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dimanche 1 octobre 2017

De l'image des femmes à la télé

Depuis quelques jours, quelques semaines les "buzz" explosent quand à l'attitude des hommes vis à vis des femmes sur les plateaux télé. Ardisson, Baffie, Nolwenn Leroy, Ruquier, Angot... On ne s'en sort plus...

Il s'en suit des hurlements, des "ça ne se fait pas", puis des explications "ça ne m'a pas gêné", puis des rediffusions, des explications d'associations de féministes,  parfois des pleurs et des cris à même le plateau, des alertes CSA... Bref. A vrai dire je fatigue.

Parce que pour dire vrai, j'ai sans cesse l'impression qu'on passe à coté du débat. Je reprends (pour exemple) le geste de Laurent Baffi.

Il est assis à coté de Nolwen Leroy.
Ils plaisantent ensemble.
Il lui soulève la jupe. "Pour l'audience".
Elle rigole.
Remet sa jupe en place en disant "c'est un ami il peut se permettre".

Plus tard, elle dira qu'elle n'a pas été choqué. Thierry Ardisson justifiant le maintien de la séquence par un SMS de sa fille, que j'ai trouvé au demeurant très juste: "C'est idiot cette histoire, et puis, c'est à l'opposé du féminisme de parler à la place de la femme concernée. Justement, elle est propre maitre de son corps, et si elle avait voulu montrer ses seins, super ! Si elle avait voulu attaquer Laurent Baffie, super aussi ! En l'occurrence, elle n'en a rien à foutre. C'est tellement une non polémique pour les gens qui n'en n'ont rien à faire. La cause des femmes intéresse tellement Roselyne Bachelot et compagnie... qu'ils feraient mieux d'attirer l'attention sur cette horrible affaire, mise en lumière par Mediapart. Un homme de 28 ans qui a violé une fillette de 11 ans et parce qu'elle ne s'est pas défendue, c'est traité au tribunal comme "atteinte sexuelle" plutôt que viol. On n'en parle pas du tout."

Bref.  On pourra se dire "tout le monde est ok. On passe à autre chose".

Pourtant on oublie un truc méga important. 

Moi, perso, il peut lui toucher la culotte s'il veut, et surtout SI ELLE VEUT, moi c'est leurs affaires j'en ai rien à battre, je m'en tamponne le coquillart, la coquillette, et tout le paquet non bio-dégradable. Mais la télévision n'est pas n'importe quel média, il est surtout celui de l'image...

Hors j'ai la faiblesse de penser, que, c'est le média de l'exemplarité par excellence. Un peu comme les prof en classe, la télé, reine de nos salons, est là aussi pour nous dire ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Et lever la jupe de Nolwen dans son salon devant des complices hilares, n'a pas le même impact que devant des milliers de spectateurs qu'on ne connait pas.

C'est un peu comme les blagues racistes. Il y a des blagues, par exemple, en particulier des blagues sur les mères juives, qui sont très limites. Mais elles me font rire car elles sont caricaturales. Je peux les raconter à mes proches, parce qu'ils me connaissent et que je sais comment ils vont la recevoir, mais jamais, par exemple je ne les raconterai au boulot. 

L'attitude de Baffie, c'est la même. Bien sur entre eux, c'est une blague. Bien sur je comprend que ça puisse les faire rire "entre eux". Mais ils ne sont pas "entre eux". Il y a des milliers de gens qui les regarde, y compris des gens qui ne comprennent pas ce "entre eux" et qui peuvent se dire "Ah oui? Bah en fait ça se fait.... Demain dans le métro je vais faire rire la rame". Le problème, c'est que, même si ce n'est pas volontaire... ça sert de justification à quelques centaines d'hommes qui tous les jours font ça dans les lieux publiques. 

Imaginons. Un prof et une prof font un cours commun. Ils sont assis devant une classe de seconde et anime un débat. Soudainement le prof, soulève un peu la jupe de la prof en lui disant "ils n'écoutent plus là, donne de ta personne pour qu'ils soient plus concentrés." Branle bas de combat, inspection etc... Et là, la prof répondrait "mais c'est un pote, c'est une blague, je ne suis pas choqué..."

Evidemment, on serait tous choqués, nous. Alors pourquoi soudainement, quand le prof et la prof c'est Laurent Baffi et Nolwen Leroy, on se dit "oh, bah, si elle elle n'est pas choquée c'est pas grave..." alors que les mêmes élèves sont devant la télé, les parents mais aussi des hommes qui ne comprennent pas que l'accord de la femme n'est pas anecdotique.

La catharsis ne peut pas fonctionner si elle n'est pas jouée. La simple présence de l'écran ne suffit pas à en faire un spectacle, un jeu. Cette scène peut exister au théâtre, dans un téléfilm, au cinéma, mais elle ne peut pas exister dans un show. Car là elle devient modèle et non plus projection des fantasmes, des tourments et de la morale.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir été éduqué dans le respect, la sexualité et l'écoute de l'autre. Alors c'est à la télévision de montrer l'exemple.