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jeudi 2 juin 2016

Mon village sous l'eau

Voilà. C'est la première fois que je vis une catastrophe naturelle et ça fait un choc.

Trois jours qu'il pleut sans discontinuer. Mardi, en allant à l'école à vélo, je me suis bien rendu compte que je roulais pas mal dans la gadoue et parfois dans des flaques énormes. Mais bon. Je me suis dis que ça allait se calmer....

Et puis hier après ma formation, chéri est venu me chercher. Il m'a dit "Viens je t'emmène à Moret."

Et là... 






Pour tout vous dire de l'autre coté de cette porte il y a environ une trentaine de mètres de berge et quand il fait beau je viens manger un panini en lisant sur les bords du Loing. Donc quand tu vois l'état de la porte, je me dis que je ne suis pas prête à retourner manger un panini.

Nous continuons notre promenade, et tout est du même acabit. La librairie a mis ses livres en hauteur.... Le pont est fermé car ça devient dangereux et les rues commencent à s'inonder. Je vois passer les pompier dans tous les sens, parfois avec des bateaux... J'ai l'impression d'être dans un film.

Je rentre, je percute que mon école est au bord du canal. J'appelle ma directrice.
"L'école est fermée. On voulait venir bosser demain, mais l'école est sous l'eau. On sera fermé au moins jusqu'à lundi."

Je commence à flipper un peu quand même. Chéri rentre avec Eloïse, il me dit que tout le bas du village est sous l'eau. Je connais des gens qui habitent en bord de Seine, je me demande comment ils vont. 

Je n'ose pas aller voir. La mère d'une copine habitent dans une rue du bas. Je m’inquiète un peu. Les infos parlent de Nemours. C'est comme si j'étais dans la télé. Je reconnais des rues, des magasins, des visages parfois. 

Je vis la catastrophe en temps réél. Ma directrice me dit que le pic de la crue aura lieu demain à 5h s'il arrête un peu de pleuvoir. Mais quand je me lève ce matin, il pleut toujours. Je descends voir la mère de ma copine. Le bout de la rue est inondée. La rue bloquée....


 Les pompiers arrivent pour demander aux gens de partir. Je rentre chez la maman de mon amie. Je lui dis de faire une valise, de charger son portable et prendre un chargeur, de mettre ses affaires, celles auxquelles elle tient au premier. J'aide à mettre le canapé et le lit sur des parpaings.

Tout ça me semble irréelle.  Je rentre. Je passe par la boulangerie. Les petits vieux ne s’inquiètent pas plus que ça "on n'a jamais vu l'eau monter jusqu'à l'église.... ", "Moi j'étais là en 55, l'eau n'est pas montée plus que chez le docteur...", "des légendes tout ça...".

Au milieu de cette catastrophe, les vieux me font rire. Parce qu'ils vivent là depuis leur tendre enfance, ils sont persuadés que c'est eux qui décident de la montée de la crue. Et là ils te disent que "non, l'eau ne montera pas jusqu'à l'église". Comme si ils avaient passer un pacte avec Dieu, et que lui il tiendra sa promesse. 

Je suis remontée à la mairie en demandant si je pouvais être utile. La dame a gentiment prit mon nom. On se trouve un peu con, dans ces cas là à pas savoir quoi faire...

La pluie devrais tomber jusqu'à lundi. Je ne sais pas comment ça va se passer pour l'école de ma fille, pour les maisons du bas. Je me sens complètement inutile. Je ne sais pas ce que je pourrais faire: distribuer des repas? Du café? Etre là... J'en sais rien.

Pour l'instant j'écris pour tromper ma peur. Si les habitants de Thomery m'entendent ma porte est ouverte pour un café, un repas...

Pour le reste... Il faut attendre...