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lundi 12 décembre 2016

Le complexe du chomeur

Je vais mieux.

J'ai un gros projet en cours: un truc qui me ressemble, qui me convient mais qui va me demander du temps.

En attendant, je dois trouver du boulot. Oui mais...

Pour l'instant j'ai pas...

Il se trouve qu'en ce moment, je cours pas mal: la banque, les recherches de boulots, les rdv avec Pole emploi, avec les asso qui me suivent et me drive, trouver des stages,...

Je passe sur la maison à tenir car je suis à la maison, ma fille à gérer, puisqu'on fait des économies avec la cantine, les devoirs, la bouffe, la cantine, les courses.... et l'enfermement.

Et en ce moment je suis fatiguée. Je me sens très seule à la maison. Quand chéri rentre il me raconte sa vie à l’extérieur en me disant qu'il en a marre. Et moi je rêve d'une vie à l’extérieur. Je ne dis rien mais il y a des soirs j'en ai mare de son manque de délicatesse. 

Il y a des jours où je ne parle à personne d'autre qu'à ma fille. Je n'arrive plus à lire, et je m'ennuie.

J'ai envie de manquer de temps.

Mais voilà. Quand tu es au chômage, tu n'as pas le droit de te plaindre. La société te paie du temps libre pour chercher du boulot. Contrairement au reste de la société tu ne bosses pas. Et bizarrement dans la tête des gens quand tu ne bosses pas, tu bulles. Comme si le chômage était de grandes vacances payées au frais de la société...

D'où les propositions des candidats: retirer progressivement les allocations chômage pour  "motiver" le chômeur à trouver du boulot.

Bah moi je vais te dire je suis plus motivée que n'importe qui pour travailler. Juste avec un salaire correct et un truc un tout petit peu intellectuellement stimulant. Parce que j'ai pas fait 7 ans d'études pour être caissière...

Mais ça, on n'a pas le droit de le dire quand on est chômeur. On n'a pas le droit de se plaindre. On n'a pas le droit d'être fatigué. On n'a pas le droit d'avoir peur, ou de se sentir désespéré. 

En fait quand tu es au chômage tu n'existes plus. Tu fais office de... Et tu as le droit de revenir dans la danse et dans la discussion quand tu auras apporter ta pierre à l’édifice de la société. 

Bah moi voilà, je vous le dis: je suis fatiguée, un peu déprimée. Je ne suis pas que chômeuse, je ne bulle pas, je me lève la première à la maison, je cherche un job, je prépare un CAP, je cherche des stages, je n'ai pas de vie sociale (à part mes copains qui m'appellent de temps en temps pour me demander comment ça va...) et je m'emmerde.

Je n'avais pas beaucoup de confiance en moi, mais là, j'ai l'impression de n'avoir aucune valeur auprès des autres, de ne servir à rien et de ne pas avoir de possibilité d'être active et productive dans le monde qui m'entoure. je suis un électron libre, mais un électron qui ne sert à rien.


Voilà, être chômeur, ce n'est pas juste quelqu'un qui n'a pas de boulot, c'est perdre tout ses repères. 

Vivement janvier.

Vivement que mon projet prenne forme.

Vivement que celui-ci apporte une pierre à l'édifice.

“Le chômage est comme une marée noire qui recouvre l'herbe verte, là où elle a poussé.”
Françoise Giroux