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samedi 21 mai 2016

Pourquoi je ne retournerai pas au musée de l'Orangerie

Lundi dernier, vous vous souvenez c'était férié...

Comme en ce moment ma fille me reproche toutes les deux heures de ne pas faire assez de choses avec elle je me suis dit qu'on allait se faire une petite sortie sur Paris... "Trop cool" comme diraient mes élèves.

Puis ça tombait bien, ma copine Lau. et ses enfants Maël et Ninon avait envie de nous voir.

Lorsque j'ai demandé à ma fille ce qu'elle voulait faire, alors que je m'attendais à l'éternel "Disneyland" elle m'a répondu:"Maman, à l'école on a vu des peintures de Vincent Van Gogh, il y a un endroit où on peut en voir?"

Assez épatée par son désir et sa culture, je me renseigne sur le musée d'Orsay qui est malheureusement fermé. Du coup on se rabat sur le musée de l'Orangerie. Il n'y a pas de tableau de Vincent Van Gogh mais une exposition sur les Nymphéas de Monet. Une bonne occasion de l'initier à l’impressionnisme.

Nous sommes arrivées en avance, donc nous avons commencé l'exposition toutes les deux. Je commence par les nymphéas. Éloïse a des yeux énormes devant les œuvres qui s'étalent sur trois salles. Je l'approche pour lui montrer les tâches provoquées par le pinceau du peintre, puis nous reculons pour voir apparaitre le dessins des nymphéas. Éloïse rigole et me dit que c'est "très bien peint" voir que c'est "magique". Mais une enfant de 6 ans qui s’enthousiasme devant les nymphéas ne s'encombre pas de l'endroit où elle se trouve et dit tout haut (je précise qu'on était très loin des hurlements) ce qu'elle pense et ne chuchote pas. Mais déjà un gardien nous fait les gros yeux. 

Un peu échaudée je descend au sous-sol. Entre les deux étages il y a le magasin et le restaurant. On s'arrête pour acheter un jus d'orange, puis on passe au magasin. Éloïse repère un livre de découverte sur Monet et me demande gentiment si elle peut l'avoir. Je regarde le prix, un peu cher mais je me dis jamais "non" face à la culture. Puis soudainement je m'aperçois qu'il est en anglais....

Je tourne dans les rayons, je cherche, mais il n'y a pas d'autres versions. Je demande à la caisse mais non, ils n'ont que la version anglaise. Bah ok. Merci. La moutarde commence un peu à me monter au nez. Je regarde autour de moi... Les seuls employés du musée que l'on croise regarde ma fille comme si c'était un rat chez Jean-François Piège... pourtant on n'est QUE dans le magasin....

J'explique à Éloïse qu'on n’achète rien, parce qu'ici les enfants anglais comptent plus que les enfants français et on file au sous-sol.

Nous parcourrons les œuvres qui ne l’intéresse que peu, mais tout au bout de l'exposition, Éloïse s'arrête devant cette œuvre.


Encore une fois ma fille parle haut, sans hurler, mais tout fort. "Maman, tu vois il y a eu une tempête et l'arbre a été emporté, et les maisons bousculées". Mais la gardienne ne semble pas fascinée par les réflexions intelligentes de ma fille. Elle lui fait signe de se taire avec un doigt sur la bouche. Pourtant ma fille était assise en face du tableau, sage et parlait tout à fait normalement.

Je la prends par la main et nous passons dans la salle derrière , où d'autres œuvres de Soutine sont là... Je précise que même si la salle est ouverte sur une autre salle nous sommes seules dans ce recoin.

Éloïse rigole franchement devant "La fiancée" de Soutine. "On dirait une vieille maîtresse". Je repère derrière nous la gardienne qui nous a suivi. Elle nous fixe comme si on était armées de ciseaux et de tipex, prêtes à restaurer La Fiancée. Je me relève, je prends Éloïse par la main et je sors en la bousculant un peu. 

Je croise Lau, dans les couloirs, avec ses deux enfants de 6 et 4 ans. Elle n'a pas posé le pied dans la galerie que déjà un gardien imprégné dans sa chaise, lève le ton pour nous dire "Moins fort les enfants".

 Je lui explique rapidement ce qu'il vient de se passer, elle sourit. Inconsciente encore de ce qui nous attendait.

 Les enfants sont contents de se retrouver, il est vrai, on leur fait la morale, mais ce sont des enfants. Et sincèrement, je suis le genre de mère à faire attention à ce qu'elle se tienne bien, et Lau est le même genre de mère que moi... Et les enfants ne couraient pas, ne touchaient pas les œuvres, et parlaient certes tout haut mais il n'y avait pas de hurlement ou de chahut.

Je propose aux enfants de retourner voir Soutine, Éloïse est ravie. Elle file devant pour raconter l'histoire de la vieille maitresse et de l'arbre couché. Mais elle a à peine ouvert le bouche que la gardienne nous fonce dessus "Les enfants, ici ça résonne donc il ne faut pas faire de bruits..." Je précise: il n'y a toujours personne dans cette salle et les enfants parlent, un peu fort certes, de peinture. Bref, ils découvrent l'art avec l'émotion que ça procure et qu'on ne sait pas gérer à cet âge. On est là, on gère... Il n'y a rien de grave.

On prend du coups nos mômes, on file dans une autres salle. Les trois enfants tombent en admiration devant une œuvre. les enfants s'amusent de la tour Eiffel, des personnages couchés et du chat au visage humain. Mais alors là calmement, gentiment. Un garde nous suit pourtant à la trace. Nous voilà devant un Picasso, le gardien aussi, mais ce n'est pas l’œuvre qu'il guette c'est nos trois têtes blondes. Je me demande soudainement si on gène les visiteurs. Mais pas du tout. Les espagnols devant nous sourient, caressent la tête de ma fille. Une vielle dame est tout sourire devant l'interprétation solennelle de Maël face au chat... Les seuls qu'on a eu l'air de gêner sont finalement les gardiens. D'ailleurs, celui-ci nous suit à la trace jusqu'à ce qu'on sorte du musée. 

La visite aura duré une heure. Une heure où, entre les commentaires désagréables des gardiens et leurs "accompagnements" dans les salles, je n'ai profité de rien, trop stressée par leurs présences et la réaction encore une fois NORMALE d'enfants de 4 et 6 ans devant une toile qui leur procure une émotion vive.

Nous avons laissé un commentaire, pas contentes, dans le livre d'or, puis nous sommes partis. La première réaction des enfants dehors fut de hurler et de courir, tellement ils s'étaient contenus pendant une heure.

 Les enfants de moins de 7 ans n'ont pas droit de cité dans ce musée, alors nous ne reviendrons pas. Donc, je vous le dis, pas la peine de vous y rendre avec vos enfants. D'ailleurs, évitez d'y aller tout court: quand les enfants sont mal accueillis, généralement le musée est réservé à une élite dont nous ne faisons visiblement pas partie. Nous reviendrons quand nous serons vieux et donc silencieux ou touriste.

Juste, par comparaison: 

  • Je suis allée au musée d'Orsay avec des adultes atteints de déficiences intellectuelles. On nous a immédiatement proposé une visite adaptée. Les gars ont adorés.
  • Je suis allée au musée Miro avec Éloïse (5 ans tout juste). Elle a été encouragée à s'approcher des statuts, et quand elle se cachait derrière, les gardiens rigolaient. Dans chaque salle, une activité adaptée pour les enfants. Et le top qui coute pas cher: à l'entrée on a donné à Éloïse un papier avec des œuvres à retrouver dans le musée (ou des bouts d’œuvres), comme une chasse au trésor. Elle m'en parle encore. Dans le magasin, des livres dans toutes les langues (et au premiers rangs en espagnol) et pour tous les âges.
  • Je suis allée au musée du Louvre: les enfants sont assis au milieu des salles avec des papiers et des crayons empruntés à l'entrée, à reproduire des œuvres.

Et j'en passe....

Donc un conseil. Laissez le musée de l'orangerie aux touristes, il y a suffisamment à voir ailleurs....