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samedi 19 novembre 2016

Chère Super Nanny...

Je ne regarde quasiment jamais ton émission. Mais voilà, aujourd'hui, je suis calée au fond de mon canapé pour cause de crève qui est en train de m'achever, et avant de mourir, j'ai une dernière volonté: te dire ce que je pense de ton émission de merde.

Je tombe sur l'épisode d'aujourd'hui. Bon j'ai pas besoin de regarder très, très longtemps, pour voir une maman épuisée, déprimée, voir dépressionnée, qui a perdu toute confiance en elle depuis qu'elle a eu trois enfant en ... à vue de nez... Trois ou quatre ans.

Perso, j'en ai eu qu'une en 7 ans, et il m'arrive d'être épuisée, alors trois en trois ans, je pense que je serais abonné aux antidepresseurs, à la clope, aux joins... 

En plus elle est en période de "réflection" avec son mari. C'est à dire qu'il prépare une séparation... Donc arriver à ce moment là, c'est comme arriver trois jours avant noël et reprocher aux enfants qu'ils sont trop gâtés...  C'est idiot. 

Ne pas prendre en compte toutes ces données, et donner des conseils dans une ambiance aussi délétère, c'est comme venir aider une société à rentrer en bourse alors qu'elle vient de déposer le bilan.

Cette femme va mal. C'est évident.

"Dommage :vous n'êtes pas allé au parc avec eux..."

Alors ma petite poulette de super nanny, excuse moi... Mais je te propose de passer une journée entière avec trois gamins entre 2 et 4 ans qui hurlent, te testent toute la journée, sans paye, sans ouverture sur le monde extérieur, sans avoir le temps de faire pipi toute seule...
      Et là, l'Homme arrive et propose d'aller au parc avec les enfants. Je te jure que 90% d'entre nous, les mères, les vraies,  sommes capable de faire la vaisselle de la famille Groseille avec notre langue, contre deux heures de liberté sans mômes et de proposer une soirée youpala au héros du jour. 

"C'est votre choix". Non ce n'est pas un choix c'est une nécessité. Quand tu parles à tes mômes comme elle leur parle, sur un ton d'adjudant chef, en étant incapable du moindre câlin, c'est que tu es au bout de ta vie...  

Et là, la solution n'est pas de la culpabiliser en lui disant "c'est pas ça être une mère", mais bien, de l'accompagner dans l'idée qu'elle a besoin d'être aidée par des PROFESSIONNELS, d'être pris en charge, et peut-être même de confier ses enfants quelques temps à son mari, ses beaux parents ou même, les placer quelques temps de façon volontaire (oui on a le droit de placer ses enfants quelques semaines quand on sait qu'on est fragiles) .Cette dame a besoin de se reconstruire.

Je peux rire, être choquée ou désapprouver totalement une émission de télévision. Mais là, je trouve ça dangereux. D'abord parce que, cette dame a besoin d'être aidée, et que vous ne l'aidez pas, vous l'enfoncez, mais qu'en plus, les femmes, qui sont dans le même état qu'elles devant leur télévision le samedi après midi vont s'enfermer encore un peu plus dans leur culpabilité d'être une mauvaise mère...

Alors les filles moi je vais vous dire: 

  • Super Nanny n'a rien d'une super nanny. Elle n'est pas bienveillante et n'a aucune psychologie: boycottez cette émission, qu'elle disparaisse une fois pour toute de nos écrans.

  • Si vous allez mal, que vous n'y arrivez plus avec vos mômes, que vous êtes épuisées, dépassées: trouvez quelqu'un à qui filer le relais. Dans n'importe quel boulot on vous dira de passer le relais, de vous faire épauler quand vous n'y arrivez pas. Le boulot de parents c'est pareil. On va chercher, les nounous, les mamys, les papys, les tatas, les pros pour aller boire des coups avec les copines et partir en week-end avec chéri. Il n'y a que comme ça qu'on tient, crois moi.

  • Bannissez les termes de "mauvaise mère", "mère indigne", "c'est pas ça être une mère"... Perso ça fait 7 ans que je suis mère, et je ne sais toujours pas ce que ça  veut dire. Pourtant moi, j'ai chopé le gros lot: une enfant qui dort, qui mange, qui rit, qui joue toute seule et qui est sage. 

  • Oui, parce que c'est ça aussi, qu'il faut se mettre dans la tête: on n'est pas tous égaux devant la parentalité. Oui, parce ce que je parle bien de PARENTALITÉ et pas de maternité. 
1) Donc on n'est pas égaux. Il y a ceux qui savent faire, qui sont passionnés par ça, qui pourrait passer leur éternité à faire de la pâte à modeler et de l'origami en chantant "libéré, délivré" en attendant que la tarte au potiron, faite maison, cuise dans le four (et là tu me hais parce que déjà tu chantes "libéré délivréééééé..." pour les trois jours à venir)

Mais on n'est pas toute Marie Hingles. 

Moi je suis plutôt Bridget Jone, le genre à proposer la vodka les jours de sorties scolaires et à laisser ma fille à l'étude alors que je suis au chômage. Est-ce que ça fait de moi, une mauvaise mère pour autant? Ma fille me dit que je suis la meilleure maman du monde donc ça doit aller. Mais vous savez pourquoi? Parce que je connais mes limites. Je sais que j'ai besoin de liberté, de distance avec ma fille, de temps privilégiés et de rituels. Ma fille c'est le centre de ma vie mais ce n'est pas toute ma vie. Et je vais vous dire: tant mieux pour elle, parce que le jour où elle quittera la maison, elle ne me sera redevable de rien, elle saura que j'ai une vie, à coté, et qu'elle est libre d'en faire autant.

2) Et puis on n'a pas les mêmes enfants. Je connais des enfants bruyants, turbulants, têtus, angoissés, violents.... Mais ce n'est pas de votre fait. Les enfants ont leur caractère propre qui se construit un peu selon leur histoire, un peu en réaction à ce qu'ils vivent, un peu parce que c'est dans leur nature.... Et je met au défis quiconque d'être posé et avoir la réaction parfaite en ayant trois heures de sommeil dans les pâtes et avec un gamin qui fait des caprices à tout bout de champs. 
  • Prenez confiance en vous. Des bêtises, on en fait tous. Etre parent, ça s'apprend pas, et surtout le binôme parent/enfant sera différent à chaque binôme (voilà pourquoi je demande à ma fille de demander le Mcdo à son père... ). Et puis, vous pouvez toujours demander de l'aide à l'aide social à l'enfance qui sont de VRAIS professionnels sans caméras et qui vous accompagneront dans vos moments de doutes (les maisons vertes, le planning familial, votre pédiatre sont là aussi). Ne restez pas seuls avec vos doutes et déculpabilisez....
Et n'oubliez jamais cette phrase:

Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve.

Boris Cyrulnik