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mercredi 8 mars 2017

De l'identité



Il y a à peu près 20-25 ans, je devais être en 4emeou 3eme, j'étais élève dans un collège du 93.

Dans ma classe, nous devions être deux, peut-être trois à avoir des noms d'origines françaises... Peut-être un peu plus... Le prof d'éducation civique s'amusait du fait que la liste des noms des élèves de ma classe débutaient par 6 ou 7 noms commençant par Ben.

Un jour, nous rentrions justement dans cette classe, avec Mr Cohen. Un petit prof, cheveux et barbe blanches, petite lunette ronde et sourire en bandoulière (sauf quand tu dépassais les bornes). Au tableau, il était noté:

Montreuillois
Sancto-Dionysien
Francillien
Français
Européen
Mondial
Universel

Le prof nous interroge les un après les autres. 90% de la classe se dit français.

Moi je m'étais jamais posé la question. J'ai répondu Mondiale ou universelle. On était deux, avec Medhi Benamla.  

On en a souvent reparlé avec mes copines par la suite. Aucune de nous ne s'était jamais posé la question... On savait d'où on venait. Aucun élève de la classe n'avait quatre grands-parents français. On nous avait parlé de l'immigration. On savait que nos histoires familiales, ne dépendaient pas du lieux où on habitait mais de notre histoire, de nos parents, de notre culture personnelle.

Quelques années plus tard, à la fac, en atelier d'écriture, on m'a demandé d'écrire un texte sur l'identité. J'avais écris un poème sur d'où je viens. Mon père a des racines vendéennes, du lot et Garonne et a été élevé à Angers. Ma mère est née d'une mère savoyarde et d'un père né en Italie, et a grandit en Bourgogne. Je suis née à Paris, j'ai passé toutes mes vacances d'été près de ma famille dans les Pyrénées... Autant te dire que mes origines, ne sont pas du pays d'où je viens mais bien dans ce que mes parents m'ont appris, transmis.

J'aurais pu m'accrocher à la religion, mais de la même façon, on m'a appris à choisir et à réfléchir, à remettre en question. Ça ne défini pas qui je suis mais ce en quoi je crois.

Alors mon identité? Mon identité, ce sont des choses immuables pour moi. Quelque chose qui fait que c'est moi, et personne d'autres, que je suis différenciable des autres, unique. 

Je ne crains donc pas l'autre, différent. Il ne peut toucher à mon identité puisque je resterais ce que je suis... Ce n'est pas parce qu'il ne croit pas comme moi, qu'il ne me ressemble pas qu'il remet en question mon identité.

Parlons clairement. Pourquoi dois-je avoir peur de la religion musulmane. Parce qu'il ne mange pas de porc? Ok. Alors je dois avoir peur des végétariens, des juifs, des hindous, ... Parce que certaines femmes portent le voile? Alors je devrais avoir peur des Hindous, des touaregs, de la mode...

Puis s'il faut avoir peur de tout ceux qui ne sont pas comme moi, alors, je dois avoir peur des hommes, des allemands, des chinois, de ceux qui font de la chirurgie esthétique, de ceux qui vont dans l'espace, des chiens, des gens qui regardent TPMP (quoi qu'ils me font un peu peur quand même), de ceux qui portent des lunettes, de ceux qui prennent le taxi, de ceux qui aiment Pascal Obispo, des homosexuels, des gens qui défendent le droit des animaux, de ceux qui conduisent ....

Ça devient ridicule hein?

Mon identité personne ne peut y toucher, parce qu'elle est ce que je suis. Et je sais suffisamment ce que je suis, pour ne laisser personne en douter. Même à supposer qu'un dingue prenne le pouvoir, qu'on soit envahit par des djihadistes, on peut me voiler de la tête au pied: tu voleras peut-être ma liberté, mais pas mon identité, pas ce que je suis, pas ce que je pense... Et je resterais un soldat de la liberté, de l'égalité et de la fraternité quoi qu'il arrive.


Je suis moi. Et personne ne peut remettre ça en question.


Alors quand certains politiques jouent sur la peur de perdre notre identité de Français, j'ai envie de leur dire: "Si tu doutes d'être française à cause de trois mosquées,c'est que tu n'est pas tout à fait sur toi, au fond de toi d'être française. Et ça ça ne relève pas de la politique mais de la psychologie."

Je suis femme. Je suis porteuse des valeurs de la républiques. Je suis thomeryonne, seine et marnaise, francilienne, française, européenne, mondiale, et universelle.

Je n'ai pas peur de perdre mon identité car je sais qui je suis et personne ne peut remettre ça en cause.

Par contre, j'ai peur de Marine LePen. J'ai peur qu'elle fasse douter les plus fragiles, et qu'elle les rassure par la haine et la violence. Parce que quand on doute de soi, de qui on est, on est toujours rassuré par ceux qui vous disent qu'ils ont des solutions toutes faites.... Et que c'est la faute des autres.