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mercredi 26 novembre 2014

Chère Simone

Chère Simone,

Je ne dois pas être la seule à m'adresser à vous aujourd'hui. Mais je voulais vous remercier.

4 ans avant ma naissance, vous avez défendu avec votre âme, votre coeur et vos convictions, cette loi que nous fêtons aujourd'hui, cette loi qui pour ma génération, nous semble naturelle et acquise, et pourtant...

Cette loi qui pour la génération de ma mère a été un soulagement, une libération.

Je vous remercie car grâce à cette loi, j'ai pu faire deux choix distincts. Une fois de ne pas garder l'enfant que j'attendais. La fois suivante de le garder. Aucun de ces deux enfants ne m'a été imposé. Quelle aurait été ma vie avec un enfant que j'aurais élevé sans doute seule. Comment aurais-je pu aimer autant ma fille aujourd'hui si le choix n'avait pas été possible de dire "oui, je veux cet enfant".

Car oui, la loi autorisant l'avortement, c'est une loi qui laisse le droit à la femme de dire "non, je ne veux pas avorter. Même si cet enfant n'était pas désiré, attendu, je fais le choix de l'aimer, de l'élever, et de l'accompagner". Et faire ce choix, c'est un choix aussi fort que de dire "nous voulons, désirons un enfant". 

La loi sur l'avortement c'est aussi dire "cet enfant, ne sera pas heureux, car je sais, moi, que je ne suis pas dans les dispositions pour l’accueillir, l'aimer et l'accompagner". Si ça ce n'est pas un choix d'amour pour un être qui n'existe et n'existera pas, de décider de ne pas lui donner vie car on ne sera pas capable de le rendre heureux, alors je ne comprends rien à l'amour.

La loi autorisant l'avortement, c'est le droit ultime à la liberté de la femme, de choisir, de penser par elle-même, et en celà, Simone, je vous remercie. Vous êtes et resterez pour moi une grande dame, et malgré toutes les idées politiques qui nous séparent, j'écouterais vos paroles toute la sagesse qu'elle peuvent promettre malgré vos quelques printemps...

Il y a quelques femmes qui m'ont marquée et m'ont construite dans mon féminisme. Sachez, Simone que vous êtes de celles-là. Je tente chaque jour de m'inspirer de votre courage, de votre dignité et de votre intelligence. Que les femmes d'aujourd'hui et de demain soient à votre image: indépendante, intelligente et qu'elles aient cette soif de liberté.

Excusez moi, Simone pour ces quelques babillages, ces quelques familiarité, à votre égard. Ils ne sont là, que pour signifier à mes soeurs que le combats continue et que nous devons nous porter garantes du votre. 

"Aux armes citoyennes..."

"Parce que si des médecins, si des personnels sociaux, si même un certain nombre de citoyens participent à ces actions illégales, c’est bien qu’ils s’y sentent contraints ; en opposition parfois avec leurs convictions personnelles, ils se trouvent confrontés à des situations de fait qu’ils ne peuvent méconnaître. Parce qu’en face d’une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien, ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont trois cent mille chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames.
C’est à ce désordre qu’il faut mettre fin. C’est cette injustice qu’il convient de faire cesser."

Simone Veil 


Merci.