Et on se rencontre???

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez mowgouaille sur Hellocoton

mardi 13 décembre 2016

Ce matin, une petite fille va mourir

Aujourd'hui, je sors de chez moi, je vais passer la journée avec mes amies. 

Souffler, respirer l'air pollué  d'un pays libre. L'air d'un pays où je dis à mon mari, "demain soir je ne rentre pas, je vais dormir chez Rhyna, passer ma journée avec Lauriane, j'ai besoin de décompresser...."

Ce matin, je me suis levée tôt. J'ai pris un bain à 6h, j'ai fait ma valise pour deux jours, j'ai préparé les affaires d'Eloïse qui va chez ses grands-parents.

Puis j'ai parcouru yahoo, Facebook, twitter...

J'ai lu la nouvelle. La terrible nouvelle. Le mot génocide dirigé en priorité contre les femmes et les enfants. Les images des camps me sont revenus, les images des viols du Rwanda.

Puis j'ai pensé à Elle.



Je me suis demandée si elle était encore en vie. J'ai pensé à elle comme à Anne Frank, comme un visage martyr, comme un visage parmi des milliers d'enfants en train de mourir sous la torture humaine.

Je pleure pour de vrai Bana ce matin. Je me demande si tu as eu le temps de finir Harry Potter. C'est idiot mais je me dis, tu vois, que ces derniers instants là, de petite fille, j'espère que tu as eu le temps de les vivre.

J'ai embrassé fort ma fille ce matin, en pensant à toi. Ma fille qui a le même âge que toi. Ma fille qui m'a demandé qui tu étais. Ma fille à qui j'ai dû expliquer que tu étais une enfant de son âge qui n'avait pas eu sa chance, de vivre dans un pays libre, en paix.

Bana, si tu t'en sors, si quelqu'un s'en sort là-bas, ma porte est ouverte, pour toi, ta famille, tes amis. Ma porte est ouverte pour tout ceux, qui auront réussi à se cacher, à s'en sortir...

J'ai écouté les infos ce matin. 3 min de reportage. 3eme sujet. J'ai éteint. Bernard Cazeneuve et son allocution était bien plus important que des enfants, des femmes et des hommes exécutés. 

J'écoute ma fille rire, avec amertume. Elle me parle de ses premiers mots, de la soeur de son copain Clovis... Je la presse un peu car ça va être l'heure d'aller à l'école. 

Je pense à toi Bana. J'ai honte de ne rien pouvoir faire. J'ai honte de nous voir regarder sans rien faire. j'ai honte de pleurer, incapable d'agir. J'ai honte.

Envole-toi Bana. Loin de ce monde qui se partage entre les coupables et les complices. Envole toi. D'une manière ou d'une autre.