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mercredi 25 janvier 2017

Le cas Polanski

En ce moment pour cause de surmenage travaillaire, je suis peu sur les réseaux sociaux et je ne suis pratiquement pas les infos...  Pour autant, il m'arrive de chercher mes mails sur yahoo, et de tomber sur des news craquantes traitées par yahoo.

C'est ainsi que j'ai appris que Roman Polanski était choisi pour présider la cérémonie des Césars.

Très bien.

Oui mais.

Personne n'ignore le cas Polanski depuis qu'en 2009, il fut mis en examen pour l'accusation de viol sur une mineur de moins de quinze ans.

Si vous lisez mon blog depuis longtemps, vous savez que cette accusation me touche pour des raisons personnelles. Oui, c'est affreux. Non, il n'a jamais été condamné réellement et je trouve ça dégueulasse. Oui, en tant qu'homme il est détestable.

Oui mais voilà, j'aime Polanski le cinéaste. C'est un cinéaste novateur, qui a le sens du détail, de l'image, du scénario. Il soulève justement toute l'ambiguïté de l'Homme dans ses films. Et c'est ce qui et fascinant.

Je ne me sens pas coupable,malgré mon histoire, d'aimer les films de Polanski. Ce n'est pas l'homme que j'aime, c'est son travail, ses images, son imagination, ses paroles.

Et c'est cela que je ne comprends pas. Lorsqu'on invite Polanski à présider les Césars, c'est bien pour son talent, ses images, et sa culture qu'on l'invite. On ne l'invite pas pour le féliciter sur sa vie privée mais bien de lui rendre honneur parce qu'il est un génie du cinéma.

La seule raison qui aurait pu m'arréter est que, la victime, témoigne de son indignation, qu'elle-même dise "Je ne supporte pas de revoir ce visage". Alors oui, j'airais pu dire "elle le demande, veuillez respectez son désir, elle est la victime. Elle seule sait". Mais aujourd'hui la victime a pardonné. Oui, je sais c'est compliqué à admettre, mais le pardon fait partit du deuil, du soin pour avancer. Et, jusqu'à preuve du contraire il n'y a pas d'autre victime.

Si Roman Polanski n'avait pas été célèbre, il aurait eu droit au secret judiciaire. Il a commis un crime dégueulasse. Il a purgé sa peine, obtenu le pardon de sa victime, banni de l'Amérique à vie. On ne va pas être plus juge que le juge. Je ne vois pas ce que vient faire cette histoire sur le terrain.

On s'insurge qu'aux Etat-Unis, les hommes condamnés pour viols ou/et pédophilie soit dans un fichier accessible à tous.  Mais que sommes-nous en train de faire avec Roman Polanski? La même chose.

Hurler à sa culpabilité ce n'est pas soutenir la victime. C'est, alors qu'elle a décidé par ce pardon de se dégager de ce statut de victime, et de ne plus le subir comme une identité, lui rappeler que c'est ce qu'elle est à vie, puisqu'il est coupable à vie. Tant qu'il n'aura pas le droit de vivre sa vie d'artiste de façon distancié avec sa vie d'homme, alors elle sera toujours profondément liée à cette situation de victime.

Notre rôle de citoyen doit aussi de ne pas parler à la place des victimes. Polanski n'est pas tous les violeurs de la terre mais bien un violeur, qui a le paradoxe d'être un cinéaste de talent. Alors, et il le faut condamnons et battons nous pour que tout violeur soit condamné, soigné, et accompagné pour que cela n'arrive plus jamais. Mais laissons leur le droit à être soigné et à réintégrer la vie civile sans jugement quand leur peine a été payée et le pardon accepté.