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jeudi 18 mai 2017

"Maman j'ai une amoureuse"

Voilà ce que m'a dit ma fille la semaine dernière en sortant de l'école.

Je lui ai demandé son nom, si elle lui avait avoué... Au fur et à mesure de la conversation j'ai compris que ma fille avait surtout eu un gros coup de coeur pour une copine, qu'elle découvrait plus l'amitié que l'amour... Mais peu importe.

A 7 ans et demi, ma fille n'avait pas eu peur de me dire qu'elle aimait une autre fille. A 7 ans et demi, elle trouvait ça normal, de me dire qu'elle aimait un autre, fille ou garçon.

J'étais fière de ma fille, de l'éducation qu'on lui donne. J'étais fière de voir qu'elle n'avait pas peur d'être qui elle était et même d'être différente. 

Et puis une autre pensée m'a envahie. J'ai pensé à la Tchéchénie, à ces "épurations" qui se font dans le silence  assourdissant de l'actualité, de nos dirigeants. Seuls quelques reportages, et les réseaux sociaux se font les échos de ces horreurs qui ne se passent qu'à quelques milliers de kilomètres de chez nous.

J'ai pensé à ces parents assassinant leurs enfants, les abandonnant dans la forêt ou ces jeunes adultes battus à mort par les autorités, ou des "faiseurs de justices". J'ai regardé ma fille et je me suis dis que j'avais de la chance d'avoir un enfant qui comprenait ce que tout un pays ne comprenait pas et que c'était quand même un espoir pour le monde.

J'imaginais aussi la douleur d'une maman tchéchène, à qui l'on ordonne de tuer sa fille, son fils. J'imagine la souffrance de, au mieux, devoir cacher son fils, l'envoyer vivre dans un autre pays, couper tout lien avec lui, juste parce qu'il aime. MAIS PARCE QU'IL AIME BORDEL!!!!!!!!

Eloïse aimera qui elle veut. Je me fout que ce soit garçon ou fille. J'accueillerai son amour avec sérénité, et je le lui ai dit depuis qu'elle est toute petite. Le fait que dans notre entourage il y ait des couples de garçons, de filles, qu'il y ait des célibataires, des divorcés, des mariés, des concubinés, des pacsés,  des familles recomposées, et qu'on ne fasse jamais de différences dans nos amitiés, qu'on n'est jamais précisé "tu vois ce sont deux garçons qui s'aiment", aident sans  doute.

Je ne veux pas m'ériger en exemple loin de là, mais je pense qu'en traitant la question de façon simple et sans ambiguïté et sans que ce soit un problème, nous allons forcément vers une société qui sera dans l'acceptation. Je crois que c'est à nous parents de faire ce travail pour que ce ne soit plus un problème pour la génération de nos enfants mais surtout qu'ils soient tellement outrés par une épuration dans un pays quelconque, que, eux, se soulèveront et protègeront ces hommes et ces femmes qui sont en danger immédiat parce qu'ils sont amoureux.

Si aujourd'hui, nous somme limités dans notre action de défense envers les homosexuels tchétchènes, si on ne peut se limiter qu'à en parler, et à diffuser l'information, éduquons nos enfants pour qu'un tel massacre, jamais plus n'arrive.