'année dernière, je vois que le concours est ouvert aux personnes qui ont travaillé 5 ans dans le privé. Ca tombe bien, moi, ça fait 6 ans... Et puis, ils cherchent des profs en CLIS (instit auprès des enfants handicapés) et ça ça me botte carrément: Etre dans l'instruction auprès d'enfants qui ont une autre demande, une autre attente. J'ai aimé travailler avec Arthur, Alexis ou Louise, j'ai aimé travailler dans le handicap! Pourquoi ne pas joindre les deux???

Je me lance. Au début j'étais hyper motivée. Mais je n'ai plus 20 ans, un enfant, et une activité à temps pleins. Je fatigue, lâche prise, et conçois que je ne le passerais qu'en 2015, que je le travaillerais en 2 ans. J'hésite, puis je me décide quand même à me présenter à l'examen. L'analyse me semble simple, la pédagogie, j'en fais tous les jours alors je me dépatouille pas trop mal...

En maths, je surf sur le théorème de Pythagore, et les calculs de temps. Je prends beaucoup de temps et je n'ai pas le temps de tout faire. Peu importe, je suis là "pour voir".

Sauf que le "pour voir" se transforme en "admissible" et je me retrouve à l'orale. Je n'ai rien préparé. Je bosse d'arrache pied, j'ai mal partout, je ne dors plus, j'ai une tendinite de malade à la jambe et j'y crois.

Et puis l'orale arrive avec une migraine fantastique... L'orale d'EPS se passe relativement bien. Mais la connaissance du système scolaire est une catastrophe, je ne comprends pas la moitié des questions et je panique. 

Je ne panique pas trop à la sortie, il me reste mon dossier et je suis sure de lui, de moi. Mais je jour de la présentation, je ne sais pas ce qui me prend, je dis n'importe quoi. Les examinatrices baillent, s'énervent, me posent de questions que je ne comprends pas, que je trouve sans sens et finissent par "Dommage que vous ne nous ayez pas parler de ça, c'était le seul truc interessant de votre dossier". Je sors, j'appelle mon mec, ma mère et je pleure tout mon sous. C'est mort. Et curieusement c'est là que je comprends que c'est ça que je veux faire, que c'est pour ça que je suis faite, je comprends que là, je viens de passer à coté de mon rêve.

Je pleure pendant deux jours. Puis je me prépare à autre chose: quitter mon job, faire des remplacements, mieux saisir mon concours. Et me préparer au choc, au refus. 

Et puis, finalement je suis reçue. 18eme. Dans les premiers. Et soudainement je regarde le chemin parcouru. Et je me dis: "tous ces détours pour en arriver là...". Peu importe. Je me suis égarée, je me suis cherchée, j'ai révé, j'ai pris des chemins tortueux pour retrouver mes petits cailloux blancs.

Si vous avez un rêve, peu importe les chemins sinueux que vous prendrez. Prenez votre temps, d'une façon ou d'une autre vous y arriverez.... Et l'important c'est d'arriver...